Si vous ne savez plus à quel saint vous vouer, malgré que l’église catholique en compte plus de 3 000, essayez donc le plus récent canonisé d’entre eux, le saint frère André que des centaines de dévots avaient canonisé bien avant dimanche dernier. L’humble portier du collège Notre-Dame, comme on l’appelle, avait déjà sa réputation de sainteté bien avant que le Vatican en fasse état officiellement. Il avait d’abord été vénérable, puis bien heureux. Il avait ses statuts depuis sa mort à 91 ans en 1937 et sa réputation avait duré jusque là.
Pour être saint, il faut sans doute mener une vie exemplaire et avoir été l’auteur de quelques miracles. Durant son procès en canonisation, il y a toujours l’avocat du diable, celui qui tente de trouver au candidat à la sainteté quelques défauts ou écarts de conduite occasionnels durant sa vie.
Il faut croire que la preuve, dans le cas du frère André était bétonnée au point de résister à un contre examen, car une cause de béatification devient un véritable procès selon les règles du droit canon et du droit tout court. Le frère André avait bien quelques moments d’impatience devant des milliers de visiteurs qui affluaient chez lui. Certain l’importunaient avec des problèmes de la vie courante ; le rhume et leurs maux d’oreilles. Par exemple, il trouvait les femmes trop écourtichées et trop décolletées à son goût et il leur en faisait la remarque.
Sa communauté en a pris un dur coup récemment dans une émission de télévision sur les actes de pédophilies qu’on reprochait à des frères de son collège. Mais de toute manière, le procès étant déjà conclu, Rome et le frère André étaient déjà au-dessus de tout ça.
Dans son temps, des gens l’ont tenu pour un charlatan ou un guérisseur qui donnait quelques conseils avec lesquels il tentait de remédier aux maux dont ses visiteurs se plaignaient et leur proposait des remèdes de bonhomme 7 heures. Des médecins furent en bute contre lui, du fait qu’il renvoyait simplement chez eux, des gens qui auraient eu besoin de chirurgie.
Comme la canonisation a eu lieu durant la semaine des sauvetages des mineurs chiliens à Copiaco, certains ont voulu y voir une intervention du bon frère André. C’était sauter plus vite à un autre miracle du bon portier de Notre-Dame. Non, le sauvetage de ces mineurs a été un miracle d’endurance humaine, de solidarité peu commune de tout un peuple. De toute manière, s’il y a eu intervention surnaturelle, il faudrait plutôt la créditer à Sainte-Rose-de-Lima, patronne de l’Amérique du Sud.
Au fait, avez-vous votre saint patron ? Si vous êtes chasseurs, c’est saint Hubert, cordonnier c’est saint Crépin, si vous êtes banquier, saint Mathieu, musicien, sainte Cécile, vigneron, saint Vincent, écrivain, saint François de Sales, si vous êtes une fille repentante vous faites affaires avec Marie-Madeleine et sainte Cunégonde en passant par saint Martin, fort occupé celui-là, comme patron des piétons. Les pompiers combattent les incendies en invoquant sainte Barbe s’ils en ont le temps bien entendu.
Le saint frère André, lui, de qui deviendra-t-il le patron ? Des portiers sans aucun doute. Ce métier qu’il a occupé jusqu’à un âge très avancé.





















