La promotion du Québec livrée au secteur privé

Nouvelles coupes du gouvernement Couillard

Réal-Jean Couture redaction_rimouski@tc.tc
Publié le 8 septembre 2015
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Le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) dénonce la fermeture des bureaux de la direction du marketing et des relations de presse du ministère du Tourisme.

Selon les informations transmises au personnel, la promotion touristique du Québec serait livrée, dès le printemps 2016, à un nouvel organisme contrôlé par les gros joueurs de l'industrie.  

Selon ce qu'a appris le SFPQ, plusieurs suppressions de postes sont à prévoir. Tourisme Québec n'aurait plus aucune activité à Montréal et à Québec. Cette décision aurait pour conséquence que tous les fonctionnaires, professionnels et cadres de la direction du marketing et des relations de presse perdraient leur poste à partir du 1er avril 2016.

Cette décision entraînerait également la fermeture définitive des centres Infotouristes de Rivière-Beaudette, Rigaud et Dégelis. D'après les informations obtenues par le SFPQ, les centres Infotouristes de Montréal et de Québec seraient confiés à l'Office de tourisme des Congrès de Montréal ou à la ville de Montréal ainsi qu'à l'Office de tourisme de Québec.

« L'annonce est tombée abruptement la semaine dernière pour le personnel à Tourisme Québec. C'est un véritable choc. Plusieurs questions demeurent en suspens et le Syndicat entend bien questionner l'employeur au cours des prochains jours sur les répercussions de cette décision pour nos membres et les services qu'ils offraient », indique Jean-Francois Sylvestre, président régional du SFPQ pour la région Montréal-Laval.

Cette décision est d'autant plus surprenante, rappelle le SFPQ, que la ministre du Tourisme, Dominique Vien, déplorait encore récemment l'éparpillement dans la stratégie touristique québécoise. « Alors que le ministère du Tourisme a justement le mandat d'arbitrer avec neutralité les intérêts divergents du secteur touristique pour développer des stratégies de promotion intégrées, on propose plutôt de livrer en pâture la définition des priorités aux gros acteurs de l'industrie. La gestion des fonds publics en tourisme ne doit pas se transformer en une perpétuelle scène de tiraillement entre les principaux acteurs privés du secteur », souligne Steve Dorval, président régional du SFPQ de Québec-Chaudière-Appalaches.

Déjà, en 2013, le Vérificateur général du Québec avait soulevé d'importantes lacunes dans l'utilisation des fonds attribués aux associations régionales de tourisme par le ministère. « Le Vérificateur suggérait d'accroître la reddition de comptes des associations subventionnées et voici que le gouvernement souhaite la supprimer complètement. Ce gouvernement applique toujours la même recette : faire gérer de l'argent public par des compagnies privées », soulignent les deux représentants syndicaux du SFPQ.

Afin de garantir l'intérêt public, le SFPQ demande le maintien de Tourisme Québec et de ses activités coordinations pour l'attribution des sommes dédiées à la promotion de l'industrie touristique.