Des oiseaux de proie sous la loupe des biologistes

Charles Lepage charles.lepage@tc.tc
Publié le 25 avril 2016
Technicien de la faune avec un aigle royal.

Publié le 25 avril 2016

Bruno Baillargeon est récemment retraité, il a travaillé à la Direction de l’expertise sur la faune terrestre, l’herpétofaune et l’avifaune à Québec. Il pose ici avec un aigle royal sur le point d’être relâchés, encore munis de son capuchon et avec un émetteur sur le dos.

Photos par Photo gracieuseté MFFP.

TECHNICIEN DE LA FAUNE AVEC UN AIGLE ROYAL-2

Publié le 25 avril 2016

Jasmin Michaud, technicien de la faune, à la Direction de la gestion de la faune du BSL avec un aigle doré. Ces oiseaux de proie seraient particulièrement vulnérables lorsqu'ils chassent, car ils fixent leur attention sur leur proie et sont alors moins attentifs aux pales des éoliennes. (Orloff et Flannery 1992)

Photos par Photo gracieuseté MFFP.

Charles Maisonneuve, biologiste à la Direction de la gestion de la faune du Bas-Saint-Laurent.

Publié le 25 avril 2016

Charles Maisonneuve, biologiste à la Direction de la gestion de la faune du Bas-Saint-Laurent.

Photos par Photo gracieuseté MFFP.

Pygargue à tête blanche.

Publié le 25 avril 2016

Un pygargue à tête blanche dont l’émetteur n’est pas visible. Le futur parc éolien Nicolas Rioux et d’autres en Gaspésie font l’objet d’une étude sur les corridors de migration du faucon pèlerin, de l’aigle royal et du pygargue à tête blanche. Le suivi télémétrique est assuré par des techniciens du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs habitués à capturer, à manipuler et à poser des émetteurs sur ces oiseaux.

Photos par Photo gracieuseté MFFP.

Méthodologie de capture d’un pygargue.

Publié le 25 avril 2016

La méthodologie de capture d’un pygargue consiste à appâter un site avec la carcasse récupérée d’un animal comme un cerf de Virginie tué le long d’une route et à l’aide d’un filet-canon, des techniciens du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs le capture quand il se pose et ils lui installent une bague et un émetteur satellitaire sur le dos. Celui-ci enregistre, une fois l’heure, une position GPS, l’altitude, la vitesse et la direction du déplacement. Par la suite, le domaine vital de l’oiseau est estimé et l’utilisation du territoire est analysée.

Photos par Photo gracieuseté MFFP.

Faucon pèlerin en vol.

Publié le 25 avril 2016

Un faucon pèlerin au vol. Les oiseaux de proie utilisent généralement les courants ascendants pour planer et les éoliennes sont souvent implantées sur des sites favorisant ces courants, augmentant ainsi les risques de collision. (Barrios et Rodriguez 2004). Chez les autres espèces, les passereaux en période de migration sont particulièrement touchés par la présence d’éoliennes.

Photos par Photo gracieuseté MFFP.

PRÉSENCE D’ÉOLIENNES. Au moment où le développement éolien prenait son essor au Québec, certaines inquiétudes commençaient à se manifester chez les biologistes vers 2007, à propos des dangers qu’encourent certaines espèces d’oiseaux à statut particulier comme le faucon pèlerin, l’aigle royal et le pygargue à tête blanche, dans un environnement d’éoliennes.

Sans que ce phénomène soit généralisé, certains parcs éoliens affichaient un taux plus ou moins élevé de collisions de ces oiseaux de proie avec des pales d’éolienne. Il n’en fallait pas plus pour que les défenseurs de l’environnement lancent un cri d’alarme afin de protéger ces espèces.

« On voulait s’assurer que les parcs qui étaient installés à moins de 20 km d’un nid de l’une de ces trois espèces fassent l’objet d’un suivi particulier pour éviter de telles collisions. Maintenant, tous les parcs éoliens dans de semblables conditions font l’objet d’un suivi télémétrique et d’un survol aérien dans un rayon de 20 km afin de s’assurer de couvrir tous les nids », rapporte Charles Maisonneuve, biologiste à la Direction de la gestion de la faune du Bas-Saint-Laurent. « Une fois le parc éolien établi, il appartient aux promoteurs de faire le suivi de mortalité et d’appliquer des mesures d’atténuation si nécessaires au cas où l'on n’aurait pas tout prévu dans certains couloirs d’aliénation. »

Lors de l’implantation du premier parc éolien, les corridors de migrations étaient peu connus et les premières audiences publiques recommandaient d’entreprendre des études pour mieux connaître ce phénomène. De là, l’idée de poser des colliers émetteurs sur un certain nombre d’oiseaux de proie.

« Ces colliers émetteurs sont portés à l’année par l’un des deux oiseaux d’un couple, ce qui nous permet de suivre et mieux connaître leurs déplacements dans un secteur donné. Au fil des années, on améliore nos connaissances. Si ce territoire chevauche les limites d’un parc éolien, on s’assoit avec le promoteur pour voir comment on pourrait modifier le positionnement des éoliennes. On pourrait même recommander l’arrêt de ces éoliennes pendant la période sensible », ajoute M. Maisonneuve.

Éventuellement, les données recueillies permettront de construire un modèle d’utilisation et de fréquentation de l’habitat des oiseaux de proie. « Avec toutes les localisations que l’on a, on est capable de déterminer quels habitats sont fréquentés. En modélisant l’habitat autour d’un nid et sur les sites utilisés comme aires d’alimentation pendant la saison de reproduction, il ne sera plus nécessaire de suivre ces oiseaux. Sachant qu’un parc éolien est prévu dans un secteur avec un nid, il sera plus facile de délimiter leur domaine vital et de mieux positionner les éoliennes en fonction de ce modèle. »

Les oiseaux de proie seraient particulièrement vulnérables lorsqu'ils chassent, car ils fixent leur attention sur leur proie et sont alors moins attentifs aux pales des éoliennes. (Orloff et Flannery 1992)