Samana, une baie, une ville

 Publié le lundi, 28 novembre 2011 18:50 - par Richard Saindon
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Le soir, sur les hauteurs de Samana, on entend les différents airs de merengue, de bachata et de salsa qui montent de la ville dans une joyeuse cacophonie. Il faut dire que les Dominicains raffolent de la danse et ils ne se gênent pas pour s'exprimer dans les bars, devant leurs maisons ou simplement autour d'une voiture dotée d'un puissant système de son.
Ces ponts pour piétons relient deux îlots dans la baie de Samana (Photo Richard Saindon)
Située dans le nord-est de la République Dominicaine, la péninsule de Samana est la toute nouvelle destination touristique de ce pays des Antilles. Encore peu développée cette presqu'île bordée d'un côté par la mer des Caraïbes et de l'autre par la baie de Samana, est une région très agréable avec ses belles montagnes, sa végétation luxuriante, ses petites villes et ses plages paradisiaques. Chef-lieu de la province, la ville de Santa Barbara de Samana compte 50 000 habitants. Elle s'étale à flanc de colline au fond d'une anse le long de la péninsule qui porte son nom.
Scène quotidienne du petit mais très animé marché de Samana (Photo Richard Saindon)
Il s'agit d'une petite ville dominicaine typique mais dépourvue d'édifices coloniaux car elle a été en partie détruite par un incendie en 1946. Il faut aller se balader le matin du côté du marché qui se déroule en plein air sur une place le long de la rue principale. Les marchands de vêtements et d'accessoires divers côtoient les poissonniers et les étals de bouchers. Dans la rue, les paysans des environs proposent des montagnes de légumes et de pleines camionnettes d'oranges, d'ananas et de mangues au milieu du ballet incessant des « conchos » ces pétaradantes motos taxis.
Avec ses cocotiers de cartes postales et ses plages paradisiaques la petite île de Levantado en face de Samana attire plusieurs touristes (Photo Richard Saindon)
Cayo Levantado
Le long de la baie, une fort belle promenade permet de flâner en admirant le paysage ou d'atteindre le débarcadère des navettes reliant Samana au Cayo Levantado, une île minuscule ornée de plages immaculées et de palmiers de cartes postales inclinés sur le bleu turquoise de la mer. Un tout nouveau complexe hôtelier de la chaîne Bahia Principe occupe la moitié de l'îlot tandis que l'autre partie est constituée d'une grande plage publique et d'un parc. Plusieurs touristes vont passer une journée ou un après-midi à Cayo Levantado.
La baleine à bosse est la grande attraction de la baie de Samana (Photo Richard Saindon)
Du St-Laurent à Samana
Les îles ont beau exercer une grande fascination sur les touristes, il n'en demeure pas moins que ce sont les baleines qui représentent la grande attraction de Samana. Chaque année, de la mi-janvier à la fin mars, plus de 12 000 baleines à bosses viennent mettre bas le long des rives de la péninsule. Ces baleines quittent à l'automne les eaux de l'Atlantique nord et de l'estuaire du Saint-Laurent à l'embouchure du Saguenay pour entreprendre ce long périple vers la baie de Samana. Elles reviennent ensuite avec leurs baleineaux passer l'été chez-nous pour se nourrir de krill et refaire leurs réserves car l'hiver elles ne mangent pas dans les eaux chaudes. Il est possible de voir de près ces grands mammifères marins. Les bateliers sont nombreux, mais pas tous professionnels et bien équipés. Certaines compagnies, parmi lesquelles Connect Travel, offrent des excursions avec des guides francophones.
Toute la beauté du monde et la joie de vivre des Dominicains se retrouvent dans les yeux de ce gamin des environs de Samana (Photo Richard Saindon)
Samana Runners
Le gros 4X4 dérape, s'enlise quelques instants dans la boue, puis repart dans un grondement de moteur. Il vient d'y avoir une de ces ondées comme il en tombe parfois sous les tropiques, rendant beaucoup plus difficile la circulation sur l'étroite route qui serpente dans les montagnes. Ce type d'excursion baptisé Samana Runners ou jeep safari permet de fuir les complexes touristiques pour découvrir la campagne dominicaine dans ce qu'elle a de plus typique: habitations rurales, petits bourgs, chutes et plantations. Le point de départ de ma randonnée était Las Terrenas, surnommé «le village français» car il abrite une importante communauté francophone composée de Québécois, de Belges, de Suisses et surtout de Français. Le boulanger est français, le boucher aussi, tout comme de nombreux hôteliers et restaurateurs. Au total, on estime que 2 000 expatriés francophones ont refait leur vie ici. Les enseignes de plusieurs commerces ne laissent aucun doute sur l'origine de leurs propriétaires. J'ai retenu parmi tant d'autres ; L'institut du bien-être, Réglisse, La Galerie ou Simplement... La route serpente à travers les cocotiers et offre, de temps à autre, des vues plongeantes de toute beauté sur la baie qui brille de mille feux sous le soleil. En campagne, les gens nous envoient la main et les «holas» pleuvent comme une averse tropicale. Après quelques heures, on s'arrête dans une plantation pour découvrir les différentes cultures locales comme la pomme de terre douce, l'igname, le cacao, le café et tous les fruits tel la banane plantain ou la goyave. Notre guide nous conduira ensuite vers une fabrique de caoutchouc artisanale dans une plantation d'hévéas, puis au bord des chutes de la rivière Xunbador et enfin sur une plage vierge. Bref, une bien belle journée !

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