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Jill Barber: magnifique découverte
Par Laurent Leblond   

Cette chanteuse torontoise a conquis le Cabaret Espace Scène de Desjardins-TELUS, samedi. Une bonne centaine de personnes a applaudi à tout rompre cette jeune artiste, qui fêtait ses 30 ans, le 6 février.

En fin de spectacle, Jill Barber a rencontré le public. Elle pose ici avec le responsable de la programmation du Festi Jazz, Luc Lavoie, Geneviève Cossette, directrice générale de ce festival, et Jacques Pineau, directeur général de Spect'Art. (Photo Laurent Leblond) 

« Engaged », comme elle le dit, Jill Barber sera marée en cours d’année. Elle transporte le bonheur, la joie de vivre, avec ses chansons, qui, à certains moments, rappellent les styles de Connie Francis ou de Brenda Lee, par des arrangements fort typés. Sans oublier autant Etta James, par sa force musicale et sa façon de « cruiser » son public..

Ce rayonnement musical, qu’elle véhicule de Toronto à Halifax, maintenant à Vancouver, où elle est installée, Jill Barber découvre le Québec et ses villes qu’elle veut aimer. Elle l’a dit à Montréal, le 3 février, puis à Rimouski, le 6,  demandant au public de l’aider à découvrir le pays… et le Québec, en achetant ses disques et en parlant d’elle.

En un français bien « espéré », la chanteuse se promet de faire plaisir à ce public, qu’elle découvre sur la scène de Desjardins-TELUS, et qui le lui a bien rendu, conquis dès la première toune, « Chances », tirée de son dernier album.

Beaucoup d'émotion dans ce spectacle très bien accueilli. (Photo Laurent Leblond) 

Et, dans sa superbe robe bleue, découvrant une jeune fille dans la fleur de l’âge et à la beauté non équivoque (quelles jambes!), cette artiste inspire une sorte de confiance que partagent ses excellents musiciens. Ils sont cinq, piano, batterie, contrebasse, guitare lead et violon (celui-là joue aussi de la clarinette, de l’accordéon, du saxo) et s’imbriquent dans le processus, manœuvré avec une belle vigueur par la soliste, qui ne manque pas d’humour et d’aplomb.

Le fait est qu’elle interprète une chanson en français quand même intitulée « All my dreams », pour ensuite chanter l’amour, celui d’hier, « Old Flame », comme celui d’aujourd’hui, « Be my man ».

Une chanteuse fort bien entourée de cinq musiciens. (Photo Laurent Leblond)

Tout s’enchaîne, merveilleusement, avec une disponibilité qui ravit et qui dénote déjà une assurance très révélatrice de cette talentueuse chanteuse, qui ne perd pas le nord pour autant. Elle sait répondre avec tact aux allusions des spectateurs, tout en leur laissant croire, justement et fort élégamment, qu’elle y prend plaisir. C’est manifeste… et vrai, image d’une artiste qui n’a pas peur de se « mouiller ».

De ce fait, « Leaving you »,  « One more time » et le Leonard Cohen , « Dance me to the end of love », sans oublier « Never quit loving you »., sont autant de mélodies qui lui vont comme des gants. Qu’elle porte avec un bonheur évident et très communicatif.

Jill Barber est aussi une excellente guitariste. (Photo Laurent Leblond)

Jill Barber est ravissante, autant par sa présence sur scène, sa beauté intrinsèque et la qualité indiscutable de son talent. Les arrangements sont valides dans les circonstances, alors que le show prend plus de rythme en fin de course.

Force est de constater que le style de Barber ne permet pas des expansions exacerbées. À la Buddy Rich par exemple, où le batteur de Barber abuse parfois des balais, comme l’a souvent trop fait Daniel Humair. Ce n’est pas mauvais, au contraire, surtout que l’époque que rappelle la chanteuse, les années 50 et 60, annonce les battements percussifs à la Ray Conniff...  Et la contrebasse aurait pu jouer du « running » plus souvent...

Ouais. Je m’éloigne de la question. Tout en signalant une qualité indiscutable des cinq musiciens de cette fournée (particulièrement le violoniste multi-instrumentiste), j’aurais quand même aimé, parfois, un peu plus de swing aux rythmes vifs, trop discrets à mon goût. C’est un avis qui en vaut bien un autre. La tradition du coup est respectée. Sans aucun doute. Le show est mature, ravissant même.

Ma façon de voir, et d’entendre le jazz, tranche parfois vers un swing plus direct, comme ce fut le cas en fin de show. Et rien n’a été dénaturé par la façon de faire. De fait, ce fut une maudite belle soirée, mais pas un moment aussi transcendant que celui de Yaron Herman, par exemple. Qui n’a pas 30 ans. Chacun son style. La conclusion s’impose. 

Et pourquoi ne pas rappeler cette chanteuse pour un Festi Jazz pas trop lointain?  

  .     




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Article posté le 07-02-2010 à 00:31

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