Le combat de Roméo Dallaire: les enfants ne sont pas des armes de guerre

Thérèse
Thérèse Martin
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Le lieutenant-général Roméo Dallaire.

En 2014 seulement, plus de 200 000 jeunes ont été recrutés, dans le monde, pour devenir des enfants-soldats. 40 % de ces enfants de huit ans et plus étaient des filles.

Prenant la parole à l’invitation de la Chambre de commerce et de l’industrie Rimouski-Neigette, le lieutenant-général Roméo Dallaire a livré un émouvant plaidoyer contre l’utilisation des enfants comme armes de guerre. Il a rappelé que le Canada, comme les autres pays occidentaux, n’est pas à l’abri de ce recrutement qui plonge les jeunes au cœur des conflits. « 200 000 enfants recrutés par des organisations extrémistes en un an, c’est un record dans l’histoire de l’humanité. On a changé la nature des conflits et les guerres ne se déroulent plus selon les mêmes règles. On fait face maintenant à des centaines de milliers de jeunes. »

Roméo Dallaire se souvient d’avoir plongé son regard dans celui d’un enfant guerrier au Rwanda. « Un enfant est un enfant et j’ai vu dans ses yeux la même chose que j’avais vu dans le regard de mon enfant en quittant la maison. Est-ce que les enfants des autres pays comptent moins que les nôtres ? Certains sont-ils plus humains que d’autres ? Évidemment non, c’est une question de respect, de valeurs et d’éthique. Il n’y a pas d’enfant-soldat volontaire. Ils sont enlevés de leur école et les groupes extrémistes se servent d’eux massivement. »

Le lieutenant-général connu mondialement pour son engagement en faveur de la paix a été marqué à jamais par sa mission au Rwanda, lors du génocide qui a fait 800 000 victimes. « C’est le pouvoir qui pousse des gens à des extrêmes inouïs. Pourquoi une personne est-elle capable tout à coup de tuer son voisin ? La majorité des victimes au Rwanda ont été tuées par des jeunes avec des machettes et des gourdins. On a formé ces jeunes à haïr les autres, à démontrer leur supériorité. Ils ont été endoctrinés. »

Que pouvons-nous faire ?

Selon Roméo Dallaire, les pays réagissent aux conflits mais ils n’arrivent plus à les prévenir. « Le Canada est parmi les 11 pays les plus puissants au monde. Nous sommes une puissance moyenne et nous avons la capacité d’influencer beaucoup. Nous avons le devoir d’agir et de prévenir les conflits. Avec la rapidité des communications, ces conflits nous affectent aussi. La solution n’est pas dans de plus grandes restrictions. Il faut plutôt aller à la source de la rage de l’humanité, essayer d’atténuer le problème. Les conflits lointains n’existent plus. Tout ce qui se passe dans le monde risque de nous affecter. Écrivez régulièrement à vos députés. Il faut tous travailler à éliminer l’utilisation des enfants comme armes de guerre. »

Organisations: Chambre

Lieux géographiques: Canada, Rwanda

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