Le jazz. Par définition, est une musique qui favorise l’improvisation, la spontanéité et souvent même l’imprévu. C’est ce qui fait son charme et sa valeur intrinsèque.

La fille de Nathalie Choquette s’est fait un nom très rapidement, surtout qu’elle a du talent et une facilité de présence incroyable sur scène. Elle est d’une spontanéité surprenante, mais enchâssée dans une mise en scène d’une rigidité incroyable, très peu favorable à l’improvisation et aux « écarts », typiques à la note bleue, comme on le dit si bien ailleurs,
Elle est entourée de bons musiciens, dont un contrebassiste qui ne manque pas d’élan et d’une intensité assez peu communs. Mais, lui aussi est pogné dans ce carcan et une rigidité scéniques qui ne manquent pas de « brûler » tout esprit de liberté jazzique.
Même les éclairages, agressants, ne favorisaient pas la ligne divergente, si je puis dire, malgré une technique très au point et un son impeccable.
Au terme du show, comme pour se faire pardonner ou quelque chose du genre, parce que, « cette fin de semaine, Rimouski est la ville du jazz », a-t-elle mentionné, elle a proposé, en trio, le standard « Love me or leave me », dans un très beau swing, bien supportée par la contrebasse, moins par le batteur, un peu linéaire, pas très inventif. Un intéressant « petit » moment de jazz.
Dans son rendu, Florence K a souvent rappelé un thème de Mozart, qu’elle a inséré à plusieurs reprises dans son interprétation pianistique, y allant même du « Ah, vous dirais-je, maman », lors du moment blues, basé sur la peine d’amour et la recherche du même amour. Un blues qui lui a permis de fendre une impro assez musclée, bien supportée par ses musiciens, dont Jesus Perez, son mentor, dit-elle, aux percussions sud-américaines et à la flûte, sans oublier la guitare, et le saxophoniste, qui m’a semblé plus que réservé, ne voulant manifestement pas dépasser la barre de la scénographie appliquée ou imposée.

Cuba, le Brésil (et l’inévitable Carlos Jobim), le Québec aussi, entourent cette « Histoire de Lola », montée au quart de tour, sans laisser trop de place à la spontanéité directe. Une mécanique bien montée, avec un « timing » pas encourageant pour le « laisser-aller ». Ce n’était pas beaucoup jazz, donc, mais c’était manifestement un show bien préparé. Trop. Aucune marge de manœuvre pour ajouter son grain de sel, au moment voulu et, parfois nécessaire. L’émotion spontanée¸ ça existe. C’est aussi jazz.
« Les rues du Sud », comme les « Notes noires », sans oublier la bossa nova, la samba et autres danses sud-américaines ont procuré un spectacle de musiques de… danses. Voilà le constat incontournable, après avoir vu ce show. Où quelques pièces, bien inspirées (comme celle consacrée à la peine d’amitié), ont été agréables à entendre.
Bref, en 100 mots autant qu’en mille, il faut dire que le spectacle de jeudi avait de la qualité, musicale et visuelle, de la gueule même, mais n’était pas aussi « libre » qu’on aurait pu le souhaiter. Il y avait une mécanique à suivre. Je n’y ai pas toujours perçu l’émotion pure qu’on peut attendre d’un show jazz. Il y en avait, en complicité musicale. Mais pour la spontanéité, faudra repasser.




















