Procès Savoie : après 65 scénarios, des aveux ont mené à l’arrestation


Publié le 18 avril 2017

Le palais de justice de New Carlisle.

©TC Media – Archives

JUSTICE. En ce début de la quatrième semaine du procès de Réal Savoie, l’« agent couvreur » a complété le témoignage commencé la semaine dernière.

L’agent couvreur est l’architecte de l’opération Mr Big qui a servi à soutirer des aveux à Réal Savoie. Au cours de son témoignage, il a expliqué les 65 scénarios qui ont mené à l’arrestation de l’homme de Saint-Omer. Son témoignage s’est achevé ce matin, et le contre-interrogatoire de la Défense a commencé aussitôt.

Pour ce dernier scénario, l’agent couvreur se préparait à l’éventualité où Réal Savoie s’incriminerait, auquel cas l’arrestation pourrait avoir lieu, de même qu’à celle où il se disculperait. Or, au terme d’un entretien d’une heure quarante minutes avec le dirigeant de l’organisation criminelle fictive, Réal Savoie en avait dit suffisamment pour que les policiers procèdent à son arrestation, selon l’enquêteur responsable.

L’arrestation elle-même s’est déroulée à la sortie d’un supermarché où les policiers l’avaient envoyé faire des achats, le 16 avril 2014, soit la même journée que le dernier scénario.

En raison de la nature du travail des agents d’infiltration, cette partie des procédures se déroule derrière des paravents. Au cours des prochains jours, d’autres agents d’infiltration défileront à la barre des témoins.

Scénarios

Tout au long des 65 scénarios, les policiers ont voulu renforcer chez le suspect l’adhésion à trois valeurs fondamentales, soit l’honnêteté, la loyauté et la confiance, afin qu’il passe éventuellement aux aveux. « À travers tous les scénarios, on lui en parle, on les démontre, ou on teste [Réal Savoie] », indique l’agent couvreur.

Certains scénarios plus violents, toujours envers des femmes en raison de la nature du crime dont il était suspecté, avaient pour but d’amener Réal Savoie à s’identifier au groupe. « L’objectif n’était pas de démontrer qu’on était un groupe dangereux, mais qu’il comprenne comment fonctionnait l’organisation; que la violence envers les femmes ne nous dérangeait pas », explique l’agent couvreur.

Réal Savoie est accusé de meurtre au premier degré, d’agression sexuelle armée et de séquestration sur la personne de Sonia Raymond. Les faits reprochés se seraient produits le 27 juillet 1996 sur le banc de Maria.