Les jeunes pianistes d’origine rimouskoise Josée et Martin Caron viennent de publier un album consacré aux œuvres de compositeurs britanniques, dont Paul McCartney.
Sous le titre « British music for piano four hands », le disque, publié par XXI, offre d’abord une composition de l’ex-Beatle, et de son épouse Linda McCartney, décédée en 1998, intitulée « Appaloosa-Meditation », dont le sujet principal est Blankit, le cheval de Linda, objet d’un court métrage. Musique plutôt joyeuse, ou réservée, selon la formule inspirée par l’auteur, et subtilement livrée par le duo
D’ailleurs, Josée et Martin Caron donnent une excellente prestation via cet album, précisant la qualité de leur interprétation, toujours sensible, justement appropriée à l’œuvre.
C’est entre autres le cas de « A leaf «, pièce à sonorité classique écrite par McCartney et proposée en sept mouvements très dissemblables et, parfois, « fulgurants ». Le duo a bien compris la donne, comme celle de « Junk », antérieure aux deux autres (1968, écrite en Inde, lors du voyage qu’y ont fait les Beatles) et qui décrit, selon le livret de l’album, l’annonce de la rupture du quatuor. La formule méditative de la pièce est évidente et bien rendue par les deux jeunes pianistes. Une sorte de lyrisme rappelant un peu le « smooth jazz », admettent les interprètes. J’y ai pour ma part retrouvé le style pur et clair d’un Bill Evans L’arrangement pour piano quatre mains de ces premières œuvres est de Martin Caron.
Le duo fait ensuite place à Ralph Vaughan Williams et à l’ouverture de l’opéra « Les Guêpes », « les juges » selon Aristophane, sur lequel l’œuvre, l’opéra, sont basés. Beau lyrisme.
Suivent William Walton et les « Duos pour enfants », brèves insertions en continuité, étonnantes et amusantes, données avec le même humeur par les Caron. Précision remarquable.

Josée et Martin Caron (Photo tirée du livret du disque).
On reconnaît aussi le grandiloquence majestueuse de la musique britannique, surtout au dernier duo « Air de trompette ».
Enfin, avec Edward Elgar, le duo se permet de jouer « Introduction et adagio », d’un beau lyrisme, très « elgarien », par sa livraison personnelle, que les deux pianistes respectent avec beaucoup d’honneur. La partie « canon » est particulièrement réussie.
J’ai écouté cet album avec mon âme et mon cœur d’amateur de belle musique et je n’ai pas été déçu. Je connaissais peu ces pièces et le duo rimouskois me les a fait découvrir avec un réel bonheur.
Rappelons que Josée et Martin Caron ont entre autres publié un précédent CD, consacré aux œuvres de Tchaikovsky, dont une version piano quatre mains de « Casse-Noisette », fort élégante et surtout enlevante. D’ailleurs, cet album a été reconnu par toutes les critiques. Celui consacré à la musique britannique en mérite autant à mon avis.
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