Ça passe ou ça casse

 Publié le vendredi, 10 décembre 2010 10:07 - par Jean-François Bouchard
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Le 16 décembre sera une journée déterminante dans le dossier de la fermeture des sentiers de motoneige et de quad cet hiver. C'est à cette date que se tiendra le prochain conseil d'administration de la Financière agricole. Et le ministre de l'Agriculture, Laurent Lessard, y assistera.

Le ministre Lessard ne peut plus se présenter devant l'Union des producteurs agricoles les mains vides. Les dernières sorties publiques du ministre n'ont en rien répondu aux attentes des agriculteurs. Jeudi, le Premier ministre Jean Charest a réitéré sa préoccupation pour le dossier. Il est maintenant temps de le régler.

L'étau ne se resserrera pas uniquement sur le ministre Lessard si la question de l'ouverture des sentiers de motoneige ne se règle pas le 16 décembre, mais aussi sur l'UPA. Le moyen de pression choisi par l'Union des producteurs agricoles ne fait que des mécontents. Et la pression monte à mesure que les conditions hivernales nous rapprochent de la saison de motoneige.

Que l'industrie de la motoneige de la région fasse front commun avec l'UPA est une excellente nouvelle pour le syndicat. Pas sûr du tout, par contre, que cette alliance survivra après le 16 décembre si la Financière agricole ne modifie pas sa position quant aux 25 % des fermes agricoles qui seront laissées de côté dans le programme de stabilisation des revenus.

Les motoneigistes et les quadistes pourront-ils circuler sur les terres agricoles advenant que le litige ne soit pas réglé le 16 décembre ? Selon l'UPA, non – N-O-N. Un représentant m'a clairement affirmé, jeudi matin, que ce scénario n'est « pas notre position ». En revanche, si les agriculteurs décident de ne plus suivre la ligne dictée par l'UPA, le syndicat perdra beaucoup en crédibilité.

Le moyen de pression adopté par l'UPA est-il excessif ? Oui.

Risque-t-il de pénaliser la région de retombées économiques évaluées à 20 M $ au Bas-Saint-Laurent ? Oui.

Met-il des entreprises en péril par l'incertitude qu'il entretient quant à la saison de motoneige ? Oui.

L'industrie touristique est-elle prise en otage en raison de celui-ci ? Oui.

Sans l'approuver, il reste que ce moyen de pression est à peu près le seul qu'il reste à l'UPA pour avoir un rapport de force avec le gouvernement du Québec dans le dossier de la Financière agricole.

Mais à mesure que le temps passe, la population sera de moins en moins sympathique à l'UPA si le dossier ne se règle pas.

Bref, le 16 décembre, ça passe ou ça casse.
  
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