L’élagage de la bibliothèque de l’UQAR soulève du mécontentement


Publié le 20 avril 2017

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L’Association générale étudiante du campus à Rimouski (AGECAR) déplore un manque de transparence de la part de l’UQAR, qui selon elle aurait dû consulter le corps professoral et les étudiants avant d’entamer un processus d’élagage de sa bibliothèque.

Selon son président, Renaud Bisson-Dion, il s’agit d’un élagage massif et rapide en vue de faire des travaux dans la bibliothèque, selon des critères mis en place par la bibliothèque. « Nous aurions souhaité que ces critères soient mis en place en collaboration avec les étudiants et professeurs de l’université et que le personnel de la bibliothèque s’assoie avec chaque département concerné pour faire ces choix », déplore M. Bisson-Dion.

De son côté, le directeur du service de la bibliothèque de l’UQAR, Denis Boisvert, concède qu’il y aurait eu place à amélioration au niveau de la communication avec la communauté uqarienne : « L'élagage est une opération annuelle, mais un élagage d’une telle ampleur est assez rare. Du côté de l’implication et de la sensibilité, il y avait des choses à améliorer. Nous travaillons là-dessus actuellement. Mais il fallait procéder à l’élagage de toute façon, il est juste arrivé plus rapidement en raison des travaux qui approchent. »

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Le directeur assure que tous les documents ayant fait l’objet d’élagage se trouvent à l’intérieur de la bibliothèque, dans des boîtes : « Nous avons pris les précautions nécessaires pour ne pas les détruire. Il y a beaucoup de publications gouvernementales, pour lesquelles il y a moins d’intérêt. Il y en a encore beaucoup d’élagage à faire, le plus gros du travail est devant nous. »

L’élagage survient alors que l’UQAR procède à des réaménagements de ses locaux, incluant salles de cours et bibliothèque, pour s’ajuster aux normes ministérielles en lien avec l’appui financier de 13 M$ octroyé par les gouvernements fédéral et provincial en janvier visant à améliorer des infrastructures de recherche et de formation : « Les travaux vont bientôt s’amorcer et nous devons les finir pour 2018. Il s’amorce un jeu de dominos, puisque nous devons déplacer plusieurs morceaux de la bibliothèque. Le nombre de places assises restera le même. », explique François Deschênes, vice recteur à la formation et la recherche de l'UQAR.

Élagage de 50 % des publications gouvernementales

M. Boisvert précise que l’élagage des publications gouvernementales du Québec et du Canada, qui sont évaluées à 50 000 exemplaires, a été effectué à 50 % sur les publications du Québec uniquement pour le moment. « Nous allons procéder à celui des publications fédérales dans les prochaines semaines, mais le pourcentage sera moins élevé puisque leur valeur académique est plus élevée. Quant aux périodiques, nous avons déjà élagué 256 titres sur les 1458 titres et nous atteindrons un total de 400 titres. »

Les livres n’ont pas encore été touchés par l’élagage, effectué par des bibliothécaires professionnels, d’ajouter le directeur : « Les critères que nous respectons sont rigoureux, nous tenons compte de si le document est disponible en version électronique, s’il en existe plusieurs exemplaires ou encore si le document est encore d’actualité. »

M. Bisson-Dion estime qu’il est intéressant pour la bibliothèque de posséder des versions numériques des périodiques ou des publications gouvernementales, mais que par le fait même, l’UQAR se place dans une situation de dépendance par rapport à ces versions numériques : « Lorsqu’on a va avoir besoin de documents papiers pour nos travaux, nous devrons attendre trois à cinq jours ouvrables pour faire venir le document d’ailleurs s’il n’est plus disponible à notre bibliothèque et qu’il doit venir de Montréal. C’est aussi être dépendant des moteurs de recherches qui coûtent de plus en plus cher à l’UQAR. »

Une rencontre de précision

Une rencontre a eu lieu jeudi entre, notamment, la direction de l’UQAR, l’AGECAR et le corps professoral, visant à préciser la situation : « Nous en sommes sortis déçus de voir que l’université ne consulte pas les personnes touchées par la bibliothèque. Il a fallu que ce soit des étudiants qui sortent la nouvelle. Nous avons l’impression qu’ils n’ont pas l’intention de considérer nos besoins », précise M. Bisson-Dion.

Denis Boisvert confirme qu’il souhaite impliquer étudiants et professeurs dans le processus d’élagage. « Il y a déjà des opérations envisagées ce matin, on travaillera là-dessus avec la communauté, incluant professeurs et étudiants. »

Une autre problématique soulevée par l’AGECAR est celle du renouvellement des documents : « Quand on élagage 5 %, on doit généralement rapporter 5 % de nouveaux documents. Mais avec un élagage massif 25 %, le renouvellement ne pourra pas s’élever à 25 %. »

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