Cougar de l’Est : éteint ou pas éteint, telle est la question

Frédéric Durand frederic.durand@tc.tc
Publié le 18 octobre 2016

Bien qu’il soit observé de temps à autre, le MFFP ne peut confirmer qu’une population de cougar existe au Québec.

©Pixabay

FAUNE. Malgré le peu d’information et l’impossibilité de confirmer l’existence d’une population de l’espèce, le cougar de l’Est est qualifié « susceptible d'être désigné espèce menacée ou vulnérable », par le ministère des Forêts, Faune et Parcs (MFFP).

Selon Mathieu Morin, biologiste à la direction régionale de la gestion de la faune Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, il n’existe actuellement pas suffisamment d’informations pour permettre d’évaluer ou confirmer l’existence d’une population de cette espèce. « Actuellement, la population de cougar de l’Est est encore disparue. C’est difficile de valider son retour sans avoir d’ADN, de carcasses. On ne sait pas si les spécimens observés sont des reproducteurs, s’ils se sont échappés de captivité, parce qu’il y a des gens qui gardent des cougars en captivité… Avant de pouvoir statuer sur une population, ça prend beaucoup de données », explique-t-il.

Depuis 1955, quelques centaines d'observations ont été rapportées, selon le MFFP. La majorité d'entre elles sont postérieures à 1991, période à partir de laquelle les mentions de cougar pour la province ont été systématiquement recueillies par les gestionnaires de la faune. En effet, le ministère enregistre toutes les mentions qui sont faites d’observation de l’espèce, qu’il consigne dans une base de données. Les témoins sont généralement rencontrés et, lorsque c’est encore possible, des indices sont amassés (traces, photos, etc.). « Il y a une procédure mise en place pour recueillir les données et les mettre en perspective », indique M. Morin.

L’analyse des informations disponibles devra donc se poursuivre jusqu’à nouvel ordre, mais une chose est certaine : on est loin de pouvoir confirmer le retour de l’espèce. Une analyse sera faite de la photographie de l’animal repéré dans le secteur des Caps noirs, à New Richmond, au début du mois : « …la silhouette, les proportions de l’animal, s’assurer que ce n’est pas un gros chat domestique. Il n’y a pas de preuve qu’il y a une population, et tant que nous n’aurons pas de preuve significative, il demeure un doute », note Mathieu Morin.

Il admet que les échantillons recueillis sur des poteaux de frottement dans le parc Forillon jusqu’en 2010 prouvent le passage de l’animal, mais qu’il n’est pas possible de savoir s’il s’agit d’une seule bête ou de plusieurs.

D’où peuvent venir les cougars observés en Gaspésie ? « C’est difficile à dire. Le comportement des animaux sauvages peut être variable, et la taille des domaines vitaux dépend de la qualité de de l’habitat et de la disponibilité des ressources alimentaires. Il y a une trop grande variabilité pour émettre des théories », souligne le biologiste.