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L’accès à un logement abordable doit être au cœur des élections


Publié le 11 septembre 2017

Nancy Belleau, Éric Cimon et Francine Julien, administratrice du Centre Polyvalent des Aînés, Pavillon l’Héritage à Saint-Anaclet.

©Photo TC Media - Adeline Mantyk

MUNICIPALES 2017. L’association des groupes de ressources techniques du Québec (AGRTQ) estime que l’accès au logement abordable et de qualité doit être un enjeu des élections municipales.

L’AGRTQ, qui a lancé sa campagne « Des élus qui agissent pour l’habitation communautaire, on en a besoin maintenant ! » à Rimouski, croit que les citoyens doivent, à l’approche des élections municipales du 5 novembre, questionner leurs candidats et ne pas hésiter à organiser des débats pour susciter des engagements de la part de leurs élus en terme de logements communautaires abordables : « L’implication municipale est cruciale pour s’assurer que l’offre de logements réponde aux besoins de nos aînés et de nos familles. Les élus peuvent mettre en œuvre diverses actions qui facilitent l’essor des projets de logements communautaires en rendant disponibles des terrains, offrant des congés de taxes ou adoptant des règlements favorables au développement des projets », explique le directeur général de l’AGRTQ, Éric Cimon.

Des besoins de plus en plus criants

La porte-parole du groupe ressources techniques des Habitations populaires de l’Est, Nancy Belleau, souligne que les besoins vont devenir de plus en plus criants en matière de logements communautaires d’ici quelques années : « Tout le monde peut se retrouver dans un logement communautaire. Avec la population des personnes âgées en croissance, les besoins vont s’accentuer. Avec l’éclatement des familles, souvent synonymes de situations difficiles alors que les ménages sont fractionnés en deux logis, également. »

Mme Belleau fait valoir qu’au Bas-Saint-Laurent, il en va de la survie des petites municipalités rurales de pouvoir se doter de projets structurants émanant de leurs collectivités, et soutenus par les élus : « Certaines municipalités ont développé des projets de résidences pour personnes âgées, comme Saint-Anaclet et Saint-Eugène-de-Ladrière. Cela contribue au dynamisme des municipalités, puisque que par exemple 20 aînés logés adéquatement, ce sont 20 maisons pour des nouvelles familles qui se libèrent. Les élus doivent essayer de planifier l’occupation du territoire en allant de l’avant. »

Un projet porteur pour la communauté

Gilbert Pigeon
Photo TC Media - Adeline Mantyk

À titre d’exemple de développement, la municipalité de Saint-Eugène a réalisé un projet d’habitation communautaire en 2013, les Habitations Nicolas-Riou.

« C’est une corporation, un projet qui nous a permis de ramener 13 personnes à Saint-Eugène. Pour une municipalité de 430 habitants, on ne pouvait pas se permettre de faire des immeubles de 30 logements, alors  on a fait un six logements, des 4 ½ sur deux étages à 50 % admissible à l’aide financière, avec le programme Accès-Logis. L’autre 50 %, ce sont des gens qui payent le prix normal du loyer. Des jeunes couples ont acquis des maisons que des résidents ont vendues pour aller dans ces logements. Et ces jeunes couples ont des enfants. Ça empêche ces familles de s’en aller ailleurs, puisqu’ils ont un logement à proximité, ça nous permet de maintenir notre école en vie, de faire survivre le dépanneur », explique le maire de Saint-Eugène-de-Ladrière, Gilbert Pigeon, également président de la Corporation des Habitations Nicolas-Riou.

Le maire ajoute que la municipalité souhaite faire des logements 3 ½ pour les personnes seules et moins autonomes qui ne veulent pas avoir d’escaliers à monter « À cause des coupures dans les aides financières, on a mis le projet sur la glace temporairement. »