Sinon le plus grand, le plus spectaculaire

 Publié le mercredi, 23 novembre 2011 16:47 - par Roger Boudreau
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Le décès du fameux Hal Patterson des Alouettes de Montréal m’a beaucoup attristé. C’est grâce à lui et à Sam Etcheverry si le football est resté jusqu’à aujourd’hui mon sport préféré. À ma connaissance, ils étaient les deux seuls joueurs à recevoir un accueil chaleureux de la part des amateurs d’autres équipes de la Ligue canadienne de football.

 
Quand les Alouettes les ont échangés aux Tiger Cats de Hamilton pour Bernie Faloney et Don Paquette, j’ai cru que le glas du football venait de sonner à Montréal. Deux ans plus tard, les Alouettes jouaient la demi-finale de l’Est contre les… Tiger Cats de Hamilton. Il s’agissait à l’époque de deux parties au total des points.
 
Étudiant à Montréal, j’avais décidé de me rendre à Hamilton par train en compagnie de deux de mes amis mont-joliens, Lawrence Desrosiers et Raymond Morisssette. Le train transportait au moins 1 800 partisans des Alouetttes.
 
Après avoir perdu par 11 points à Montréal, les Alouettes conservaient espoir de retourner la situation en leur faveur à Hamilton.
 
J’étais déchiré entre mon parti pris pour les Alouettes et mon admiration sans bornes pour Hal Patterson. Ce fut un autre match serré jusqu’au 3e quart. Patterson, qui n’avait jusqu’à rien fait qui vaille, a capté une longue passe d’une quarantaine de verges pour enlever toute chance aux Alouettes de revenir de l’arrière. Instinctivement, je me suis mis à applaudir l’exploit de Patterson.
 
Hamilton l’emporta et, curieusement, je ne rageais pas du tout. Et le voyage de retour vers Montréal se fit dans la bonne humeur. Je crois que tous les partisans ou presque partageaient leur plaisir d’avoir vu sur place le grand numéro 75 à l’œuvre.
 
Patterson devait par la suite aider les Ti Cats à gagner trois fois la Coupe Grey et il resta jusqu’à la fin de sa brillante carrière mon joueur préféré.
 
Exceptionnellement, le Prince, comme le surnommaient les journalistes du temps, jouait autant à l’offensive qu’à la défensive et il fut nommé un certain nombre de fois au sein des deux équipes d’étoiles.
 
Les statistiques n’en firent pas le plus grand ailier de la ligue canadienne de football mais la réalité en fit le receveur le plus spectaculaire de toute l’histoire de la LCF.
 
Lui et Sam Etcheverry formèrent le duo le plus explosif du football canadien entre 1952 et 1960. Un directeur général stupide brisa pour des « peanuts » une combinaison qui propulsa le football canadien au firmament des sports professionnels à Montréal et dans le reste du Canada.
 
Le temps n’effaça jamais de mes souvenirs les attrapées remarquables du grand Harold Patterson qui devait gagner à l’époque quelques milliers de dollars annuellement.
 
En lisant le titre sur Cyberpresse : « Alouettes, Hal Patterson est décédé », la liste de tous mes amis d’enfance qui jouaient au « touch football » avec moi, défila dans ma tête. Je le fis savoir illico à un ami cher, Lawrence Desrosiers, dont les poursuites effrénées contre ma personne me terrorisaient.
 
Merci, Monsieur Patterson, de m’avoir fait découvrir et aimer le plus  beau sport qui soit. Pour moi.
 
 
 

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