La petite chienne

 Publié le mercredi, 04 août 2010 11:02 - par Gilles Gagné
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Avez-vous jeté dernièrement un coup d’œil sur le calendrier ? Nous sommes le 4 août. Voilà une bonne partie de l’été derrière nous, mais selon le même calendrier, nous ne sommes pas encore au milieu de l’été. Déjà nombreux sont ceux et celles qui se préparent à remiser leurs petites tenues tout en espérant que septembre sera agréable. Et la rentrée scolaire qui s’annonce et qui met sur les dents de nombreux parents.

Nous avons quand même un bel été, bien équilibré, du soleil en masse, pas de brouillard ou si peu. Nous souhaitions avant tout de la chaleur, eh bien nous l’avons eue. Oublions l’inoubliable humidité et le peu de pluie. On dirait que les gens de la météo se désespèrent pour nous chaque fois qu’ils nous annoncent des prévisions de pluie. Imaginez qu’il ne pleuve pas de l’été, où prendrions-nous alors nos si belles fraises et nos framboises d’un tel éclat ?

Vous avez déjà pris des vacances ou vous en prendrez ? C’est essentiel de prendre des vacances. Ceux qui n’en prennent pas sont généralement de mauvaise humeur une partie de l’année. Je garde comme belle image de vacances ce jeune ouvrier de la construction qui, après avoir remisé ses outils, annonçait avec un large sourire qu’il venait en Gaspésie pour voir pour la première fois de sa vie le rocher Percé en personne. Il ne partait pas à la dérive, sans but précis, comme des centaines d’autres vacanciers qui s’arrêtent là où il y a des terrains de camping gratuits. Voir le rocher Percé et mourir.

Bien sûr, nous avons eu chaud, très chaud même. Ils appellent cela la canicule, c’est surtout observable dans les grandes villes d’acier et de béton, mais elles n’en ont pas l’exclusivité. Certains coins de la Vallée de la Matapédia ou certaines petites anses de la Baie des Chaleurs peuvent parler de canicules quand le soleil frappe dure. Ce n’est donc pas une prérogative de la grande ville.

J’avais comme voisin déjà, un bonhomme au demeurant très sympathique qui parlait de chaleur, de « clavicule ». En entendant ce mot pour la première fois, il avait sûrement confondu les deux termes. Comme il ne faisait pas chaud très souvent, nous n’avions pas l’occasion d’en discuter et nous n’avons pas jugé bon de le corriger d’autant plus qu’il le disait avec une telle assurance que c’en fût gênant.

En consultant les livres – ils sont là pour ça – on apprend que clavicule vient du mot italien clavicula qui veut dire Petite Chienne qui désignait l’étoile de Sirius dans la constellation du Grand Chien. Selon l’astronomie ancienne, cette étoile se levait et se couchait avec le soleil durant la période du 24 juillet au 26 août et, durant cette période, il faisait habituellement très chaud. Ce rapprochement est maintenant caduc, mais le terme est resté. On ne saurait dire pour autant que nous connaissons un été de chien.

Je m’arrête. Il fait très chaud. La canicule aura eu le dernier mot.

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