Une fois Nathan MacKinnon parti avec ses Mooseheads, dimanche soir, il ne restera à l’Océanic que 11 matchs à jouer avant la pause des fêtes et les vacances de Noël, la dernière période des transactions de la saison. 11 matchs pour terminer ce que le directeur général Philippe Boucher et l’entraîneur-chef Serge Beausoleil appellent la période d’évaluation.
Une évaluation qui ne se fait plus en entraînement, mais en plein match. Contre les meilleurs. Et quand on regarde le classement général de la LHJMQ, l’Océanic de Rimouski fait partie des meilleurs. Au moment d’écrire ce texte, Rimouski est à 12 points de la tête et 14 points devant la 15e position. En plein milieu des équipes qui aspirent à quelque chose d’intéressant au terme de la saison, dans le positionnement vers les séries.
TROP TÔT POUR VENDEUR OU ACHETEUR
La question qui m’est posée le plus souvent est de savoir si, aux fêtes, Rimouski sera vendeur, ou acheteur. Invariablement, ma réponse est qu’il est trop tôt pour prendre une telle décision. Il y a encore trop de matchs à jouer pour Rimouski et pour l’ensemble des équipes de la LHJMQ pour une telle décision. Elle devra venir, mais rien ne presse, sauf pour Shawinigan qui reçoit la Coupe Memorial, Saint Jean qui veut défendre la Coupe Memorial gagnée en mai dernier. Pour les autres, pas de presse.Oui, Victoriaville pourrait être tenté, comme Gatineau, comme Québec. Je doute fort que Baie Comeau et Moncton entrent dans la danse. Tout comme Halifax d’ailleurs et même Rimouski. Si Rimouski devait bouger pour la Coupe Memorial 2012, ce serait en hypothéquant son avenir. Me semble que quelqu’un a déjà dit que ce temps-là était terminé pour l’Océanic.
Mais cela n’élimine pas Rimouski de la Coupe Memorial. Quel sera le prix des transactions à faire ? On ne pourra laisser partir les meilleurs. Or, sans les meilleurs, oubliez le séjour à Trois-Rivières pour une compétition à Shawinigan. Pour moi, le prix pour renforcer sensiblement l’équipe est déjà trop élevé. Sauf que, par la force des choses, dès que Rimouski sera entrée en séries, tout est possible. Tout peut arriver.
ET EN SÉRIES, COMBIEN DE RONDES ?
Toute cette question des transactions, de la Coupe Memorial, des séries, du retour des amateurs dans les gradins, ça amène l’autre question : Rimouski veut aller jusqu’où en séries ? Une, deux, trois, quatre rondes ? Selon sa réponse, l’Océanic décidera d’être vendeur ou acheteur.
Sauf que les amateurs ne veulent plus d’un club vendeur. C’est acheteur, ou le statu quo, en étant persuadé que l’équipe a tout ce qu’il lui faut pour se rendre là où elle veut aller. Mais pour avoir ce qu’il lui faut pour se rendre le plus loin possible, l’Océanic doit avoir la certitude, au moment d’entrer dans la ronde des transactions, qu’elle est bien nantie. Et de tous les discours entendus à ce jour par les hommes de hockey, c’est ce qui prévaut.
Que l’équipe peut aller loin. Que l’équipe, en donnant son maximum à tous les matchs, ne perdra pas beaucoup de matchs. Que l’équipe, par un bon système, est voué à un bel avenir, considérant les jeunes défenseurs Fortier, MacKinnon et Morin, et les jeunes attaquants en Loiseau, Fortin, Trainor, O’Brien et Gauthier.Je veux bien croire en ces énoncés. Je veux bien que l’avenir de l’équipe est d’abord ‘tout de suite’, en resserrant les rangs et en plongeant tous dans la même direction. Que l’avenir veut dire : développer ses jeunes, au travers des vétérans aguerris, voués à l’équipe.
MAIS ‘LA’ GRANDE QUESTION, DANS LE MOMENT…
Avant même que l’on soit rendu à la période des transactions, les tractations, les allégations, les rumeurs, enfin tout est en route quant aux joueurs qui seront sur le marché, comme on fait des prévisions quant à la valeur de ces joueurs, dans quelles directions ils pourraient aller, qui peut payer pour les obtenir, et ainsi de suite.
À Rimouski, le discours est clair : on entend développer les jeunes qui sont dans la formation, soit directement, soit dans les équipes où les joueurs affiliés se développent.
J’ai posé jeudi la question suivante à Serge Beausoleil, entraîneur chef de l’équipe de toute une région :
‘Est-ce que l’Océanic songe à développer ses jeunes en échangeant ses joueurs de pointe comme Jérôme Gauthier-Leduc ?’
Sa réponse :
« La semaine prochaine (donc cette semaine), nous aurons une très importante rencontre avec la direction pour regarder les avenues possibles. Pas encore prendre des décisions, mais voir où on se positionne dans le moment. C’est ce qui fait que le week end contre Québec et Halifax est très crucial, considérant que nous voisinerons des équipes de tête… »« D’autre part, dans le même ordre d’idée, il est certain, certain, certain que notre objectif est d’avoir la meilleure équipe possible. Si c’est de transiger parce que la direction et tout le personnel hockey entrevoit que c’est peut-être la meilleure chose pour l’Océanic, ça ne se fera pas dans une vente de garage. S’il y a un joueur qui a à partir, il partira. Moi, je souhaite que Jérôme Gauthier-Leduc reste ici, au moment où on se parle. Mais on n’est pas garant de l’avenir. Tout ce qui est garanti est que si on a d’excellentes performances sur la patinoire, assurément qu’on va essayer de mettre la meilleure équipe sur la glace jusqu’à la fin de l’année. »
Au fond, ça répond, et ça ne répond pas. ‘Au moment où on se parle !’
Les hommes de hockey et la direction sont en réflexion, cette semaine, pour étudier les avenues, mais sans prendre de décision ? Je veux bien. Mais en tenant compte des points suivants, à la base :
1) aucune équipe qui désire nos joueurs de pointe pour se rendre à la Coupe Memorial n’a les moyens de payer Jérôme Gauthier-Leduc à sa juste valeur. Ces équipes ne s’affaibliront pas à certaines positions pour renforcer leur ligne bleue
2) on ne forme pas, à Rimouski, la meilleure équipe possible, en cédant nos joueurs de pointe, en échange de ‘suspects’ immédiats ou à venir
3) on ne forme pas, à Rimouski, la meilleure équipe possible, en tuant sa chimie en plein milieu de la saison. Les jeunes sont familiers avec les vétérans, et vice versa. Nul vétéran obtenu d’ailleurs ne peut s’immiscer dans l’équipe et la rendre meilleure, s’il n’est pas à la hauteur de vétéran qu’on a échangé. Or, qui est à la hauteur de Gauthier-Leduc ?
4) on devient meilleur en alignant les meilleurs, en grandissant avec les meilleurs, en jouant avec les meilleurs. A-t-on la prétention de remplir cette règle en échangeant le meilleur défenseur de la LHJMQ ?
5) on prétend, chez les hommes de hockey que c’est fini les cycles à Rimouski. On veut être compétitif et chez les meilleurs à tous les ans. Comme Gatineau, par exemple (sans le nommer). On fera ça en continuant à chaque année d’échanger nos meilleurs ?
6) l’avenir, c’est tout de suite !
Si les hommes de hockey veulent vraiment mettre sur la glace la meilleure équipe possible, cela doit être pour TOUT DE SUITE. Car dans mon livre, la saison la plus importante de l’équipe est celle en cours avec NOS bons joueurs. Un peu d’aide qui coûte pas trop cher ? Je veux bien. Mais en gardant NOS meilleurs.Échanger nos meilleurs pour des ‘suspects’ pour l’an prochain ou dans deux ans, ou des choix de repêchage pour un, deux ou trois ans, ça ne nous mènera pas en 2e et 3e ronde, ça ne lancera pas de message aux amateurs quant au présumé virage vers un club compétitif À TOUS LES ANS. Nos gradins ne sont-ils pas assez dégarnis ?
Il est temps que Rimouski se mette dans la tête d’arrêter d’être le club ferme des tous les clubs qui aspirent à des jours meilleurs. Si nos meilleurs peuvent rendre meilleures d’autres équipes, ne devrait-on pas les garder pour qu’ils rendent notre équipe meilleure ? Charité bien ordonnée commence par soi même.
L’Océanic aura-t-elle des besoins, lors de la période des transactions ? Certainement. Pourra-t-elle échanger des joueurs, aux fêtes ? Possible. Mais on est encore à 11 matchs de cette identification. À 11 matchs d’identifier nos besoins et notre monnaie d’échange.
D’ici là, que l’on en vienne à la décision première : on garde nos meilleurs pour devenir encore meilleurs. À la pause des fêtes, il sera toujours temps de déposer les bulletins de chacun, identifier les intouchables et les monnaies d’échange.
Il est temps que l’Océanic mette un terme aux rumeurs et annonce ses couleurs de base. C’est ainsi que les joueurs, dans la chambre, vivront les prochaines 11 parties d’évaluation avec l’esprit tranquille, et que les amateurs auront la certitude que leur équipe a définitivement mis un terme à sa reconstruction, à sa transition ou toute autre étape qui n’en finit plus de recommencer.
Fini les cycles ? On veut présenter la meilleure équipe possible ? Qu’on le prouve en protégeant ses meilleurs. Sinon, tous les discours n’auront été qu’académiques. Et de ça, les amateurs n’en veulent plus ! Il est temps que l’Océanic se respecte, et soit son propre club ferme.
Jérôme Gauthier-Leduc est à Rimouski et doit terminer la saison à Rimouski. Faites-moi pas pleurer en disant qu’il est possible qu’on le perde pour rien la saison prochaine, s’il demeure dans l’organisation des Sabres. De toutes manières, on n’aura jamais son vrai prix dans une transaction aux fêtes, transaction qui, dans l’immédiat, nous fera reculer.
Comme dirait l’autre : Ça ne prend pas la tête du pont de Québec pour comprendre ça !
J’espère une annonce qui ferme le dossier de notre # 6 avant le voyage de la fin de semaine avec un 3 en 3 à Gatineau, Blainville-Boisbriand et Shawinigan. Comme ça, une grossssse distraction aura pris le bord…





















