Le billet de R. Boudreau
Pour toi maman!
Écrit par Roger Boudreau Dimanche, 08 Mai 2011 08:28
Je suis allé voir ma maman à l’occasion de la Fête des Mères. Je me sentais coupable d’avoir espacé mes visites ces dernières années. Coupable et honteux.
En cours de route, pensées, souvenirs et émotions se télescopent dans mon cerveau. Pour ne pas avoir à nous donner la fessée, elle haussait le ton : « Attendez que votre père arrive, il va s’occuper de vous autres ». Mon père qui travaillait souvent à l’extérieur n’en faisait strictement rien, trop heureux de revoir sa marmaille.
Je reste toujours persuadé que ma mère n’a jamais colporté à mon père nos mauvais coups. Ma mère a quitté tôt les bancs d’école , mais elle était détentrice de plusieurs « diplômes »comme sans doute la plupart des mamans des années 50 : cuisinière hors pair, éducatrice de premier plan, fine couturière, infirmière douce et patiente et professionnelle de l’entretien ménager.
Elle était dans la quarantaine avancée quand elle a mis au monde son dernier bébé, une surprise qui chamboula la vie de toute notre famille. Les tendres regards qu’elle posait sur ma jolie petite sœur me firent comprendre que j’avais tort de penser que le dernier rejeton n’était qu’une bouche de plus à nourrir. Plutôt un cadeau du ciel pour mes parents.
Le décès d’un de mes frères à l’âge de 44 ans lui fit une peine sans nom. J’ai dès lors compris que les parents ne doivent pas survivre à leurs enfants. À la mort de mon père en 1976, elle m’étonna par son grand courage. Au cours des années suivantes, elle se cramponna à la vie en élargissant son cercle d’amies tout en maternant de près ou de loin ses enfants et ses petits-enfants.
Me semble-t-il, les bas de la vie n’avaient plus prise sur elle.
En tournant dans l’entrée de sa « demeure », j’ai des papillons dans l’estomac et, bizarrement, mon coeur bat à un rythme accéléré. Je suis là depuis cinq minutes et je bafouille des « je t’aime maman », « je suis désolé ».Puis, telle une digue se rompant, j’enfile les phrases si longtemps retenues : « Non seulement, je t’aime mais je t’admire pour tout ce que tu as fait pour moi et mes frères et sœurs. Toute une vie consacrée à ta famille, entrecoupée de vacances bien sobres, jamais de cinéma, de spectacles, encore moins de grandes sorties ».
Comment as-tu fait pour être heureuse? Je sens l’inanité de ma question. Elle m’écoute sans mot dire. Ce silence pesant ajoute à mon désarroi et, n’arrivant plus à réprimer mon chagrin, je pleure. Secoué, hoquetant, je lui promets solennellement de revenir la voir plus souvent, pas seulement à la Fête des Mères.
J’éprouve une certaine gêne à prendre pareil engagement. Après tout, elle m’a tricoté. Je reste auprès d’elle plus d’une heure. L’âme en paix, je quitte tout doucement le…cimetière. Maman y repose depuis 1991.
Une brise me caresse le visage, le soleil se bat pour percer les nuages. Il fait un tout petit peu frisquet mais mon corps entier est envahi par une chaleur bienfaisante.
En franchissant les portes du cimetière, je murmure tendrement à son intention: merci d’avoir été ma maman.
(Depuis que j’ai rédigé ce texte en mai 2008, j’ai respecté mon engagement en lui rendant visite au cimetière plusieurs fois par année. Mais, en fait, ai-je vraiment besoin de lui rendre visite aussi souvent, elle est toujours présente dans mon coeur).
Ajouter un commentaire
Un maire intello à Les Hauteurs!
Écrit par Roger Boudreau Mardi, 12 Avril 2011 16:51
Les Hauteurs : 560 personnes. Son nouveau maire depuis une quinzaine de mois, Noël Lambert, y habite seulement depuis 2008! Né à Sainte-Sophie de Mégantic dans une famille de quatre enfants, Noël Lambert, bien qu’il n’en donne pas toujours l’allure, est un intello.Voyez le parcours : baccalauréat en géologie de l’UQAM, maîtrise en océanographie de l’UQAR, diplôme en navigation de l’Institut Maritime du Québec à Rimouski et de nombreux crédits d’une maîtrise en gestion de projets qu’il n’a toutefois pas mené à terme. Sur le marché du travail, il a été consultant en océanographie, professeur a plein temps en génie civil au Collège d’Abitibi-Témiscamingue, directeur adjoint durant 11 ans au même CEGEP, avant de retourner à l’enseignement. « J’en avais par-dessus la tête de travailler de7h00 à 23h00 et je souhaitais avoir un peu de temps libre ».
Après avoir pris sa retraite en 2008, et s’être installé à Les Hauteurs, enseignant à temps partiel il redevient, cette fois au Collège de Rimouski.
Passionné de peinture et de sculpture, il est une boulimie de lecture, particulièrement les romans, les aventures et les intrigues policières. Il dit posséder une quarantaine de boîtes de livres dont plusieurs vont se retrouver éventuellement à la bibliothèque de sa municipalité. À sa « véritable » retraite qu’il finira par prendre pour de bon il veut tâter de la peinture.
S’il ne regarde aucun sport à la télé, il pratique tout de même le ski de fond et la marche. Mi-blagueur. Mi-sérieux, il dira : « ne me demandez surtout pas de jouer au golf, je vais tomber malade »! Admirer la nature, lui procure beaucoup de satisfaction. Un endroit qui l’a fasciné l’été dernier, c’est l’Île Saint-Barnabé. « J’a l’intention d’y retourner. « L’endroit n’est pas trop accessible et on ne l’a pas encore défiguré ».
Il a découvert et adopté Les Hauteurs en venant reconduire des amis dans ce beau petit village qu’il décrit ainsi : « 30 kilomètres du bord de l’eau eten sens inverse, c’est 30 kilomètres de la montagne. Le paradis quoi ».
Historia, Canal Découverte et Évasion - on voyage gratuitement de par le monde – sont ses réseaux de télévision préférés. Bien entendu, un devoir se fait-il d’écouter les bulletins de nouvelles aux réseaux traditionnels.
Matelot et ultérieurement troisième maître à bord d’un cargo, il a visité tous les endroits où celui-ci faisait escale. Bien des pays n’ont pas de secret pour Noël Lambert.
Jamais n’avait-il planifié un seul instant de se lancer en politique municipale. « Pur hasard » assure-t-il. Dans ses fonctions de maire il fait feu de tribord et de bâbord et ne craint pas de faire un pas de clerc.
Dans la région, il a revu avec grand plaisir deux copains de classe en océanographie, Bernard Tessier et Gilles-H. Tremblay. « Ils ont vu ma binette dans le journal et ont pris contact avec moi ».
D’apparence timide, il a pourtant le sourire facile, n’est pas du tout un caméléon et loin du genre à se rengorger. En fait, il est très sympathique.
![]() |
© Les publications L’Avantage Tous droits réservés.
Conception, programmation, hébergement, Les publications L’Avantage
Tél. : 1 877 722-0205 |



















