« La couverture médiatique des enjeux internationaux est trop faible »

Journées québécoises de la solidarité internationale

Adeline Mantyk adeline.mantyk@tc.tc
Publié le 14 novembre 2016

Panel du 6 novembre avec Normand Baillargeon, Catherine St-Vincent-Villeneuve, Marc Simard et Jean-François Poupart.

©Photo gracieuseté

RIMOUSKI. Les Journées québécoises de la solidarité internationale, qui se clôturent ce lundi soir à Rimouski avec une soirée de slam dédiée aux médias et à la solidarité internationale dès 20 h à la microbrasserie, le Bien le Malt, se concluent avec le constat que les enjeux internationaux sont trop peu couverts dans les médias du Québec.

Sept activités publiques ont été organisés par le Carrefour international bas-laurentien pour l'engagement social (CIBLES) et ses partenaires attirant des centaines de participants. Des ateliers de réflexion sur le rôle et l'influence des médias et la solidarité internationale sont aussi donnés dans plusieurs écoles secondaires et centres femmes de la région jusqu'à la fin novembre.

Le thème de cette année, « À humanité variable », visait à mettre en lumière les problématiques auxquelles font face les organismes de coopération internationale (OCI) dans leur désir d’informer la population, et l’importance pour les citoyennes et les citoyens, d’adopter une approche active dans leur quête d’informations.

La cuisine mieux couverte que l’international

Selon Influence Communication, seulement 3,88 % des nouvelles au Québec ont été consacrées à l’international en 2015. « C’est presque deux fois moins que la moyenne canadienne et trois fois moins que la moyenne dans le monde. Même la cuisine (4,78 %) a reçu une plus grande couverture médiatique que l’international au Québec en 2015. De plus, lorsqu’on décortique l’ensemble des nouvelles internationales couvertes, on découvre que celles sur les États-Unis comptent pour environ la moitié de l’information et celles sur l’Europe, pour un quart. Au final, c’est donc moins d’un 1 % de la couverture médiatique qui est consacrée au reste du monde », explique Sarah Charland-Faucher, coordonnatrice au CIBLES.

Elle poursuit : « C'est un cercle vicieux, car moins on parle des enjeux internationaux à la population dans les médias, moins elle s'y intéressera et moins les médias en parleront si la demande pour ce type de nouvelles s'affaiblit. Mais encore faut-il que les médias en question s'attardent à comprendre et expliquer les enjeux, car informer du nombre de morts dans un attentat n'aide pas les gens à comprendre les sources des problèmes, ni à mieux connaître les gens concernés par celui-ci. »

La souci pédagogique des médias

Selon Normand Baillargeon, essayiste prolifique invité lors du panel « De quels médias le monde a-t-il besoin », organisé le 6 novembre dernier dans le cadre des JQSI,  les différents médias se doivent d'avoir en tout temps un souci pédagogique en plus d'avoir la responsabilité sociale d'offrir une couverture des enjeux internationaux, même si la demande n'est pas au rendez-vous car nous vivons, selon l'auteur, dans une société mondialisée où nous ne faisons qu'un face à plusieurs défis, dont les changements climatiques.

Le souci pédagogique du réalisateur Gary Beitel a été souligné le 9 novembre dernier au cinéma Paraloeil lors de la projection de son denier documentaire « À la poursuite de la paix » qui donne la parole aux médiateurs de paix présents au Soudan, Congo, et en Irak. « Il a certes des médias comme le documentaire où il est plus facile d'aller en profondeur, mais nous croyons que tous les médias ont un rôle positif à jouer pour participer à un meilleur « vivre ensemble » et alimenter la solidarité et non la peur », de conclure Sarah Charland-Faucher.

Panel du 6 novembre avec Normand Baillargeon, Catherine St-Vincent-Villeneuve, Marc Simard et Jean-François Poupart.

©Photo gracieuseté