Pascal Bérubé à Tout le monde en parle


Publié le 19 mars 2017

Le député Pascal Bérubé

©Capture d'écran

TÉLÉVISION. Le député de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, qui est aussi porte-parole de l'opposition officielle en matière de sécurité publique, était de passage à Tout le monde en parle ce soir pour commenter ce qui s'est passé ou plutôt ce qui aurait dû se passer dans la nuit de mardi à mercredi sur l'autoroute 13 à Montréal, où 300 automobilistes sont demeurés immobilisés dans la tempête pendant une douzaine d'heures.

M. Bérubé faisait partie d'un groupe composé de Caroline Duval, une des automobilistes coincées sur l'A13, Marc Brière, chroniqueur à la circulation au FM 98,5 à Montréal, et Christian Legault, chef des opérations médias du Service incendie de Montréal. Les ministres des Transports et de la Sécurité publique, Lucien Lessard et Martin Coiteux, ont décliné l'invitation de TLMEP.

À la question de l'animateur Guy A. Lepage à savoir s'il s'agissait d'un problème de communication, le député Pascal Bérubé y voit plutôt un problème de responsabilité ministérielle. « Les deux ministres n'étaient même pas informés. Pourtant quiconque écoutait la radio, les médias sociaux, les chaînes d'information continue savaient que c'était bloqué à partir de 18 h 30 – 19 h. Il  y avait crise à ce moment-là mais il n'y avait pas de gestion de crise » a-t-il dit.

« Il y a des caméras partout sur les autoroutes au Québec. À telle enseigne que l'an dernier, ils (les gens du ministère des Transports) nous ont montré un harfang des neiges qui volait, ils l'ont mis sur leur site web, c'était fantastique. L'harfang des neiges on l'a tous vu, mais 300 automobiles immobilisées, on l'a pas vu » a ironisé Pascal Bérubé, qui a évoqué sa propre expérience lors de la tragédie de l'Isle-Verte où ont péri 32 personnes dans un incendie en janvier 2014.

« Je l'ai vécu comme ministre responsable du Bas-Saint-Laurent. À 4 h 30, tu changes l'horaire, tu roules vers le lieu, il y a une cellule de crise, tu parles aux autorités, tu sécurises la population, tu soignes les gens, tu donnes la bonne information, t'as une chaîne de commandement. »

Marc Brière a dit n'avoir jamais vu un tel cafouillage en 13 ans de chroniques sur la circulation à l'émission de Paul Arcand. « Dire qu'ils l'ont échappé ce n'est pas assez fort. Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas dans ce ministère-là. Au-delà de la partisanerie politique, peu importe qui est au pouvoir, ce qui est important dans cette situation, c'est le monde, c'est les gens pris dans leur voiture » a-t-il dit.

« La clé du succès c'est la coordination. Ça prend une personne qui va runner le show (…) Le protocole stipulait que quelqu'un au ministère des Transports devait se réveiller et demander des renforts pour la sécurité des citoyens. » En même temps, a-t-il ajouté, il faut aussi savoir penser en dehors du protocole lorsque l'urgence le commande.

Et c'est ce qu'ont fait les pompiers de Montréal habitués d'intervenir dans des situations de chaos. « Si je comprends bien y a juste les pompiers qui ont allumé » a demandé Guy A. Lepage au chef des opérations médias du Service incendie de Montréal, Christian Legault, qui venait de relater le fil des événements.

Caroline Duval n'oubliera certainement pas cet épisode cauchemardesque. «On était tellement laissés à nous-mêmes, on était comme dans une prise d'otage, j'étais au milieu d'un tunnel » a-t-elle dit. Si elle n'a pu compter sur une intervention rapide des autorités responsables, elle a au moins vécu de beaux gestes de solidarité de la part d'autres automobilistes. « Comme je n'avais plus d'essence, des gens m'ont offert de nous rendre, ma fille et moi, dans leur voiture. »