Politique toujours

 Publié le mercredi, 10 novembre 2010 21:03 - par Gilles Gagné
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Il appartient, en dernier ressort, aux élus de décider de l’application d’une nouvelle carte électorale et non au Directeur général des élections du Québec, qu’il l’a appris à ses dépens dernièrement, alors même qu’il était en voyage en Afrique.

Le Premier ministre a répondu favorablement à la demande d’une délégation du Bas-Saint-Laurent opposée à des modifications à ladite carte qui aurait amputé la région de deux comtés, dont celui de Matane. Les élus et les partisans font une trêve dans tout ce réaménagement. Ils ont jusqu’au printemps prochain pour soumettre une solution intelligente qui n’affaiblirait pas le poids politique du Bas-Saint-Laurent à Québec, tout en ne faisant pas d’accroc à l’équité démocratique, une farce qui se prolongerait au-delà de toute vraisemblance.

On peut parier qu’au printemps prochain, le problème ne sera pas résolu. Nul député ne veut perdre son siège sans passer par une élection. Aucun parti ne voudrait s’affaiblir dans une opération de ce genre. Une exception de plus ou de moins n’entachera pas la démocratie et il n’y a qu’à ajouter des sièges de plus dans les régions urbaines, qui dépassent déjà la norme. Mais on ne réglera pas pour autant le problème de fond.

Les gouvernements, quand ils n’ont pas envie de prendre une décision, refilent la question à un comité, à une commission ou à un groupe d’élus ou de non élus. C’est le cas pour la représentation électorale dans les circonscriptions qui nous occupent. C’est simpliste, la preuve d’un manque de volonté politique.

On sent bien qu’il y a, tant à Québec qu’à Ottawa, un vide politique qui a suscité, tout au moins pour le Québec, ,. Le regroupement de personnes qui veut apporter des idées neuves ou de vieilles idées habillées au goût du jour. Il y a même dans l’air une rumeur sérieuse de fondation d’un nouveau parti politique par de vieux politiciens qui estiment que les choses ne peuvent plus aller comme elles vont présentement au Québec.

Ce soi-disant vide politique est comblé par la place que prennent certains élus municipaux. Cela démontre qu’il n’y a pas de petit pouvoir, mais tout simplement le pouvoir qu’exercent des élus en toute liberté, surtout quand ils sont réélus – d’habitude tous les 4 ans – sans opposition, la municipalité devient leur royaume et ils en viennent à ne plus rendre de compte à personne de leurs agissements. En maints endroits, les élus ont beau jeu, puisque les électeurs ne se présentent même pas à 50 %, le jour des élections. Leur réélection devient alors une formalité. On ne fait que commencer à s’interroger sur le pouvoir qui dépasse la limite de la tolérance.

Il y a une faune remarquable dans le monde municipal, à commencer par le maire de Québec, Régis Labeaume, qui se prend de plus en plus pour Dieu Le Père. Il faut y ajouter le maire de Saguenay, Jean Tremblay, qui se targue d’avoir la municipalité la mieux administrée au Canada, et cela, tout en récitant le chapelet chaque soir. Sans doute pour se donner bonne conscience.

Tant qu’il y aura des politiciens à quelque niveau que ce soit, ils auront toujours la tentation d’aller au-delà des mandats qu’on leur a confiés.

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