Le Centre de prévention du suicide est pour un registre des armes à feu

Adeline Mantyk adeline.mantyk@tc.tc
Publié le 1 février 2016

Louis-Marie Bédard, directeur du Centre de prévention du suicide et de gestion de crise du Bas-Saint-Laurent.

©Photo TC Media - Adeline Mantyk

SEMAINE DE PRÉVENTION. Le directeur du Centre de prévention du suicide et de gestion de crise du Bas-Saint-Laurent, Louis-Marie Bédard, lance un cri du cœur pour la réhabilitation d’un registre des armes à feu québécois, à l’occasion de la semaine de la semaine nationale de prévention du suicide.

Louis-Marie Bédard révèle que dans les régions, l’arme à feu cause un nombre élevé de suicides. Il souligne l’importance et l’utilité d’un tel registre provincial : « On parle des armes d’épaule, armes de chasse et carabines. En tant qu’intervenants, nous nous déplaçons avec la Sûreté du Québec pour atténuer des crises ou éviter des hospitalisations forcées. Nous devons savoir si une arme sera présente sur les lieux avant de pouvoir intervenir. »

M. Bédard ajoute : « Quand on possède une arme, on se doit d’être responsable. L’inscription au registre englobe la vérification des antécédents au moment de la demande de permis de possession d’une arme, l’obligation de suivre un cours sur le maniement et l’entreposage sécuritaire des armes. »

Développer l’intervention sur le Web

Le souhait du directeur général pour 2016 et de développer une intervention proactive sur le Web : « Pendant que nos interventions restent au téléphone, les gens en détresse se trouvent sur le Web. Nous sommes en retard sur des pays comme la Belgique, les Pays-Bas ou la Nouvelle-Zélande, qui offrent de l’aide par clavardage, courriels, forums de discussion. », explique le directeur.

« Aujourd’hui, sur le Web, il est plus facile d’obtenir de l’information sur les moyens de se suicider que de l’aide », déplore-t-il.

41 actions par jour au Bas-Saint-Laurent

Au Bas-Saint-Laurent, le Centre de prévention du suicide et de gestion de crise a accompli 15 000 actions pour l’année. « 51 % de nos demandes d’aide proviennent de femmes et 49 % d’hommes, ce qui signifie que les hommes commencent à parler c’est un bon signe malgré tout », précise Louis-Marie Bédard.

Le directeur du Centre souligne que l’on ne peut attribuer le suicide d’une personne à une seule cause : « Ce n’est pas seulement une problématique de santé mentale, ni un problème qui touche seulement les pauvres, le suicide touche toutes les classes sociales, tous les individus, nos amis, nos familles. C’est donc toute la société qui doit s’en occuper. Il ne faut surtout pas éviter d’en parler », insiste le directeur. « Notre ligne est ouverte 24 h sur 24 h et 7 jours sur 7, 1866-APPELLE (277-3553). »