J’écoutais, il y a quelques semaines, à la radio des propos qu’y tenait Pierre Legaré, l'un des meilleurs humoristes du Québec qui, malheureusement, se fait rare depuis assez longtemps.
Il y parlait notamment de l’intervention de ceux qu’on appelle les experts pour solutionner des problèmes apparemment complexes.
Il revenait en particulier sur les problèmes que l’on connaît dans les urgences des hôpitaux. Pourquoi ne pas en parler avec des employés qui, sans être des professionnels, gravitent dans ces milieux en tant que préposés, par exemple à l’entretien ménager, au service des repas et autres tâches connexes.
On pourrait y apprendre de ces observateurs quotidiens des choses qui aideraient à la solution de situations qui ne semblent pas avoir de fin.
Pour poursuivre dans la veine de M. Legaré, on pourrait se demander : si les patrons de Toyota avaient fréquenté les lignes de montage de leurs usines n’auraient-ils pas saisi çà et là des commentaires de leurs ouvriers sur la qualité de certaines pièces, ce qui leur aurait évité les déboires que l’on sait.
La prise de décision est un art que ne maîtrisent pas tous les patrons. La consultation ne nuit pas. Il y a la technique du nœud gordien, nette, précise et sans appel.
Le nœud gordien ? Une vieille histoire qui remonte à l’Antiquité. Ce nœud extrêmement complexe qui attachait le joug au timon du char de Gordius, un roi de l’époque. Ce nœud était conservé dans le temple de Gordium. Personne ne pouvait le dénouer. Alexandre le Grand s’y essaya un bout de temps, mais il n’avait guère de goût pour s’occuper de ces balivernes de foire de campagne. Il prit son épée et trancha ledit nœud sans hésitation d’un cou sec et d’autant plus allégrement qu’un oracle lui avait prédit qu’il allait conquérir une partie de l’Asie s’il parvenait à défaire ce sacré nœud. Plus de nœud, plus de gordien. Le mot n’était plus bon qu’à passer à l’histoire.
Alexandre frappa d’autres nœuds dans ses campagnes guerrières. Il en vint tout de même à établir un vaste empire avec Babylone comme centre. Il avait un peu plus de trente ans quand il mourut. Cela se passait 350 ans avant Jésus-Christ.
Vous avez sans doute dans le cours de votre vie frappé des nœuds, gordiens ou pas, mais qui vous ont amené à décider pour le meilleur ou pour le pire. Avez-vous utilisé la méthode d’Alexandre ou celle de la patience ? Les seuls nœuds qui m’ont vraiment exaspéré sont ceux que j’ai faits dans les lacets de mes bottines. N’ayant pas d’épée sous la main, j’ai pris des ciseaux.





















