Bombardé de toutes parts de conseils sur l’alimentation, assiégé de toutes les manières par des experts sur les façons de se bien ou de se mal nourrir, on en vient à ne plus savoir quoi manger ou ne pas manger. Éviter le sel et le sucre, attention aux viandes trop ou pas assez cuites, se servir d’huile végétale plutôt que de beurre, manger des fruits, des légumes, des poissons. La litanie pourrait se poursuivre indéfiniment.
Je ne sais plus quoi faire de tous ces guides alimentaires qui se bousculent à la sortie des presses. Je me prends alors à penser qu’il y a, en Afrique par exemple, plus de gens qui se nourrissent d’insectes qu’il y a de Nord-Américains qui disposent quotidiennement de leur quota d’œuf, de lait et de fromage. On dit que les sauterelles ont un goût délicieux.
Cela me rappelle aussi l’histoire de cet Arabe qui, dans sa tente, à la lueur d’une chandelle, se prépare à manger son repas du soir fait exclusivement de dattes. Il en examine une puis deux, puis trois et remarque que chacune a des vers. Il souffle alors sa chandelle et mange sans hésitation les dattes qui restent.
En Chine, le chien, le chat et le rat restent encore et comme toujours au menu de millions de Chinois. Quand on est un milliard et demi à devoir se nourrir, il ne faut pas faire la petite gueule. Que diriez-vous d’un gigot de chien ?
Je me demande si on ne devrait pas faire comme l’Arabe, symboliquement s’entend, se libérer de tous les diktats des gourous de l’alimentation. Des gens n’admettent pas qu’on puisse cuisiner sans sel ni condiments plutôt épicés. Ils en ajoutent même avant de goûter. Les habitants du bord de mer hument à la journée longue l’air marin chargé de sel et on nous dit que c’est excellent pour la santé.
Je me suis laissé dire que deux cornichons et demi par jour fournissent tout le sel dont votre organisme a besoin pour la journée, ou pour la semaine, je ne sais guère. Tout dépend de la grosseur du cornichon et de sa salinité.
J’ai toujours assimilé les mots cornichon et chameau parce qu’on s’en sert comme insulte. As-tu vu ce chameau faire le beau ? Vise-moi ce cornichon qui embête tout le monde. Notez que cornichon n’a pas de féminin et on se voit mal traiter une femme de chamelle.





















