Déjà la route est spectaculaire. À partir du village de San Pedro de Alcantara sur la Costa del Sol au sud-ouest de Malaga, elle s'élève en lacets dans la Serrania, une terre montagneuse, couverte de forêts de pins, et creusée de profondes gorges, avec la Méditerranée en toile de fond.

Le chemin qui emprunte le tracé d'anciens sentiers de muletiers et de contrebandiers, longe ensuite le Parc naturel Sierra de los nieves. En raison de l'altitude de près de 2 000 mètres, il y a parfois de la neige même dans cette région de l'extrême sud de l'Espagne et par temps clair, il est même possible de voir les côtes du Maroc. Mais ce jour-là, un épais brouillard rendait le paysage plutôt fantomatique. Bientôt, nous émergeons sur un vaste plateau calcaire inondé de soleil, à l'extrémité duquel nous apercevons Ronda, drapée dans sa blancheur. Les adjectifs manquent pour décrire cette ville rêvée des poètes et des voyageurs. Ernest Hemingway disait de Ronda qu'elle était l'endroit idéal pour s'enfuir avec une amie ou pour profiter de sa lune de miel. Une chose est certaine, tous les visiteurs sont émerveillés par cette antique cité perchée sur sa falaise et coupée en deux par un ravin de 180 mètres au fond duquel coule une petite rivière le Guadalevin. Les deux parties sont reliées par un viaduc vertigineux achevé en 1793 qui confère à l'ensemble un caractère unique.

Une terre de traditions
Tous les ans, le deuxième dimanche de mai, se déroule dans les rues de Ronda la procession de la Vierge de la Paix. Précédé par de jeunes communiants et par une fanfare, l'imposante statue de la vierge est transportée le long des rues par une centaine d'hommes. On dit qu'à Ronda, il y a plus de prêtres et de membres de congrégations religieuses que dans n'importe quel autre village espagnol. Mais la tradition la plus vivante de Ronda demeure sans l'ombre d'un doute la corrida. Les arènes de Ronda, les plus anciennes d'Espagne, accueillent les corridas les plus prestigieuses du pays. «Nous sommes en présence d'une véritable institution et pour un matador, c'est un grand privilège de combattre ici», m'explique Angel Rico guide touristique à Ronda, pendant que nous visitons ces arènes inaugurées en 1785. Il me parle abondamment de Pedro Romero, le plus illustre fils de Ronda, considéré comme le père de la tauromachie moderne. Ce personnage mort en 1839 a été l'un des premiers à affronter les taureaux à pied car autrefois, les corridas mettaient en scène uniquement des cavaliers. Pedro Romero a tué plus de 5 mille 600 taureaux sans avoir subi une égratignure... Il faut porter une attention particulière à l'architecture raffinée de l'arène de Ronda. Pas moins de 136 colonnes forment 68 arcs de colonnes toscanes entourant les deux niveaux de gradins. L'élégance de cet ensemble n'a d'égal dans aucune autre arène. Sous les gradins, un intéressant musée traite des origines et de l'évolution de l'art de la tauromachie.

La vieille-ville
Il est très agréable de déambuler dans les ruelles de la Ciudad, la vieille ville médiévale qui correspond à l'enceinte fortifiée de l'époque musulmane, lorsque la « forteresse » de Ronda devint le poste frontalier le plus solide du royaume de Grenade. Après la reconquête par les rois catholiques en 1485, les princes arabes firent place aux chevaliers chrétiens. On retrouve un peu de cette atmosphère en flânant dans la Ciudad, au gré des tours d'enceinte, des églises et des nobles demeures. Justement, ne manquez pas de visiter l'ancien palais de Mondragon, dont l'origine remonte au XVe siècle. Il abrite aujourd'hui le musée municipal d'archéologie et vous ouvre les portes de ce qui fut la résidence la plus cossue de Ronda, avec des patios couverts et des jardins pratiquement suspendus au-dessus du gouffre.

L'un des monuments les plus intéressants est l'église de la Encarnacion, bâtie à partir du XVIe siècle sur les ruines d'une mosquée. Observez aussi tout en marchant, les magnifiques balcons de fer forgé qui croulent sous les fleurs.
Je vous recommande chaudement Ronda, un lieu où l'histoire se fond avec la légende dans un décor époustouflant.
Ce reportage a été réalisé grâce à la collaboration de Vacances Transat. Transport aérien Montréal-Madrid assuré par AIR TRANSAT.
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Le chemin qui emprunte le tracé d'anciens sentiers de muletiers et de contrebandiers, longe ensuite le Parc naturel Sierra de los nieves. En raison de l'altitude de près de 2 000 mètres, il y a parfois de la neige même dans cette région de l'extrême sud de l'Espagne et par temps clair, il est même possible de voir les côtes du Maroc. Mais ce jour-là, un épais brouillard rendait le paysage plutôt fantomatique. Bientôt, nous émergeons sur un vaste plateau calcaire inondé de soleil, à l'extrémité duquel nous apercevons Ronda, drapée dans sa blancheur. Les adjectifs manquent pour décrire cette ville rêvée des poètes et des voyageurs. Ernest Hemingway disait de Ronda qu'elle était l'endroit idéal pour s'enfuir avec une amie ou pour profiter de sa lune de miel. Une chose est certaine, tous les visiteurs sont émerveillés par cette antique cité perchée sur sa falaise et coupée en deux par un ravin de 180 mètres au fond duquel coule une petite rivière le Guadalevin. Les deux parties sont reliées par un viaduc vertigineux achevé en 1793 qui confère à l'ensemble un caractère unique.

Une terre de traditions
Tous les ans, le deuxième dimanche de mai, se déroule dans les rues de Ronda la procession de la Vierge de la Paix. Précédé par de jeunes communiants et par une fanfare, l'imposante statue de la vierge est transportée le long des rues par une centaine d'hommes. On dit qu'à Ronda, il y a plus de prêtres et de membres de congrégations religieuses que dans n'importe quel autre village espagnol. Mais la tradition la plus vivante de Ronda demeure sans l'ombre d'un doute la corrida. Les arènes de Ronda, les plus anciennes d'Espagne, accueillent les corridas les plus prestigieuses du pays. «Nous sommes en présence d'une véritable institution et pour un matador, c'est un grand privilège de combattre ici», m'explique Angel Rico guide touristique à Ronda, pendant que nous visitons ces arènes inaugurées en 1785. Il me parle abondamment de Pedro Romero, le plus illustre fils de Ronda, considéré comme le père de la tauromachie moderne. Ce personnage mort en 1839 a été l'un des premiers à affronter les taureaux à pied car autrefois, les corridas mettaient en scène uniquement des cavaliers. Pedro Romero a tué plus de 5 mille 600 taureaux sans avoir subi une égratignure... Il faut porter une attention particulière à l'architecture raffinée de l'arène de Ronda. Pas moins de 136 colonnes forment 68 arcs de colonnes toscanes entourant les deux niveaux de gradins. L'élégance de cet ensemble n'a d'égal dans aucune autre arène. Sous les gradins, un intéressant musée traite des origines et de l'évolution de l'art de la tauromachie.

La vieille-ville
Il est très agréable de déambuler dans les ruelles de la Ciudad, la vieille ville médiévale qui correspond à l'enceinte fortifiée de l'époque musulmane, lorsque la « forteresse » de Ronda devint le poste frontalier le plus solide du royaume de Grenade. Après la reconquête par les rois catholiques en 1485, les princes arabes firent place aux chevaliers chrétiens. On retrouve un peu de cette atmosphère en flânant dans la Ciudad, au gré des tours d'enceinte, des églises et des nobles demeures. Justement, ne manquez pas de visiter l'ancien palais de Mondragon, dont l'origine remonte au XVe siècle. Il abrite aujourd'hui le musée municipal d'archéologie et vous ouvre les portes de ce qui fut la résidence la plus cossue de Ronda, avec des patios couverts et des jardins pratiquement suspendus au-dessus du gouffre.

L'un des monuments les plus intéressants est l'église de la Encarnacion, bâtie à partir du XVIe siècle sur les ruines d'une mosquée. Observez aussi tout en marchant, les magnifiques balcons de fer forgé qui croulent sous les fleurs.
Je vous recommande chaudement Ronda, un lieu où l'histoire se fond avec la légende dans un décor époustouflant.
Ce reportage a été réalisé grâce à la collaboration de Vacances Transat. Transport aérien Montréal-Madrid assuré par AIR TRANSAT.
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