Une conseillère municipale de Rimouski témoigne de la place des femmes en politique


Publié le 23 mars 2017

Cécilia Michaud, conseillère municipale du district Rimouski-Est

©Photo TC Media - Adeline Mantyk

À l’occasion de l’événement SimulACTIONS, qui a lieu pour une première fois à Rimouski vendredi et samedi, la conseillère municipale Cécilia Michaud, qui y participe à titre de mentor, explique que dans le milieu municipal comme dans d’autres domaines, les femmes doivent prendre leur place.

Cécilia Michaud, conseillère du district Rimouski-Est depuis 2013, explique que sa tâche de conseillère lui prend environ 10 heures au minimum de travail par semaine, qu’il faut concilier avec une vie de famille et son emploi régulier d’agente de développement à la Société canadienne du cancer. « Il faut avoir l’appui de son conjoint et de ses enfants quand on se présente, c’est certain. »

Mme Michaud a constaté que dans le milieu politique, les hommes sont habituellement plus solidaires que les femmes : « Les hommes dans la haute direction aideront davantage les femmes à obtenir ce type de poste, alors qu’une femme au même poste aider moins spontanément les femmes qui travaillent pour elle, comme s’il fallait qu’elles vivent leurs propres difficultés pour gravir les échelons. 

Qu’en est-il de la parité ?

Au Conseil municipal de la Ville de Rimouski, trois femmes sont présentes, sur 12 conseillers. « La parité, c’est 40 % d’hommes et 60 % de femmes, ou l’inverse, et j’y crois. Mais avoir des femmes autour d’une table d’un conseil, cela représente la société. Plus il va y avoir de femmes qui vont se présenter et plus on aura de chances d’atteindre cette parité. »

Elle croit aussi qu’il ne faut pas attendre qu’un poste se libère pour se présenter et qu’il faut aussi se préparer à l’échec : « C’est ça, la démocratie. Il faut tenir pour acquis que tous les quatre ans, tous les sièges se libèrent. Il ne faut pas être impressionné par l’ampleur du travail ni par celui ou celle qui est en poste. »

Elle ajoute que les émotions des femmes sont une force en politique : « Il faut être émotif en politique, et être à l’écoute. Ça fait partie e nos gènes et il ne faut pas le considérer comme une faiblesse. C’est plutôt une force, parce qu’on pense autrement. Être émotif, c’est prendre en considération ce que les gens vivent. On représente aussi des femmes, il faut être capable de définir leurs besoins, leurs réalités. » 

Cécilia Michaud estime qu’une certaine évolution positive vers l’égalité homme femme s’est fait sentir dans les dernières années, mais que l’égalité n’est pas une chose acquise et que son évolution est lente : « Quand un enfant tombe malade, c’est encore en majorité la femme du couple qui reste à la maison pour le soigner. Tant que cela ne changera pas, on ne pourra pas dire que l’égalité est atteinte. »

Simuler un conseil municipal

La formation se déroule sur deux jours et est destinée aux femmes qui désirent briguer un poste municipal. SimulACTIONS se décline sous la forme d’une simulation d’un conseil municipal, agrémenté de conférences données notamment par Claude Périnet, directeur général de la Ville de Rimouski, Monique Sénéchal, directrice du service de greffe de la Ville : « La plénière a lieu le vendredi et samedi, c’est le conseil municipal, avec période de questions de citoyens. Danielle Doyer, qui a déjà été conseillère municipale, députée et mairesse donner un témoignage samedi midi. »

Les trois conseillères de la Ville, Claire Dubé, Jennifer Murray et Cécilia Michaud seront présentes, en plus d’acteurs politiques régionaux, comme le maire de Rimouski, Marc Parent, ou le préfet de la MRC Rimouski-Neigette, Francis Saint-Pierre. Cécilia Michaud explique que les mentors étudieront les dossiers avec les participantes : « En tant que mentors, nous fournissons des informations complémentaires. Les dossiers étudiés sont de vrais dossiers qui ont déjà été traités et publics, mais qui ne mettent pas en cause des personnes directement. »