Que m’aurait-elle dit, face à mon cancer ?

 Publié le mardi, 08 novembre 2011 23:15 - par Réal-Jean Couture
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C’est aujourd’hui, au moment j’écris ce blogue, l’anniversaire de ma mère, Rita. Elle a 84 ans. Cinq jours après le 87e anniversaire de mon père, Hubert. Je lui ai parlé, d’ailleurs, de même que mon épouse et mon fils. Il est à Sherbrooke. Pas la porte à côté. Toujours émotionnant.
 
Full autonome, pleinement actif, selon ses moyens, il est plus en forme que moi. Il sourit toujours quand je lui dis qu’il nous enterrera tous. Un jour, il me disait que les parents n’ont pas été mis sur la terre pour enterrer leurs enfants. Il a bien raison, mais j’aime toujours l’encourager à ne pas partir trop vite.
 
Quand à ma mère… Comme bien d’autres, je suis d’une famille disloquée et pour toutes sortes de raisons que je ne vous dévoilerai pas ici, je n’ai pas de contact avec elle depuis plus de 35 ans. Méchant bail. Elle était de mon premier mariage, puis quelques mois plus tard, mais plus rien par la suite.
 
est-elle ? C’est très particulier que de dire que je ne le sais pas. Je présume qu’elle est toujours parmi nous, chez les vivants. On m’aurait certes informé du contraire. Enfin… Je n’en parle jamais, pas même dans la maison, ou presque. Ni avec mon père. Ou presque. Trop de sentiments contradictoires entrent en ligne pendant quelques heures. Et quand l’entre-deux-oreilles commence à patiner sur la bottine, il y a un dérapage qui n’en finit plus. Ça prend du temps à retrouver un virage normal, plus près de la réalité du moment.
 
Sauf que, de temps à autre, à travers les courses folles du hamster qui aère mon cerveau, il me vient cette question : si mes relations avec ma mère – et réciproquementavaient été le moindrement normales, lorsque j’ai été diagnostiqué « cancer », quelle aurait été sa réaction ? Que m’aurait-elle dit ? Quel aurait été son premier geste ?
 
Et parce que les questions ne demeurent jamais on le voudrait, il y en a toujours d’autres qui s’ajoutent, genre : qu’aurait été sa réaction quand je me suis présenté au Centre de cancer de Rimouski lors de mon premier traitement en mars de l’an dernier ? Quelle aurait été sa réaction quand j’ai du passer par l’isolement au 3e du CHRR pendant 5 jours, dans ce même mois, dans une période j’ai de 24 à 36 heures sans aucun souvenir ?
 
Et des questions, il en pleut, entre les deux oreilles. Il y a des joueurs c’est un déluge. Mais sans réponse. Pourtant, est-ce normal de se nourrirmême sans le vouloir – de questions auxquelles on sait que nous n’aurons jamais les réponses ?
 
Je me souviens que, après une échocardiographie à Québec, mon père avait fait le saut quand, à 53 ans, je lui apprenais que je souffrais d’une malformation congénitale au cœur, et que l’on ne pouvait rien y faire, sauf bouffer des pilules et traîner ma « nitro » dans mes poches. Ça expliquait des choses qui me reviennent parfois en mémoire, dans mon jeune temps, comme mon rapide manque de souffle. Un défaut de fabrication, quoi. encore, ma mère n’y était pas pour réagir. Elle ne le sait possiblement pas encore. Et  comme on dit que ce qu’on ne sait pas, ça fait pas mal…
 
Mais ça, plus le diabète de type 2 avec 5 injections d’insuline tous les jours, et l’insuffisance coronarienne, l’hypertension, le « colérol » et tout le reste, c’est tannant, mais « ça vient qu’à s’endurer ». Même si des fois, en regardant ma tablette médicale dans une des armoires de la cuisine, je me demande ce qui arriverait si je mettais tout ça à la poubelle. Ne vous scandalisez pas. Vous avez déjà pensé la même chose plus d’une fois. Tout le monde passe par .
 
Mais le cancer… Peu importe lequel. C’est un maudit cancer quand même. Il en part toujours un ou un autre, quasi chaque jour. Et ça nous met en rogne à chaque fois. Et ça nous ramène au fait que la présence des proches joue un rôle capital dans l’acceptation, dans le fait de vivre cette maladie, en se disant que, toujours en vie, il y a des beaux moments à vivre aujourd’hui, et demain.
 
Sauf que chez les proches, parfois, mon hamster me rappelle que ma mère n’est pas . Comme si j’avais besoin de le savoir. Ce qu’il ne sait pas, mon hamster, est que j’y pense plus souvent que ça. Mais il n’y a rien de plus maudissant que de se poser des questions en sachant que les réponses ne viendront jamais. Elle ne sait possiblement pas que j’ai rencontré la leucémie lymphoïde chronique. Méchante bibitte. Invisible. Inodore. Incolore. Insipide. Sans cœur.
 
Des fois, je me demande si, le temps d’un instant, assis près d’elle sur un divan, je ne me mettrais pas la tête sur une de ses épaules. Le temps d’un instant, d’un soupir, d’un battement de cœur, d’une main dans les cheveux. Que me dirait-elle, maman, à ce moment précis ?
 
Cœur qui soupire n’a pas ce qu’il désire…
 
-=-=-=-=-=-=-=-=-=-
 
.- C’est le vendredi 25 novembre à 08 heures que j’ai rendez-vous avec mon médecin oncologue pour un contrôle. C’est que je saurai si on prolonge la rémission ou si on reprend les traitements. Car il faudra un jour recommencer. Mais ça ne presse pas, au point que si on doit recommencer, je demanderai un sursis jusqu’au 10 janvier, le temps de laisser passer les Fêtes (dont la mienne). On ne devrait pas être à 4 semaines près… Je vous dirai dans les jours qui suivront le 25, le jour des « vieilles filles », comment ç'a été. Entre temps, n’oubliez pas la tire de la Sainte-Catherine. Tellement bon !
 
Joe Frazier en 2006 - photo panoramic - Le Figaro.- Joe Frazier, une légende de la boxe, est décédé lundi à l'âge de 67 ans des suites d'un cancer du foie. Il y a quarante ans, l'Américain remportait le « combat du siècle » contre son grand rival Mohammed Ali. Joe Frazier, champion du monde des lourds entre 1970 et 1973, est ce boxeur de Caroline du Nord qui a écrit quelques-unes des plus belles pages de l'histoire de la boxe grâce à sa rivalité avec Mohammed Ali, au début des années 70, quand le noble art était aussi le roi des sports. Médaillé d'or aux Jeux Olympiques de Tokyo en 1964, Frazier, surnommé « Smokin'Joe » par son entraîneur pour sa capacité à faire fumer ses gants, connaîtra son moment de gloire sept ans plus tard. Comme bien des amateurs, j’ai été surpris, il y a quelques mois, d’apprendre qu’il était très malade. 67 ans, c’est jeune pour traverser de l’autre côté. Salut, Joe ! – pour ceux ça intéresse, voir ce dossier dans Le Figaro.
 
Andy Williams - ciné-télé-revue.- Le chanteur de 83 ans vient de révéler être atteint d'un cancer de la vessie. Andy Williams, le chanteur américain âgé de 83 ans, a révélé lors d’un concert à Branson, dans le Missouri, être atteint d’un cancer de la vessie. Très populaire dans les années soixante pour son interprétation de « Moon River » et de son show télévisé, Andy Williams a déclaré que « ce n’est pas une sentence de mort, il a des gens qui s’en sortent ». Prompt rétablissement à cette voix impressionnante qui a cumulé pas moins de 18 disques d’or et 3 de platine tout au long de sa carrière. J’ai personnellement dansé, sur « Moon River », à plus d’une reprise, dans un club sur la rue Wellington, à Sherbrooke, comme j’ai fait jouer la chanson, comme bien des versions instrumentales, à la radio. Il était tellement captivant…
 
.- La Fondation du CHUS annonce que Cascades devient l'un des deux commanditaires majeurs de son prestigieux tournoi de golf, et ce, pour les trois prochaines années.Ce sera donc sous l'appellation Tournoi de golf BRP - Cascades que se déroulera la quinzième édition du tournoi au profit de la Fondation du CHUS le 20 juin prochain. Jusqu'en 2014, le Tournoi de golf BRP - Cascades versera tous ses bénéfices à la lutte au cancer  afin de permettre au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS) d'acquérir des équipements variés, de poursuivre la recherche et de soigner une vaste clientèle. Le CHUS a identifié les besoins prioritaires à combler afin de faire en sorte que les cinq équipes possédant des désignations suprarégionales puissent maintenir leur niveau d'excellenceCes équipes se retrouvent en neuro-oncologie, en ORL-oncologie, en pneumo-oncologie, en gynéco-oncologie ainsi qu'en hémato-oncologie. La directrice générale du CHUS, Patricia Gauthier, a témoigné de l'importance des dons pour les patients soignés au CHUS. «  Grâce aux profits des éditions 2010 et 2011 du Tournoi de golf BRP, nous avons pu acquérir plusieurs équipements dédiés à l'oncologie, dont  le nouveau scalpel gamma ».
 
.- Rappelons que le cancer est la première cause de mortalité au Québec, et qu'il continue de progresser. Les statistiques montrent qu'en 2011, il y aura 44 400 nouveaux cas de cancer au Québec et 20 100 en mourront.
 
.- Un mot pour notre collègue Jean Asselin. Il a toute mon admiration pour cette volonté de vivre encore de bons moments sur cette vieille terre. Pour ceux que ça intéresse, allez lire le dernier papier de Jean-Claude Leclerc sur Jean, toujours un membre de notre grande famille de L’Avantage.

La réflexion de la semaine :
 
Nos moments de lumière sont des moments de bonheur ; quand il fait clair dans notre esprit, il y fait beau. – Joseph Joubert
 
*** Note : Vous pouvez lire tous mes blogues précédents à cette adresse. Merci de me lire et de vos commentaires.





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