Les propos de Donald Trump résonnent jusqu'ici

Sonia Lévesque sonia.levesque@tc.tc
Publié le 18 octobre 2016

Isabelle Gallant, animatrice politique au Centre femmes de La Mitis.

©Photo gracieuseté

SEXISME. Même de ce côté-ci de la frontière, les propos vulgaires et dégradants du candidat à la présidence des États-Unis, Donald Trump, à l'égard des femmes, ne laissent pas indifférents.

Des propos qui comme le souligne Isabelle Gallant, animatrice politique au Centre femmes de La Mitis, peuvent avoir un impact considérable sur la façon dont on perçoit et traite les femmes.

C'est toujours perturbant d'entendre un candidat à la présidence des États-Unis, qui est encore la plus grande puissance mondiale, tenir de tels propos et être toujours aussi élevé dans les intentions de vote. Isabelle Gallant

« Comme la majorité de la population, on est outré par ce qu'on entend dans cette campagne présidentielle. De part et d'autre, c'est une campagne où les couteaux volent bas. Ça ne s'est jamais vu dans l'histoire des courses à la présidence mais ce qui est vraiment particulier, ce sont les propos misogynes, sexistes, racistes et homophobes de Donald Trump » souligne madame Gallant, lorsqu'invitée à réagir sur cette question.

« C'est un homme qui semble avoir des problèmes avec les minorités et la différence en général. Au centre femmes, on combat beaucoup les stéréotypes et les propos sexistes dans notre travail. C'est toujours perturbant d'entendre un candidat à la présidence des États-Unis, qui est encore la plus grande puissance mondiale, tenir de tels propos et être toujours aussi élevé dans les intentions de vote. Cela démontre qu'il reste encore beaucoup d'éducation à faire » dit-elle.

Si au Québec et au Canada, un tel candidat n'arriverait pas à se rendre aussi loin dans une course à la chefferie, cela démontre tout de même selon l'animatrice politique qu'en l'absence d'éducation populaire, on risque gros. « Lorsqu'on ne travaille pas avec la population sur des questions d'éducation, qu'on laisse tout au privé, cela fait que des gens n'ont pas accès à de l'information qui leur permet d'exercer leur jugement critique. Quand on ne comprend pas la réalité des autres, le réflexe le plus humain c'est d'avoir peur et la peur engendre souvent la haine » souligne madame Gallant.

Même si la course à la présidence des États-Unis n'est pas le sujet de prédilection des femmes qui fréquentent le centre femmes de La Mitis, il demeure un bon prétexte pour faire de l'éducation populaire, estime Isabelle Gallant. « Non seulement avec les participantes du centre mais aussi dans la communauté, dans nos familles, dans nos réseaux. On peut l'utiliser comme un moyen de sensibiliser, de rappeler comment les mots sont puissants et qu'ils peuvent avoir un impact considérable sur notre perception des femmes » conclut Isabelle Gallant.