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Des Rimouskois appelés au procès de Carl Gagnon, alias Robert Vanier


Publié le 11 septembre 2017

Robert Vanier/Carl Gagnon sur les marches du palais de Justice de Toronto.

©Photo TC Media - archives

FRAUDE PRÉSUMÉE. Le ministère de la justice de l’Ontario semble se résoudre à vouloir débuter, dans les faits, le procès de Carl Gagnon, alias Robert Vanier, d’ici la fin de septembre.

TC Media a appris qu’au moins deux résidents de Rimouski ont été contactés par le procureur chargé du dossier pour témoigner dans ce procès, ces derniers jours. Ils avaient été auparavant aussi interrogés par la GRC. Les dates de leurs témoignages restent à être validées. Des démarches sont en cours pour leur permettre d’éviter de se déplacer à Toronto et de plutôt présenter leur version des faits par téléconférence.

« Oui, ces informations sont bien exactes.  J’ai même dit au procureur en question que connaissant « Robert Vanier », j’ai toujours des craintes que cela soit reporté », relate une présumée victime rimouskoise et témoin potentiel, Marius Parent. À défaut de pouvoir récupérer leur argent, lui comme d’autres souhaitent obtenir justice.

Cavale et vedettes

En novembre 2013, après deux ans de cavale, M. Vanier/Gagnon s’est rendu à la GRC à Toronto, où il a été accusé d’avoir réalisé un faux prospectus pour fins de vente d’actions et de parjure. L’individu prétendait avoir trouvé une solution technologique pour réactiver des puits de gaz et de pétrole. Il aurait vendu pour 30 M$ d’actions à quelque 1 200 personnes, dont des vedettes du monde du hockey, comme Luc Robitaille. Ces actions sont passées de 5 $ à 15 cents l’unité.

Lors d’un témoignage devant la Commission des Valeurs Mobilières de l’Ontario, en août 2010, Robert Vanier a révélé que son vrai nom était Carl Gagnon et qu’il avait été délateur pendant la guerre des motards pour la SQ, d’où son changement d’identité. Dans cet ordre d’idées, une mise en demeure de 70 M$ a été envoyée au gouvernement du Québec en janvier 2015. Les requérants s’expliquaient mal comment un témoin protégé avait pu se livrer à des actes illégaux. Ils n’ont pas organisé de recours collectif faute d’argent.

L’accusé a fait connaissance avec l’entourage de l’Océanic de Rimouski (junior majeur) à partir de 2003. Il s’est introduit jusqu’aux proches de Sidney Crosby. De 200 à 300 personnes de Rimouski seraient été parmi les actionnaires floués, pour 3 M$ ou 4 M$. Certains de ces investisseurs auraient perdu plus de 100 000 $.

Les sentences imposées à des individus ayant commis des fraudes à grande échelle -par des personnes en position de confiance- ont habituellement donné lieu à de lourdes peine d’emprisonnement, entre quatre et 15 ans. TC Media est en attente de plus de détails de la part des instances concernées en Ontario.