« Temps inégal »: le temps défini par le Trio Emie R.-Roussel

 Publié le samedi, 04 septembre 2010 23:53 - par Laurent Leblond
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La jeune pianiste Émie R.-Roussel a créé un trio éponyme et vient d’enregistrer un premier album, travaillé au studio de son père, Martin Roussel, le Studio de l’Anse, à Sainte-Luce.

Émie R,-Roussel et ses deux complices, le contrebassiste Guillaume Blouin et le batteur Guillaume Perron. (Photo Laurent Leblond)

« Temps inégal » a été officiellement lancé samedi, au cours de la 25e édition du Festi Jazz.

La jeune pianiste mentionne alors avoir joué pour la première fois à ce festival en 2003, avec un groupe nommé « Solar ». Un quintette. Elle avait 17 ans  Et son combo jouait des standards réarrangés, comme elle le mentionne,

Deux ans plus tard, c’est un retour avec la formation qu’elle affectionne le plus, le trio, qui permet plus de liberté. Avec l’Émie Jazz Band, la jeune pianiste, qui termine ses études à Montréal, a aussi joué, « fébrile », aux Festi Jazz 2007 et 2008. Avec des standards, ses compositions et des arrangements personnels.

En 2010, elle y est de nouveau avec son trio éponyme et un premier album, comptant huit de ses compositions, qu’elle a arrangées, avec la complicité de son père, Martin. Steeve Saint-Pierre a réalisé la prise de son,  l’enregistrement et le mixage.

« Temps inégal », celui des peines et des joies. Mais, le temps ne varie jamais, sauf en perceptions, L’album exprime ces passages, avec une belle continuité, autant dans la formule musicale que dans la façon de l'exprimer.

Cet album a une qualité fondamentale: il est sincère et bien fait. Autant à l’enregistrement (avec la collaboration de Radio-Canada Bas-Saint-Laurent) qu’à la mixture jazz, assurée. Il y a dans ce premier disque, une belle maturité, avec des musiciens, jeunes, qui ont déjà une assurance bien relevée.

Les titres sont évocateurs, de « Temps inégal » à « Sainte-Luce », en passant par  « De près ou de loin » ou « Éole à la lune ». Les compos sont aussi joliment structurées, rappelant entre autres Melhdau, parfois Corea, ou E.S.T., sur des thèmes choisis et illustrés de façon nette et cohérente.

Le bassiste Guillaume Blouin est étonnant, autant en appui qu’en solo, alors que le batteur Guillaume Perron, est parfois un peu retrait (il ne devrait pas), mais livre de solides impulsions, bien colorées, quand il en a l’occasion.

Quant à la pianiste, elle est assurée, annonce nettement ses thèmes, sans flancher et se donne de belles occasions d’impros bien senties. Le doigté est impressionnant.

Alors que la prise de son est réellement réussie, « Temps inégal » demeure un premier album, qui a du panache et une assurance. Il annonce une belle suite. Souhaitons-la

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