Un arbre, c'est vert. Évidemment, avec son feuillage ! Et le bois ? Quand on le coupe et qu'il n'est pas encore sec, on dit qu'il est vert. Mais ce n'est pas de ce vert dont je veux vous entretenir : je vous parler du vert « écolo », la couleur qu'on utilise pour rapidement évoquer des qualités de respect de l'environnement.
Récemment, mon collègue Jean-François Bouchard vous décrivait Une maison qui sort de l’ordinaire à Saint-Anaclet. Effectivement, cette maison sort de l'ordinaire avec sa charpente en bois massif. Elle l'est aussi par ses qualités dites écologiques. Et c'est justement dans cette voie que je veux vous amener, pour démystifier un peu ce qui fait qu'une construction est plus écologique qu'une autre.
Le matériau bois
Attardons-nous au matériau de base. Le bois est un matériau noble, sain et produit par la nature. À condition qu'il soit récolté avec de saines pratiques forestières, il devrait être le matériau de tout premier choix. Pourquoi ? Parce qu'il séquestre du carbone qui auparavant était dans l'atmosphère. Lorsqu'un arbre pousse, il utilise l'énergie solaire, l'eau et le gaz carbonique de l'air pour la photosynthèse et construit ainsi ses racines, son tronc, ses feuilles et ses branches. Dans nos efforts de lutte aux changements climatiques, il s'agit là d'une solution à portée de main : en utilisant du bois dans des constructions permanentes, nous séquestrons du carbone qui autrement aurait contribué aux changements climatiques.
Vous me direz que la charpente de bois est la norme dans la construction résidentielle au Québec, donc que la maison à charpente en bois massif et le bungalow sont semblables en terme de séquestration du carbone. Mais il ne s'agit là que de la structure. Et justement, c'est justement là où le bât blesse : dans le bungalow on cache le bois, le plus souvent avec du déclin de vinyle et du gypse. Alors qu'avec une charpente en bois massif, on laisse ce bois exposé, on le met en valeur. Et pour ceux qui auraient des craintes en cas d'incendie, sachez que la résistance au feu du bois est exemplaire.
Saviez-vous qu'ici, au Bas-Saint-Laurent, on produit toute une gamme de produits d'apparence, en bois? Des planchers, moulures, portes, fenêtres, lambris intérieurs ou extérieurs, des déclins, etc. Alors sans même changer de méthode de construction, on peut substituer des éléments apparents faits de bois et ainsi poser un geste concret pour l'environnement, son bien être et aussi pour l'économie de notre région. Voilà la base même du développement durable : en alliant la préservation de notre environnement, qui est la condition nécessaire à la vie sur terre, l'épanouissement équitable de notre société, qui est le but de notre existence et l'utilisation de l'économie, qui est le moyen (un outil, pas un but en soi) d'y parvenir, nous permettrons que les générations futures aient accès aux mêmes opportunités que nous.
Vos choix peuvent donc avoir un double effet : en substituant des matériaux synthétiques à base de pétrole (des émetteurs nets de carbone) par du bois (carbone séquestré), vous commencez à faire partie de la solution aux changements climatiques.
Une fois cette étape franchie, et avec la fierté qu'elle vous apportera, vous envisagerez peut-être de vous attaquer aux autres aspects qui rendront votre maison plus « écologique », tels que la réduction de la consommation d'énergie, l'efficacité énergétique, la production de déchets, la consommation d'eau pour ne nommer que ceux-ci. Vous serez donc encore à la recherche du vert, tout en restant alertes face à l'écoblanchiment (greenwashing)...
Pour plus d'information :
La Coalition BOIS Québec :http ://www.coalitionbois.org
Créneau ACCORD Écoconstruction (bois et matériaux) :http ://www.crebsl.org/volet_economique/ ?id=accord-documentation&a=2008





















