Éternel recommencement

 Publié le mercredi, 20 janvier 2010 04:51 - par Gilles Gagné
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On a utilisé tous les substantifs et qualificatifs pour décrire le séisme qui a frappé Haïti, surtout Port-au-Prince et les villes de la grande banlieue, il y a une semaine. Il faudrait inventer un vocabulaire nouveau, ce que les commentateurs sont venus près de réaliser. Et que dire des images, chaque réseau s’efforçant de montrer les plus pénibles.

En simple téléspectateur, j’ai suivi cet événement qui a remué le monde. Je me suis demandé en plusieurs occasions si ce déferlement de nouvelles plus ou moins avérées, de rumeurs, de démentis suivis de confirmation de la nouvelle n’allait pas au-delà du drame.

Plus on parle d’un désastre de cette ampleur, plus on lui donne une dimension surréelle ou au contraire, on tend à en réduire l’impact sinon à le banaliser. On le verra avec le temps.

Autre question sur l’aide internationale : y avait-il à un moment ou l’autre trop d’organismes humanitaires, trop de personnel de toutes les compétences ? N’était-ce pas là l’origine de la difficulté de coordonner toute cette opération à maîtriser cette logistique dont on a tant parlé ? Dans ces situations, il faudrait éviter de se piler sur les pieds.

La terre s’agite constamment. Il y a quotidiennement des secousses sismiques, les unes perceptibles et de densités variables, les autres à peine décelables. L’échelle de Richter n’a pas de limite, mais on n’a jamais enregistré plus de 9 degrés. Quand on monte d’un degré, la force du séisme est dix fois plus importante qu’au degré précédent. Magnitude 7, c’est la dévastation, le désordre, le chaos, une image de fin du monde.

Historiquement, et pour faire court, l’Espagne cède Haïti à la France en 1795 et conserve l’autre partie de l’île Hispagnola qu’on appelle aujourd'hui République dominicaine. Puis les Français en sont expulsés. Vient ensuite une succession d’empereurs auto-couronnés.

Les États-Unis occupent le pays de 1931 à 1957. Arrive ensuite François Duvalier qui s'autoproclame président à vie. Le dictateur règne en maître absolu de 1971 à 1986. Son fils Jean-Claude prend la relève, un gros garçon gras qui a l’air d’un parfait idiot. Une crise politique l’oblige à s’exiler en France. Le père Aristide prend la barre. Préval arrive en 1995 et, depuis, Haïti est dans une crise politique interminable, et ce, dans un contexte économique permanent et une misère qui ne cesse de croître.

Un rapide survol de l’histoire d’Haïti nous donne à penser que ce pays n’a jamais connu le bonheur malgré quelques périodes de prospérité que lui apporta la culture du sucre et du café. La perle des Antilles est ternie encore une fois par un désastre épouvantable. Il faut lui redonner son lustre en la débarrassant de ses politiciens véreux et de la domination extérieure. De même, il faut presque repartir de zéro. Ce sera long, très long, mais un miracle reste possible.

Reconstruire s’avère encore plus ardu que détruire, surtout quand les éléments naturels semblent s’acharner sur cette terre de soleil. Il ne faut pas y voir la malédiction du ciel, ce que d’aucuns pourraient penser. Le ciel ne choisit personne pour le malheur. La nature imprévisible s’en charge.

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