Il y a quelques mois à peine, personne, hors des cercles d’initiés, ne s’interrogeait sur la procédure de nomination des juges de juridiction du Québec. Il a fallu quelques propos d’un ex-ministre de la justice pour qu’on commence à douter de l’équité du système.
Le gouvernement, premier ministre en tête, s’est senti visé dans la façon de nommer les juges, ce qui a mené à la mise sur pied d’une commission dite Bastarache, du nom de son président. Il y a des semaines que la commission siège. Sommes-nous rendus plus loin dans notre compréhension de la procédure ? Il y en a une, certes, mais le ministère public l’accommode à son goût selon les impératifs de la politique. Rien de neuf là-dedans. Il faut faire preuve d’angélisme pour ignorer que dans ce domaine aussi, il doit y avoir certaines affinités politiques, il faut être du bon bord, personne n’en doute. Il y a encore des juges libéraux, des juges de l’Union nationale et des juges péquistes. Il serait difficile de ce fait de douter de leur comportement, de leur impartialité. Même des ex-députés ont accédé à la magistrature.
Il reste qu’on se demande qui, dans cette commission, dit la vérité, qui frôle le mensonge. Une demi-vérité ne fait pas la vérité et un demi-mensonge encore moins. Le serment a-t-il encore une signification ou est-il devenu une caricature ? Le parjure fait-il encore peur, comme dans une autre commission, celle du juge Gomery ?
Dans cette dernière, il y avait des personnages pittoresques, certains loufoques, enfin toute une pléiade de fraudeurs qui faisaient peu de cas de la moralité dans l’usage des fonds publics. Le juge Bastarache ne deviendra pas une vedette de la télévision comme le juge Gomery qu’on arrêtait sur la route pour lui demander son autographe.
Ces commissions s’avèrent davantage une chasse à l’homme qu’une recherche de la vérité. Très souvent, leurs rapports n’ont que peu de retentissement et s’en vont dormir paisiblement sur des tablettes déjà poussiéreuses et très encombrées. Si cette commission Bastarache a été mise sur pied seulement pour régler des conflits personnels entre deux politiciens, elle devient alors inutile, futile, et beaucoup trop coûteuse pour les contribuables.
Deux pigeons s’aimaient d’amour tendre et l’histoire d’amour n’a pas de suite.





















