Productivité au travail : le Bas-Saint-Laurent piétine

Pierre Michaud pierre.michaud@tc.tc Publié le 23 septembre 2014

Selon l'un des auteurs, Robert Gagné, l'étude confirme que l'exploitation des ressources naturelles est payante pour le Québec.

La productivité au travail peine à atteindre ne serait-ce qu’une croissance, au Bas-Saint-Laurent.

De 2002 à 2012, celle-ci a à peine bondi de 1%, ce qui la place en queue de peloton des régions au Québec, selon une étude obtenue en primeur par TC Media.

« Croissance de la productivité au Québec – Une perspective régionale", du Centre de productivité et prospérité (CPP) des HEC (école des Hautes études commerciales), démontre que la productivité du travail au Bas-Saint-Laurent atteignait 39,35 $ par heure travaillée en 2012, comparativement à 39,02 $ en 2002. Il s'agit d'une croissance anémique, comparativement à la moyenne du Québec, à 8 %. La région se classe dernière.

"Je ne serais pas capable de dire si les gens travaillent moins fort ou moins bien que les autres régions du Québec", lance Nochane Rousseau, associé chez PwC. L'économiste en chef de Développement économique Canada (DEC), Stéphane Pronovost, explique que le secteur primaire (agriculture, forêt) du Bas-Saint-Laurent est deux fois plus important qu'en moyenne au Québec.

Même si les fermes font des gains de productivité, étant plus nombreuses à se mécaniser, le poids de cette industrie reste négligeable. "Il y a beaucoup d'efforts de diversification et il faut continuer. C'est un besoin pour rehausser leur performance", juge M. Pronovost.

Michael Kamel, directeur principal, volet stratégie d'affaires chez PwC, fait valoir que le Bas-Saint-Laurent compte beaucoup de services institutionnels, dont quelques centres qui figurent parmi les meilleurs au monde dans les biotechnologies marines. "En recherche et développement, le produit final n'a pas la même valeur commerciale que la production d'une entreprise manufacturière", nuance-t-il.

Les investissements en machinerie et en équipement, la modernisation des méthodes de travail et la formation du personnel davantage qualifié font toujours partie des formules gagnantes.

"Je suis contente qu'on ait enfin une perspective régionale parce que ça interpelle tout le monde. (…) Pour nous, le nerf principal de cette guerre, c'est la hausse de la productivité au Québec surtout à un moment où on a une croissance démographique en déclin", conclut Françoise Bertrand, présidente-directrice générale de la Fédération des chambres de commerce du Québec.

Note: Avec la collaboration de Caroline Lepage - TC Média

Productivité au travail : le Bas-Saint-Laurent piétine

Pierre Michaud pierre.michaud@tc.tc Publié le 23 septembre 2014

Selon l'un des auteurs, Robert Gagné, l'étude confirme que l'exploitation des ressources naturelles est payante pour le Québec.


La productivité au travail peine à atteindre ne serait-ce qu’une croissance, au Bas-Saint-Laurent.

De 2002 à 2012, celle-ci a à peine bondi de 1%, ce qui la place en queue de peloton des régions au Québec, selon une étude obtenue en primeur par TC Media.

« Croissance de la productivité au Québec – Une perspective régionale", du Centre de productivité et prospérité (CPP) des HEC (école des Hautes études commerciales), démontre que la productivité du travail au Bas-Saint-Laurent atteignait 39,35 $ par heure travaillée en 2012, comparativement à 39,02 $ en 2002. Il s'agit d'une croissance anémique, comparativement à la moyenne du Québec, à 8 %. La région se classe dernière.

"Je ne serais pas capable de dire si les gens travaillent moins fort ou moins bien que les autres régions du Québec", lance Nochane Rousseau, associé chez PwC. L'économiste en chef de Développement économique Canada (DEC), Stéphane Pronovost, explique que le secteur primaire (agriculture, forêt) du Bas-Saint-Laurent est deux fois plus important qu'en moyenne au Québec.

Même si les fermes font des gains de productivité, étant plus nombreuses à se mécaniser, le poids de cette industrie reste négligeable. "Il y a beaucoup d'efforts de diversification et il faut continuer. C'est un besoin pour rehausser leur performance", juge M. Pronovost.

Michael Kamel, directeur principal, volet stratégie d'affaires chez PwC, fait valoir que le Bas-Saint-Laurent compte beaucoup de services institutionnels, dont quelques centres qui figurent parmi les meilleurs au monde dans les biotechnologies marines. "En recherche et développement, le produit final n'a pas la même valeur commerciale que la production d'une entreprise manufacturière", nuance-t-il.

Les investissements en machinerie et en équipement, la modernisation des méthodes de travail et la formation du personnel davantage qualifié font toujours partie des formules gagnantes.

"Je suis contente qu'on ait enfin une perspective régionale parce que ça interpelle tout le monde. (…) Pour nous, le nerf principal de cette guerre, c'est la hausse de la productivité au Québec surtout à un moment où on a une croissance démographique en déclin", conclut Françoise Bertrand, présidente-directrice générale de la Fédération des chambres de commerce du Québec.

Note: Avec la collaboration de Caroline Lepage - TC Média