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Les « oubliés » du conflit sur le bois d’oeuvre canadien : les propriétaires forestiers privés


Publié le 20 avril 2017

Le président de la Fédération des producteurs forestiers du Québec, Pierre-Maurice Gagnon.

©Photo TC Media – Alexandre D’Astous

Dans l’anticipation de droits compensateurs qui seront imposés au bois d’oeuvre canadien exporté aux États-Unis, la Fédération des producteurs forestiers du Québec (FPFQ) déplore que les dizaines de milliers de propriétaires forestiers fournissant du bois rond aux scieries fassent les frais de ce conflit.

À la lumière des conflits précédents, le bois rond destiné aux scieries subira une baisse de prix pour absorber une partie des taxes qui seront imposées. Déjà, ce phénomène est amorcé par les scieurs canadiens devant se constituer une réserve financière pour des droits compensateurs qui pourraient être rétroactifs. Ces répercussions affaibliront partiellement l’impact recherché par les Américains, soit diminuer la compétitivité du bois d’oeuvre canadien aux États-Unis.

La FPFQ revendique un statut distinct pour le bois provenant des forêts privées dans les négociations sur le futur accord sur les exportations de bois d’oeuvre aux États-Unis. Environ 27 % des approvisionnements en bois résineux des scieries de la province proviennent de forêts privées canadiennes ou américaines.

La situation des 450 000 propriétaires canadiens s’apparente à celle vécue par les 10 millions de propriétaires forestiers américains. Ceux-ci tentent de maximiser leur revenu lorsqu’ils récoltent ou font récolter du bois sur leurs propriétés. Puisque la majorité des propriétaires forestiers québécois ne sont pas familiers avec le marché du bois, ils se sont dotés d’associations régionales pour accroître leur pouvoir de négociation face aux industriels forestiers. « Notre modèle devrait donc être valorisé par les ententes de commerce entre nos deux pays puisqu’il s’appuie sur des mécanismes de marché », a déclaré le président de la FPFQ, Pierre-Maurice Gagnon.

Cette demande vise davantage que l’exemption qui fut accordée aux scieries frontalières, dans le précédent accord, où ces dernières s’approvisionnaient exclusivement de bois des forêts privées québécoises et américaines. Un mécanisme devrait être inclus dans un éventuel accord pour tenir compte du pourcentage d’approvisionnements des usines canadiennes provenant des forêts privées afin d’exempter de taxes et quotas le bois d’oeuvre qui résulte de ces achats.

Pierre-Maurice Gagnon conclut qu’il s’agit d’une « solution plus que valable, car ce n’est pas la gestion des boisés des propriétaires forestiers qui est à l’origine du conflit entre les deux pays ».