Traitements oncologiques en Allemagne: l'Est-du-Québec attirée par le tourisme médical

Dominique Fortier snm.redaction@tc.tc Publié le 16 février 2016
Plusieurs Gaspésiens et Bas-Laurentiens sont tentés de se rendre en Allemagne pour subir des traitements de chimio-embolisation et de thermoablation au laser.
Photo Gracieuseté - Depositphotos

En collaboration avec Adeline Mantyk - En 2015, des centaines de Québécois ont fait appel aux services du Dr Thomas Vogl, qui prétend offrir un traitement plus efficace que ce qui se fait au Québec, pour les patients atteints de certains cancers.

La vague de popularité du médecin allemand a fait son chemin jusqu'au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie. C'est notamment le cas de Jason Ferguson, de Cap-des-Rosiers, qui a été frappé d'un diagnostic de cancer du foie en 2014. Le jeune homme de 23 ans a commencé des traitements de chimiothérapie, mais non-curatifs, pour stabiliser son état. Ayant réussi à amasser 20 000 $ via une campagne de financement, Jason devrait s'envoler outre-Atlantique vers le 10 mars.

Il y a également eu le cas de Denis St-Gelais, des Méchins. L'homme de 58 ans, qui avait d'abord été diagnostiqué avec un cancer de la vessie, avait vu des masses apparaître sur ses reins et son intestin. Bien qu'il ait réussi à se rendre en Allemagne pour une première série de traitements, il a malheureusement succombé à la maladie peu de temps après son retour.

D'autres cas ailleurs

Au Bas-Saint-Laurent, on compte trois cas médiatisés de candidats au traitement du Dr Vogl. La Rimouskoise Sophie Bouchard, 47 ans, a appris qu’elle souffrait d’un cancer des os avec métastases aux poumons et au foie il y a à peine quelques semaines. On lui a donné entre 3 à 6 mois à vivre. Elle doit se rendre en Allemagne le 10 mars pour un séjour d’une dizaine de jours.

Il y a aussi le cas de Michael Ouellet. Lors de son deuxième voyage en Europe au mois de novembre, le jeune père de famille de Rimouski dont l’histoire a ému la communauté régionale a reçu une bonne nouvelle, sa métastase au poumon était résorbée de 3 cm : « Après un seul traitement, c’est encourageant, mais il faut voir au jour le jour », avait expliqué M. Ouellet, qui se bat contre le cancer depuis déjà trois ans. À peine âgé de 30 ans, il devra se rendre encore au moins deux fois en Allemagne pour poursuivre son traitement de chimio-embolisation.

Finalement, il y a le cas de Marc-André Michaud, 49 ans, du Témiscouata qui était atteint d'une forme grave de cancer du pancréas. Après avoir suivi les traitements du Dr Vogl, le patient avait affirmé que sa santé s'était améliorée de 75 %. Il est toutefois décédé en novembre 2015, à l'âge de 50 ans. Le spécialiste allemand lui avait pourtant dit qu'il pourrait maintenant compter son espérance de vie en années.

Suivi au Québec

Un problème majeur que les patients doivent affronter lors de leur retour au pays est le suivi avec les médecins québécois. Bien qu'il appartienne à chacun des patients de décider ultimement quels traitements ils voudront entreprendre, reste que les méthodes sont différentes ici.

À titre d'exemple, le laser dont se sert le Dr Vogl pour la thermoablation des tumeurs n'est pas homologué au Québec, pas plus que le traitement en soi. Les médecins de la province doivent donc composer avec des résultats médicaux dont les traitements n'ont pas fait le sujet d'études spécifiques au Québec. D'ailleurs, au ministère de la Santé, on rappelle que les cas référencés par le spécialiste allemand sont uniques et sans possibilité de comparaison avec d'autres cas.

À lire également: Le ministère de la Santé invite à la prudence

Traitements oncologiques en Allemagne: l'Est-du-Québec attirée par le tourisme médical

Dominique Fortier snm.redaction@tc.tc Publié le 16 février 2016
Plusieurs Gaspésiens et Bas-Laurentiens sont tentés de se rendre en Allemagne pour subir des traitements de chimio-embolisation et de thermoablation au laser.
Photo Gracieuseté - Depositphotos

En collaboration avec Adeline Mantyk - En 2015, des centaines de Québécois ont fait appel aux services du Dr Thomas Vogl, qui prétend offrir un traitement plus efficace que ce qui se fait au Québec, pour les patients atteints de certains cancers.

La vague de popularité du médecin allemand a fait son chemin jusqu'au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie. C'est notamment le cas de Jason Ferguson, de Cap-des-Rosiers, qui a été frappé d'un diagnostic de cancer du foie en 2014. Le jeune homme de 23 ans a commencé des traitements de chimiothérapie, mais non-curatifs, pour stabiliser son état. Ayant réussi à amasser 20 000 $ via une campagne de financement, Jason devrait s'envoler outre-Atlantique vers le 10 mars.

Il y a également eu le cas de Denis St-Gelais, des Méchins. L'homme de 58 ans, qui avait d'abord été diagnostiqué avec un cancer de la vessie, avait vu des masses apparaître sur ses reins et son intestin. Bien qu'il ait réussi à se rendre en Allemagne pour une première série de traitements, il a malheureusement succombé à la maladie peu de temps après son retour.

D'autres cas ailleurs

Au Bas-Saint-Laurent, on compte trois cas médiatisés de candidats au traitement du Dr Vogl. La Rimouskoise Sophie Bouchard, 47 ans, a appris qu’elle souffrait d’un cancer des os avec métastases aux poumons et au foie il y a à peine quelques semaines. On lui a donné entre 3 à 6 mois à vivre. Elle doit se rendre en Allemagne le 10 mars pour un séjour d’une dizaine de jours.

Il y a aussi le cas de Michael Ouellet. Lors de son deuxième voyage en Europe au mois de novembre, le jeune père de famille de Rimouski dont l’histoire a ému la communauté régionale a reçu une bonne nouvelle, sa métastase au poumon était résorbée de 3 cm : « Après un seul traitement, c’est encourageant, mais il faut voir au jour le jour », avait expliqué M. Ouellet, qui se bat contre le cancer depuis déjà trois ans. À peine âgé de 30 ans, il devra se rendre encore au moins deux fois en Allemagne pour poursuivre son traitement de chimio-embolisation.

Finalement, il y a le cas de Marc-André Michaud, 49 ans, du Témiscouata qui était atteint d'une forme grave de cancer du pancréas. Après avoir suivi les traitements du Dr Vogl, le patient avait affirmé que sa santé s'était améliorée de 75 %. Il est toutefois décédé en novembre 2015, à l'âge de 50 ans. Le spécialiste allemand lui avait pourtant dit qu'il pourrait maintenant compter son espérance de vie en années.

Suivi au Québec

Un problème majeur que les patients doivent affronter lors de leur retour au pays est le suivi avec les médecins québécois. Bien qu'il appartienne à chacun des patients de décider ultimement quels traitements ils voudront entreprendre, reste que les méthodes sont différentes ici.

À titre d'exemple, le laser dont se sert le Dr Vogl pour la thermoablation des tumeurs n'est pas homologué au Québec, pas plus que le traitement en soi. Les médecins de la province doivent donc composer avec des résultats médicaux dont les traitements n'ont pas fait le sujet d'études spécifiques au Québec. D'ailleurs, au ministère de la Santé, on rappelle que les cas référencés par le spécialiste allemand sont uniques et sans possibilité de comparaison avec d'autres cas.

À lire également: Le ministère de la Santé invite à la prudence

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