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Conflit du bois d'oeuvre : Cedrico ne prévoit pas réduire ses opérations


Publié le 25 avril 2017

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ÉCONOMIE. Les exportations canadiennes du bois d'œuvre vers les États-Unis seront frappées aujourd'hui par un droit compensateur, qui atteindra 19,88 % pour les petites et moyennes scieries du Québec.

Denis Bérubé, président de Bois d'œuvre Cedrico.

Photo TC Media - Sonia Lévesque

« On n'est pas vraiment surpris du montant de taxes imposé parce qu'on savait que ça allait être assommant mais ce n'est pas la totalité, il y a une autre mesure antidumping qui va nous être imposée aux alentours du 23 juin. C'est là que l'on connaîtra le niveau de taxes totales qu'on aura sur le bois qui va vers les États-Unis » souligne Denis Bérubé, président de Cedrico.

Si l'économie serait maussade comme de 2008 à 2012, j'aurais sûrement un autre discours. Actuellement, c'est un peu plus rassurant, les Américains ont besoin de bois, ils sont autosuffisants à 50 % , les Canadiens comblent la balance.

Denis Bérubé

« Actuellement, dit-il, il s'agit d'une taxe préliminaire. On a la moyenne canadienne, soit 19,88 % » précise Denis Bérubé. Sur les cinq grosses entreprises canadiennes, West Fraser en Colombie-Britannique se voit imposer un droit compensateur de 24,12 % alors que Produits forestiers Résolu au Québec est touché par un droit de 12,82 %.

« Dans nos plans actuellement, on ne veut pas réduire nos opérations. Toute notre organisation est faite en fonction de l'usine de 2e transformation, à Price. Chaque semaine de transformation qu'on ne fait pas, exemple à Causapscal, c'est quelques semaines en moins. On va persister dans nos activités et appliquer une gestion en conséquence des revenus. On n'aura pas le choix » indique le porte-parole de Cedrico.

Actuellement, 250 personnes travaillent sur les sites de transformation de Cedrico, à Price et Causapscal.

Entre pessimisme et optimisme

L'aide fédérale promise ne rassure qu'à moitié Denis Bérubé. « Mon inquiétude c'est que ça donne des munitions aux Américains et qu'ils se disent : '' Voici comment l'industrie canadienne est supportée par le fédéral et les provinces.'' Ça m'inquiète un peu » ajoute M. Bérubé.

En revanche, le président de Cedrico trouve des motifs de réconfort dans la bonne santé de l'économie américaine. « Si l'économie serait maussade comme de 2008 à 2012, j'aurais sûrement un autre discours. Actuellement, c'est un peu plus rassurant, les Américains ont besoin de bois, ils sont autosuffisants à 50 % . Les Canadiens comblent la balance. Autrement, c'est sûr que ça frapperait dur » analyse Denis Bérubé qui fonde également espoir sur les négociations en coulisses entre les experts des deux côtés de la frontière.

Pour ce qui est des possibilités d'exporter vers l'Asie, Denis Bérubé rappelle que ce marché est occupé par l'Ouest canadien, qui jouit d'une plus grande proximité. De plus, « le volume de bois disponible dans l'Ouest comble les besoins des Asiatiques, c'est ce qu'on voit depuis 2006-2007. On ne sent pas de pressions sur le marché » ajoute Denis Bérubé en souhaitant que l'économie américaine demeure au beau fixe. « C'est ce qui devrait nous permettre d'arriver au fil d'arrivée en même temps que tout le monde » conclut l'industriel du sciage.

Union des municipalités du Québec

De son côté, l’Union des municipalités du Québec (UMQ) dénonce la décision du département du Commerce américain d’imposer des droits compensatoires rétroactifs de près de 20 % sur le bois d’œuvre exporté par le Québec.

L’UMQ presse également Ottawa de donner suite rapidement à la demande des partenaires forestiers du Québec d’accorder des garanties de prêts aux entreprises qui subiront les contrecoups, alors que l’impact financier pourrait dépasser les 200 millions $ pour l’industrie québécoise.

« Le gouvernement fédéral a déjà annoncé certaines mesures de soutien à court terme pour les régions forestières. Or, cet effort est insuffisant. Nous exigeons un engagement formel de la part d’Ottawa pour reconnaître l’apport fondateur de l’économie forestière pour les communautés de partout au pays qui en dépendent  », a déclaré Gilles Potvin, maire de Saint-Félicien et membre du Comité sur la forêt de l’UMQ.

Rappelons que l’économie de plus de 220 municipalités québécoises est directement liée au secteur forestier.