Le billet de R. Boudreau
Erreur sur la personne
Écrit par Roger Boudreau Lundi, 26 Décembre 2011 11:12
Dans ma tendre enfance – disons vers 7 ou 8 ans – il y avait un individu détestable qui demeurait à quelques maisons de la nôtre. Sa grande passion était sa petite fille qu’il adorait et à laquelle il interdisait de jouer avec les autres gosses. Sans doute n’étions-nous pas assez bien pour elle.
Elle sortait rarement seule de chez elle. Mais, même accompagnée de son papa chéri, les copains ne se privaient pas de lui « crier des noms ». Son père, un homme apparemment violent, du moins en donnait-il l’air, nous lançait des imprécations.
Un hiver, sans doute pour se venger de ces petits morveux qui s’en prenaient verbalement à sa petite fille chérie, il mit du gros sel sur la glace de notre patinoire extérieure. Encore aujourd’hui, je ne saurais vous dire, sans un pincement de cœur, dans quel mauvais état était notre patinoire quand nous l’avions foulée le lendemain matin du « drame ».
Pendant quelques jours, tous les jeunes ragèrent et pestèrent contre le coupable qu’ils avaient déjà tout désigné : le papa détestable (!) de la petite fille.
Il fut décidé que nous nous vengerions de lui au moment propice. À 7 ou 8 ans, la patience n’est pas nécessairement une qualité qui se pratique quotidiennement. Et nous, nous mourions d’envie de lui rendre la monnaie de sa pièce d’une façon ou d’une autre.
Malgré les mises en garde des parents, quelques-uns d’entre nous lancèrent des pierres dans les fenêtres de son loyer. Le petit manège dura quelques jours. Le monsieur mangeait littéralement ses bas et promettait d’en faire voir de toutes les couleurs à celui qu’il attraperait par le chignon du cou.
On refit la glace et lors de matchs de hockey, la rondelle, comme par un heureux hasard, atterrissait régulièrement dans les fenêtres ou la porte de la propriété du méchant monsieur. Nous imaginions avec un plaisir féroce qu’il devait être au bord de l’apoplexie.
Le coup de grâce fut asséné quelques semaines plus tard lorsqu’un des nôtres qui s’amusait avec une roue - même si c’était l’hiver – la lança délibérément en direction de la fillette. À peine si la roue effleura la jeune fille mais les cris de mort qu’elle poussa mirent son père hors de lui.
Il promit une volée à tous les « bums » - autrement dit « nous » – de la rue Notre-Dame même si cela devait lui prendre un an.
Pendant quelques jours, la terre s’arrêta de tourner et tous les jeunes se tinrent peinard. Laissons gronder la tempête était le mot d’ordre.
Bien sûr, comme tous les gosses, nous fanfaronnions, bien cachés dans nos forts de neige. « Qu’il vienne et on va lui payer la traite ».
Puis, une « nouvelle » sensationnelle tomba sur nos bunkers : celui qui avait étendu du gros sel sur la patinoire n’était peut-être par le père de la fillette mais un jeune « voyou » d’une quinzaine d’années. Pour le « fun » devait-on apprendre plus tard.
La rumeur circula dans le quartier comme un coup de vent. Curieusement, il n’y eut plus jamais c’accrochages entre lui et les petits garnements du coin. Sa fille ne joua pas plus avec nous qu’auparavant mais au moins nous la laissions tranquille.
Il s’installa une sorte de trêve qui tint bon. Je déménageai du « bout d’la shop » vers l’âge de 14 ans et je n’entendis plus jamais parler de cet homme et de sa fille qu’il surprotégeait.
J’en retirai tout de même une bonne leçon, celle de taire mes préjugés et de juger sans preuve aucune. Rien que pour cela, l’histoire de ce père trop aimant restera à jamais gravée dans ma mémoire.
Ajouter un commentaire
Le mal a des ailes et le bien va à pas de tortue!
Écrit par Roger Boudreau Mercredi, 30 Novembre 2011 17:14
Un journaliste passe deux heures en compagnie d’un ami, un homme d’affaires qui a réussi, et ils décident que le contenu de leur conversation restera confidentiel. Le journaliste ne prend aucune note et l’homme d’affaires s’épanche, en sachant que rien ne sera publié.
À la fin de leur entretien qui a porté particulièrement sur les affaires, les siennes, la politique, leur vie personnelle ainsi que l’humour qu’ils manient tous les deux assez bien merci, l’homme d’affaires lance tout de go : « vas-y, écris-moi un article, je te fais confiance ».
La rencontre entre le président-directeur général de Bois BSL, Gino Ouellet et le journaliste de l’Avantage, l’auteur de ces lignes, a eu lieu, mercredi dernier, entre 14h et 16h dans les locaux du siège social de Bois BSL à Mont-Joli.
Fausses les rumeurs et insinuations assassines voulant que Bois BSL soit au bord de la faillite et que son grand patron soit aux prises avec une dépression. Vraies que les affaires ne tournent pas aussi bien qu’au début des années 2000, le bois n’étant pas le meilleur secteur au Québec actuellement. « De l’argent, il en rentrait alors à pleines portes au point où j’ai encore du mal à le croire » dit Gino.
Descente aux enfers de la vente de planchers de bois franc mais croissance surprenante de celle des bûches énergétiques par rapport à l’année dernière. Son pifomètre prédit un avenir très prometteur aux bûches énergétiques mais s’attend à ce que le secteur du plancher de bois franc en arrache encore durant un an ou deux.
C’est le prix le plus bas qui décrochera la timbale dans la vente de planchers de bois franc assure Gino qui dit vouloir mettre tous les efforts inimaginables pour rester parmi les meilleurs, comme toujours.
En mai prochain, Bois BSL investira de 3 à 4 millions de dollars pour automatiser ses usines de Mont-Joli, ce qui inévitablement poussera au chômage de nombreux travailleurs. De choix il n’a pas. S’il regarder passer « la parade », jamais plus son entreprise ne redeviendra dans la course.
Toutes les possessions de Bois BSL ailleurs qu’à Mont-Joli seront rapatriées dans le parc industriel créant ainsi des emplois pour les travailleurs de La Mitis.
Actuellement, Gino Ouellet se réjouit de faire ses frais compte tenu de l’état faiblard, pour dire le moins, de ses marchés. Un simple petit coup d’œil sur la situation économique des États-Unis explique tout ou beaucoup.
Les tirs groupés de « piliers de tavernes » - comme il les appelle – qui n’ont jamais apprécié que Bois BSL ait bénéficié de subventions ou prêts des deux ordres de gouvernement, lui ont fait mal….même s’il ne le dira jamais ouvertement. Un peu et on lui reprocherait d’avoir été avant-gardiste et d’avoir connu un succès pharaonique.
Homme d’affaires avisé, talentueux, il a eu le mérite de faire fructifier ces prêts et subventions, et procurer de l’emploi à des centaines de jeunes d’ici. Plutôt que de le jalouser, c’est le tapis rouge qui aurait dû être déroulé pour sa réussite. Quoiqu’il advienne.
« Je crois en avoir fait pas mal pour mes semblables au cours des dernières années et malgré des temps plus difficiles en raison de la conjoncture actuelle mon entreprise contribue financièrement à toutes sortes d’organismes » aime-t-il à préciser.
Gino prend malgré tout plus de temps pour lui et sa petite famille, passe ses fins de semaine à son chalet de St-Damase et regarde avec fierté ses 38 000 entailles d’érables.
Quant aux discussions portant sur la politique, notre vie personnelle, l’humour caustique, le silence est d’or.
Ah oui! Gino a changé. Il a un petit peu plus de cheveux cendrés!
Mon père n'était pas le plus fort mais le plus bon!
Écrit par Roger Boudreau Dimanche, 19 Juin 2011 10:48
J’aimais mon père et pourtant aussi loin que remontent mes souvenirs je ne me rappelle pas de le lui avoir dit une seule fois. Il y a quelques décennies nous exprimions difficilement notre amour par de tendres paroles comme « je t’aime papa ». Et puis les grosses familles freinaient les élans individuels de nos parents.
Au milieu de la vingtaine, il s’est érigé insidieusement un mur entre mon père et moi sans que nous n’en sûmes jamais la véritable raison. Jamais de gros mots, aucune dispute, mais chacun restait invariablement sur son quant-à-soi. J’ai habité avec mes chers parents jusqu’à l’âge de 32 ans, mais c’est surtout avec ma mère que j’entretenais des conversations soutenues. Le travail de mon père au Canadien National le retenait à l’extérieur de la région plusieurs jours par semaine.
Puis, à sa retraite, il a emménagé avec ma mère dans la maison que j’avais achetée parce qu’ils craignaient ne pas avoir les moyens de payer leur loyer de la rue Hôtel-de-Ville. Mon père réparait tout ce qui lui tombait sous la main et il se mit à jardiner pour la première fois de sa vie. Il respirait le bonheur. J’avais trouvé une façon bien terre à terre de lui exprimer tout mon amour. Je souhaitais qu’il comprenne le message.
De temps en temps, nous nous installions tous les deux dans le portique pour engager une conversation. Les silences étaient plus nombreux que les paroles. J’espérais toujours, malgré tout, que la conversation dévia sur nos sentiments réciproques. Rien à faire. Mon père m’aimait, je n’en ai jamais douté. Moi, je le respectais mais j’étais incapable de lui signifier mon amour.
Je m’en voulais énormément d’être si timide avec l’auteur de mes jours. Nous étions, en fait, l’un et l’autre, victime de l’éducation conservatrice de ses propres parents. Un garçon d’un certain âge ne pouvait pas décemment dire à son père qu’il l’aimait. C’était comme un signe de faiblesse.
Je crois malgré tout qu’il comprenait mon désarroi car il était toujours un peu surpris de constater mon intérêt soudain pour sa compagnie. Il appréciait sûrement ces moments d’intimité. Au fil des semaines, il finit par me parler de ses débuts au Canadien National à l’âge de 14 ans, de ses relations avec ses patrons, tous des anglophones, sauf le dernier avant sa retraite, de la politique et de son idole, Réal Caouette. Bien sûr, il avait le souvenir facile de la naissance de chacun de ses enfants.
Au début de la soixantaine, il aurait pu obtenir une promotion mais il ne voulait absolument pas diriger du personnel. Il craignait l’injustice comme la peste. Une facette de sa personnalité qui me fit l’en apprécier davantage.
Puis, un jour, je l’entendis dire à ma mère : « tu sais Isabelle on est trop bien, j’ai peur qu’ils nous arrivent un malheur quelconque ». Paroles prophétiques car quelques mois plus tard, un cancer généralisé devait l’emporter. La veille même de sa mort j’ai eu avec lui une conversation trop brève mais pleine de tendresse. Mais je n’ai pas eu le courage de lui combien je l’aimais. Combien j’avais apprécié les innombrables sacrifices qu’il s’était imposés pour faire vivre honorablement sa famille.
Ma peine de le voir s’en aller si jeune – il n’avait que 70 ans – était trop grande pour lui dire les paroles qu’il attendait depuis si longtemps.
J’aurais tant voulu lui dire combien moi, mes frères et mes sœurs avions apprécié sa bonté, sa douceur, sa droiture, son intégrité, ses colères feintes ou réelles, sa joie de vivre en vacances, son amour pour notre mère et notre famille.
Il y a quelques années, en longeant un ruisseau, cours d’eau que mon père affectionnait particulièrement parce qu’il y pêchait souvent au retour de son travail, je me suis rappelé qu’un jour j’avais passé l’un de mes bras autour de ses épaules pour l’aider à franchir un obstacle. Nous nous étions regardés, un peu effrayés, je crois, par ce simple geste d’entraide.
Je n’étais jamais venu aussi près de lui dire tout mon amour. Ces instants magiques, je ne les ai jamais oubliés. Ils remontent à la surface à chaque anniversaire de la fête des papas.
Depuis quelques années, grâce à une amie très chère et très perspicace, je me rends régulièrement sur sa tombe pour reprendre le temps perdu et lui dire tout ce que j’aurais dû lui dire de son vivant.
Et je quitte le cimetière l’âme en paix.
Il est devenu grand le petit dirigeant de la balle-molle
Écrit par Roger Boudreau Mercredi, 11 Mai 2011 10:10
Le petit garçon de 13 ans qui dirigeait la balle-molle à Sainte-Flavie est devenu, le 2 mai dernier, le député fédéral de Haute-Gaspésie-La Mitis-Matane-Matapédia après un marathon de deux ans. Deux ans à parcourir un vaste territoire où, sauf La Mitis, il était peu connu.
Jean-François Fortin est né à Sainte-Flavie dans une famille de cinq enfants. Ses parents y vivent toujours. Celui qui lui servait de modèle, Léon Gaudreault, et un conseiller sur le départ – qui a finit par revenir – Jean Guimond, l’ont invité à solliciter un poste de conseiller municipal. Plus tard, à l’occasion d’une élection complémentaire il devient maire de sa municipalité natale.
Brillant mais toujours désireux d’apprendre il a choisi deux congés sabbatiques, l’un pour apprendre l’anglais aux États-Unis, un autre pour visiteur l’Europe et réaliser des projets personnels tout en suivant des cours dans une université. Il détenait déjà un baccalauréat en sciences politiques, un certificat d’étude sur l’Union européenne, et un cours de deuxième cycle en enseignement.
En 2003, il fonde avec des amis une organisation non gouvernementale de solidarité et de développement international soit le Carrefour international Bas-Saint-Laurent pour l’engagement social, le CIBLES. Le Carrefour a réalisé plusieurs missions à l’étranger, notamment en Amérique latine, en Asie ou en Afrique.
La politique, il l’a dans le sang, cela ne fait aucun doute. Des loisirs, il en compte quelques-uns dont la pratique du hockey intérieur, le ski alpin, les randonnées en montagne et la lecture.
Toutes sortes de lecture :romans policiers, science-fiction et…espionnage. « J’adore trouver l’énigme » dit-il. Il a aussi lu les grands classiques.
Le cinéma maison, la bonne bouffe, surtout les mets internationaux, sont d’autres plaisirs de la vie de ce grand jeune homme simple dont la voix douce exerce à coup sûr une influence certaine sur ses interlocuteurs. Il n’a pas les foie bilieux.
Il a l’air timide, gêné aux entournures, mais il ne l’est pas du tout. Il a prononcé une trentaine de conférences dans des pays lointains comme la Palestine (région historique du Proche Orient),le Sénégal, l’Inde, Cuba et le Brésil.
Il se décrit lui-même comme un ardent défenseur de l’expression démocratique et de l’exercice de la citoyenneté sous toutes ses formes. Le genre à convoquer le ban et l’arrière-banc pour obtenir un large consensus.
Habile, il ne craint pas les esquives, les acrobaties verbales pour atteindre ses objectifs.
Plusieurs voient en lui un meneur. Est-ce le fruit du hasard mais l’auteur de ces lignes a appris que notre député habiterait le logement de… Gilles Duceppe à Ottawa!
Après le logement, peut-être un jour le siège du chef au Parlement? À moins que le Bloc ne se remette plus jamais de sa cuisante défaite.
Pour l’instant, il fera ses classes avec l’intelligence et le dévouement que tous lui reconnaissent, même ceux et celles qui ont voté pour ses adversaires.
Pour toi maman!
Écrit par Roger Boudreau Dimanche, 08 Mai 2011 07:28
Je suis allé voir ma maman à l’occasion de la Fête des Mères. Je me sentais coupable d’avoir espacé mes visites ces dernières années. Coupable et honteux.
En cours de route, pensées, souvenirs et émotions se télescopent dans mon cerveau. Pour ne pas avoir à nous donner la fessée, elle haussait le ton : « Attendez que votre père arrive, il va s’occuper de vous autres ». Mon père qui travaillait souvent à l’extérieur n’en faisait strictement rien, trop heureux de revoir sa marmaille.
Je reste toujours persuadé que ma mère n’a jamais colporté à mon père nos mauvais coups. Ma mère a quitté tôt les bancs d’école , mais elle était détentrice de plusieurs « diplômes »comme sans doute la plupart des mamans des années 50 : cuisinière hors pair, éducatrice de premier plan, fine couturière, infirmière douce et patiente et professionnelle de l’entretien ménager.
Elle était dans la quarantaine avancée quand elle a mis au monde son dernier bébé, une surprise qui chamboula la vie de toute notre famille. Les tendres regards qu’elle posait sur ma jolie petite sœur me firent comprendre que j’avais tort de penser que le dernier rejeton n’était qu’une bouche de plus à nourrir. Plutôt un cadeau du ciel pour mes parents.
Le décès d’un de mes frères à l’âge de 44 ans lui fit une peine sans nom. J’ai dès lors compris que les parents ne doivent pas survivre à leurs enfants. À la mort de mon père en 1976, elle m’étonna par son grand courage. Au cours des années suivantes, elle se cramponna à la vie en élargissant son cercle d’amies tout en maternant de près ou de loin ses enfants et ses petits-enfants.
Me semble-t-il, les bas de la vie n’avaient plus prise sur elle.
En tournant dans l’entrée de sa « demeure », j’ai des papillons dans l’estomac et, bizarrement, mon coeur bat à un rythme accéléré. Je suis là depuis cinq minutes et je bafouille des « je t’aime maman », « je suis désolé ».Puis, telle une digue se rompant, j’enfile les phrases si longtemps retenues : « Non seulement, je t’aime mais je t’admire pour tout ce que tu as fait pour moi et mes frères et sœurs. Toute une vie consacrée à ta famille, entrecoupée de vacances bien sobres, jamais de cinéma, de spectacles, encore moins de grandes sorties ».
Comment as-tu fait pour être heureuse? Je sens l’inanité de ma question. Elle m’écoute sans mot dire. Ce silence pesant ajoute à mon désarroi et, n’arrivant plus à réprimer mon chagrin, je pleure. Secoué, hoquetant, je lui promets solennellement de revenir la voir plus souvent, pas seulement à la Fête des Mères.
J’éprouve une certaine gêne à prendre pareil engagement. Après tout, elle m’a tricoté. Je reste auprès d’elle plus d’une heure. L’âme en paix, je quitte tout doucement le…cimetière. Maman y repose depuis 1991.
Une brise me caresse le visage, le soleil se bat pour percer les nuages. Il fait un tout petit peu frisquet mais mon corps entier est envahi par une chaleur bienfaisante.
En franchissant les portes du cimetière, je murmure tendrement à son intention: merci d’avoir été ma maman.
(Depuis que j’ai rédigé ce texte en mai 2008, j’ai respecté mon engagement en lui rendant visite au cimetière plusieurs fois par année. Mais, en fait, ai-je vraiment besoin de lui rendre visite aussi souvent, elle est toujours présente dans mon coeur).
Plus d'articles...
Page 1 sur 2
![]() |
© Les publications L’Avantage Tous droits réservés.
Conception, programmation, hébergement, Les publications L’Avantage
Tél. : 1 877 722-0205 |




















