Après le complexe glaces-piscines, place à la piste d’athlétisme


Publié le 20 mars 2017

En septembre 2016, quelque 300 citoyens de Rimouski s’étaient mobilisés pour revendiquer l’installation d’une piste d’athlétisme synthétique au Complexe sportif Guillaume-Leblanc.

©Photo TC Media - Adeline Mantyk

URGENCE. Maintenant que le financement du projet du complexe glaces-piscines de Rimouski est attaché, la Ville de Rimouski peut se tourner vers d’autres projets en attente, comme celui d’une piste d’athlétisme extérieure synthétique, dont la vétusté n’est plus à démontrer.

C’est ce que croit le Club d’athlétisme Coubertin de Rimouski, qui a monté un dossier complet sur les besoins de la région en matière de piste d’athlétisme. Pour le Club, la situation est précaire : « On a attendu patiemment que la Ville règle le dossier du complexe. Mais la situation est urgente. Au début du printemps et à la fin de l’automne, la piste (au Complexe Guillaume Leblanc) est impraticable. Trois couloirs sur six sont faits en glaise, il y a littéralement des lacs dessus. Plus ça va et plus c’est problématique et dangereux », explique Hélène Blanchet, présidente du Club.

Mme Blanchet confirme avoir rencontré le maire de Rimouski, Marc Parent, dernièrement à ce sujet. « Il nous a dit qu’on n’avait rien à lui prouver par rapport à la situation de la piste. On ne doute pas du tout que la Ville comprenne la situation. Le problème, c’est que notre projet de piste semble rattaché à celui d’un stade multisports (incluant notamment un terrain de soccer) que la Ville a l’ambition de construire. »

La Ville se dit sensibilisée

Guy Dionne, directeur du Service des Loisirs, de la culture et de la vie communautaire à la Ville de Rimouski confirme que la Ville est sensibilisée au problème de la piste : « Nous n’avons pas encore analysé l’emplacement du stade de soccer, cela va influer sur l’emplacement de la piste d’athlétisme. »

Le Club est inquiet : « Le projet de stade est à un niveau embryonnaire. Alors, cela verra-t-il le jour dans 10 ou 15 ans ? » M. Dionne confirme qu’un comité verra le jour à l’automne, chargé de travailler sur les questions relatives au futur stade, à commencer par son emplacement. « Le comité des infrastructures a siégé depuis 2013 et a émis une recommandation à la Ville en tenant compte des besoins, celle de construire un terrain 11 – 11. La question de la piste y a été analysée. »

Lors de l’annonce du financement du complexe sportif, Marc Parent affirmait que des fonds étaient alloués en 2018 dans le budget de la Ville pour l’évaluation des besoins du milieu en lien avec le stade. Le maire a précisé que la même démarche de consultation des acteurs au dossier que pour le complexe glaces-piscines s’enclenchera rapidement, et que c’est une priorité pour la Ville.

En retard de 10 ans

Mme Blanchet explique qu’après avoir accompagné les athlètes en compétition dans tout le Québec, elle a constaté que Rimouski était en retard de près de 10 ans sur le reste de la province : « On fait rire de nous, car nous devons être un des seuls clubs de la Fédération à ne pas courir sur une piste synthétique. À Gapsé et Pohénégamook, il y en a une et à Rivière-du-Loup, cela fait déjà trois fois qu’ils recouvrent la piste ! »

Le Club Coubertin a évalué à 900 000 $ le coût d’une nouvelle piste de base, sans estrades et sans éclairage : « Il s’agirait d’une piste de huit corridors qui pourrait accueillir des groupes civils et scolaires. Pour limiter les coûts, nous pensons qu’on devrait la laisser à sa place. On peut utiliser la piste actuelle huit à neuf mois par année. Ça nous en prend plus, si on veut accueillir des équipes de Cégep, d’université. Beaucoup d’athlètes d’autres sports s’en servent pour de la préparation physique.

Le Club Coubertin compte près de 200 membres à l’année, La Cavale également.

Retenir les jeunes athlètes à Rimouski

La présidente déplore qu’en raison de cette précarité de la piste et malgré la bonne réputation dont jouit le Club à l’échelle provinciale, Rimouski ne parvient pas à garder ses athlètes : « Nous n’avons pas d’équipe collégiale ni universitaire. Des athlètes comme Dominic Allard, s’ils veulent persévérer, doivent quitter leurs familles et se rendre ailleurs. On les encadre, mais on n’a pas ce qu’il faut pour les retenir. »