J’ouvre les rideaux. Je suis presque déçu. Le soleil est encore là dans un ciel sans nuages et malgré l’heure matinale, on pressent qu’il va faire beau et chaud. Encore une autre journée d’été qui devrait me réjouir, mais non. Trop c’est comme pas assez. Tout finit par lasser, même les choses les plus agréables.
J’aurais souhaité qu’il fasse maussade pour une fois depuis des semaines, histoire de changer le cours des conversations. On entame toujours une conversation sur le temps qu’il fait et, depuis des lunes, ça ne varie pas. Il fait beau, vous ne trouvez pas ? Nous n’avons pas eu un été pareil depuis 1996. Je ne m’en souviens pas, mais ça devrait être vrai.
Un été pareil, ça ne se refuse pas. Tout le monde s’est bien amusé sur le bord de son lac ou de sa rivière, à la plage ou sous la feuillée qui jetait un peu d’ombre sur les corps basanés et qui épargnait les peaux fragiles. Ce fut un été de festival, de fêtes populaires, de célébration de la nature. Chaque ville et village ont célébré à leurs façons. Nous n’avons pas perdu le sens de la fête et la façon d’accueillir ces milliers de visiteurs qui sont venus nous dire bonjour.
Joie pour les uns, tristesse pour les autres : un bambin de trois ans broyé sous les roues d’une voiture, un garçon de 18 ans qui tue sa sœur de 14 ans, des jeunes gens imprudents qui se noient dans des endroits pourtant interdits à la baignade ou qui se tuent en pratiquant ce « sport », le « carsurfing ». Voilà un bilan bref, mais encore trop lourd.
Et quelques incongruités, même pas dans l’été, il se passe beaucoup de chose. Par exemple, Sainte-Anne-de-Beaupré a manqué d’eau et la sainte n’a même pas fait un miracle. Le lui avait-on demandé ? Jean Charest perd son bras droit, mais on comprend dans la nouvelle que c’est son ministre de la Sécurité publique qui s’en va. La nouvelle pourtant se justifie du fait que le premier ministre est gaucher. Il eut été droitier, qu’il perdait son bras gauche.
Le plaisir et le tragique composent la vie quotidienne. Par ma fenêtre, j’ai vu passer des mamans, des papas, des couples poussant carrosses et trottinettes. La tendance est à la repopulation depuis quelques années. Voilà qui réjouit les vieux qui trouvent difficilement leur place dans une société qui manque supposément de ressources pour les accueillir.
Société de contradiction qui ferment des écoles et des étages complets dans les hôpitaux.





















