J’entendais l’autre jour à la télévision une nouvelle annonçant la fermeture, en septembre, de l’école d’une paroisse rurale du Bas-Saint-Laurent. Il ne s’y trouve que six élèves, et de degrés différents. Quelle tâche pour un enseignant !
Ce n’est pas la première école à fermer en milieu rural et ce ne sera pas la dernière. Les commissaires d’écoles hésitent toujours devant la décision de fermer une école.
L’école est un point d’ancrage d’une paroisse, comme l’église et le presbytère dont certains sont déjà privés en tout ou en partie. On comprend pourquoi ces populations sur le déclin résistent farouchement à la fermeture de leur école même si celle que leurs enfants vont fréquenter sont qu’à quelques kilomètres de chez eux. Certains parents ont toujours la crainte du transport d’écolier, et les contacts sociaux avec un autre milieu leur causent des soucis pour les enfants. Jusqu’à quel point de non-rentabilité pédagogique et financière peut-on se rendre avant de mettre la clé sur la porte d’une école ? Mais, il faut à un moment donné s’y résoudre.
Il n’y a pas que le milieu rural qui écope. Combien d’écoles petites, moyennes et grandes ont subi le même sort en milieu urbain ou s’apprêtent à passer au couperet.
La revanche des berceaux a cessé de produire ses effets. Ils ont atteint une pointe au milieu des années 50 et au début des années 60. Alors on s’est mis à construire des écoles, des grandes surtout, en pensant que la fertilité des couples québécois allait se perpétuer. Des démographes sceptiques prédisaient le contraire. Mais pour l’heure, il fallait éduquer toute cette jeunesse. Puis, quand vint le moment pour les familles de décider qu’elles n’allaient pas fournir le même effort que leurs devancières, les écoles devinrent trop grandes et se retrouvèrent quasiment sur le marché immobilier comme des églises devenues musées ou salles de spectacles.
C’est ramener l’histoire à sa plus simple expression, mais l’école de mon enfance, vieillotte et assez mal en point, est à vendre.
Je me rappelle que cette école était tellement pleine qu’à un moment donné de son histoire, il a fallu loger une classe au deuxième étage de la maison du bedeau sise tout près, que d’aucuns appellent toujours ainsi. Au cours du temps, elle a subi quelques modifications mineures, mais elle a toujours belle allure. Chaque fois que je passe dans les environs, elle me rappelle des souvenirs heureux.





















