Les préposés aux bénéficiaires du CSSS Côte-de-Gaspé n’en peuvent plus des compressions budgétaires

Des préposés aux bénéficiaires à bout de souffle, des patients qui en souffrent

Réal-Jean Couture redaction_rimouski@tc.tc
Publié le 12 mai 2015

Le CSSS de la Haute Gaspésie

©(Photo TC Media – Pierre Morel)

Depuis un peu plus d’un mois, la direction du CSSS Côte-de-Gaspé a procédé à l’abolition de 7 postes de préposés aux bénéficiaires, provoquant ainsi la colère de ceux qui travaillent d’arrache-pied à assurer le bien-être des patients. La FSSS-CSN dénonce ces abolitions de postes qui réduisent les services à la population gaspésienne.

Dans le département de psychiatrie, les 5 préposés ont été retranchés du service. Cette décision est basée sur des objectifs financiers et une réorganisation du travail qui aura pour conséquence d’atteindre les services à la population. La direction exige aux infirmiers et infirmières auxiliaires d’effectuer certaines tâches de préposés, alors que ceux-ci en ont déjà plein les bras.

Qui plus est, les préposés des autres départements doivent rester sur un pied d’alerte au cas où un patient se désorganiserait et que le département de psychiatre aurait besoin de renforts immédiats. Cette façon de fonctionner est nettement moins sécuritaire autant pour le personnel que pour les patients, qui pouvaient auparavant compter sur la présence des préposés sur place en tout temps.

Devant ces coupures drastiques, des syndiqués ont lancé une pétition, qui a recueilli plusieurs signatures en quelques jours. Selon Kent Denis, président du Syndicat des travailleurs et travailleuses du CSSS de la Côte-de-Gaspé, cette première démarche témoigne du sérieux de la problématique.

Comme l’indique M. Denis, « parmi les signataires on trouve des médecins, des infirmières, des infirmières auxiliaires, des professionnels et bien sûr des préposés. Pour nous, c’est clair que l’ensemble du personnel relié au département de psychiatrie juge que la décision de l’employeur est inacceptable. Ceci est le début d’une lutte que nous allons mener pour faire en sorte que le département de psychiatrie ne soit pas laissé à l’abandon de la présence de préposés aux bénéficiaires ».

Les 2 autres postes qui ont été coupés dans le service pour les personnes âgées en perte d’autonomie ont également eu des impacts considérables sur les travailleurs et travailleuses. En effet, ils doivent composer avec une charge de travail toujours plus exigeante et un manque flagrant de personnel. Pour M. Denis, il est clair qu’il y a actuellement une surcharge de travail.

Selon lui, « il arrive régulièrement que l’employeur ne remplace pas un préposé qui est absent durant une journée, faisant ainsi retomber le travail sur les autres travailleurs et travailleuses. J’en vois souvent qui ne prenne pas leur pause ou qui dîne à toute vitesse pour continuer de donner des soins et des services parce qu’ils ont à cœur le bien-être des usagers. Récemment, on m’a dit qu’il est devenu très difficile d’assurer une hygiène corporelle adéquate, que certains patients pouvaient ne pas recevoir de bain complet durant plus d’une semaine. Ça ne fait aucun sens ».

La situation est à ce point problématique que des usagers commencent à développer des comportements agressifs envers les préposés. Et au sein du personnel, il va s’en dire que toutes ces compressions budgétaires créent un climat de travail instable et de plus en plus lourd. En déshumanisant le travail des préposés de la sorte, la direction du CSSS Côte-de-Gaspé ne contribue pas à l’amélioration et la rétention du personnel, bien au contraire.

Pour Michel Cyr, vice-président régional de la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN, « il est évident que ce type de mesure n’entraîne pas l’attraction du personnel qui est à souhaiter dans le réseau de la santé. Avec les offres du gouvernement dans le cadre du renouvellement de la convention collective, il y a fort à parier que de moins en moins de travailleurs et travailleuses seront intéressés par un emploi dans le secteur public ».

Enfin, le transfert d’un nombre élevé de lits vers des résidences privées a de quoi inquiéter. Selon M. Denis, « il nous apparaît clair que l’intention de la direction du CSSS et du Ministère est de transférer des lits vers le secteur privé où les conditions de travail sont beaucoup moins intéressantes. En général, on y retrouve des emplois dont le salaire se situe juste au-dessus du salaire minimum, et ce, avec très peu d’avantages sociaux. C’est un grand pas en arrière ».