Au départ, le film de Martin Scorcese (« Boardwalk Empire », « The Departed », « The Aviator », et le magnifique « Taxi Driver ») peut paraître touffu, un peu chaotique.

Mais, après un petit dix minutes de projection, tout se place et se case, même si la façon de Scorcese de mêler souvenirs et temps réel peut parfois dérouter. Dans ce cas-ci, c’est plutôt rassurant, parce que cette histoire d’un jeune « horloger fanatique » demeure une sorte de courte énigme, sans pour autant donner le fin fond de l’histoire. C’est juste, parce que, autrement, il n’y aurait pas de film.
L’histoire, c’est à la fois celle de la naissance du cinéma et d’un adolescent qui passe difficilement à l’âge adulte. Scorcese, qui se voue à la survie du cinéma d’hier, par une fondation et des restaurations de films classiques, lance ici un cri d’amour au cinéma, à celui qui invente, qui crée des histoires, qui illusionne en quelque sorte, pour paraphraser l’un de ses personnages.
Le cinéma est une terre des découvertes et des rêves, en pensant aux productions « réfléchies », qu’on se permet encore de faire aujourd’hui, peut-être par acquis de conscience, parmi d’autres et nombreux navets pétaradants de premier ordre, pour remplir la caisse.
Parce que Méliès, c’est le sujet du film en bout de ligne, comme la naissance de la cinématographie, inventée par les frères Lumière, qui disaient que cette « invention » n’avait aucun avenir, pour éliminer la concurrence.

Méliès, prestidigitateur, l’est aussi devenu pour le cinéma, inventant les brisures de rythme au montage, le fondu, les trous à ;'image sur la pellicule, et bien d’autres techniques, revigorées si je puis dire par la suite. On peut penser que Scorcese a voulu présenter sa production en 3-D, avec des effets fort bien acquis, pour justement démontrer où le cinéma en est rendu techniquement. Mais, fondamentalement, l’objectif demeure le même: raconter une histoire, émerveiller, surprendre.
Le film est librement inspiré du livre de Brian Selznick, cousin de David O. Selznick, entre autres producteur d’« Autant en emporte le vent », scénarisé par John Logan (« Rango », « The Aviator », « The Last Samourai », « Sinbad »), où Hugo Cabret, qui vit seul dans les combles de la gare Montparnasse, remontet les horloges et essaie de faire revivre un automate, auquel il travaillait avec son père (court rôle, mais efficace, pour Jude Law), avant qu’il meure dans un incendie du musée où il travaille. Le garçon vole dans la gare pour remonter cet automate et ça le conduit jusqu’à Méliès, qui le prendra la main dans le sac, et via Isabelle, la nièce de papi Georges, jusqu’aux débuts du cinéma.
Le rêve commence et se poursuit.
Certains reprochent au film de transgresser plusieurs lieux parisiens. Je ne saurais le dire. Mais, les longs plans séquences de Scorcese (dont celui, magnifique, de l’ouverture, qui nous permet de visiter les combles de la gare, et la fuite folle dans la même gare après la visite chez Méliés; entre autres), comme la couleur « vintage » de quelques scènes, les plans larges, les travellings et les « digressions très habiles » du réalisateur mêlent très bien fiction et réalité.

L’histoire d’Hugo permet de voir comment Méliés réalisait ses films, ses inventions, ses trucs, base de la magie du cinéma, comme un hommage aux films d’hier, muets comme parlants, dont cette insertion du fameux film d’Harold Lloyd (« Monte là-dessus ») reprise par Hugo en fuite, à la grande horloge de la gare.
Cette production m’a plu, même si, parfois, des longueurs sont agaçantes, parce que le merveilleux que le cinéma nous apporte vient de quelque part, et la fiction « réelle » de Scorcese permet de revoir des classiques incontournables du temps, des débuts de ce magnifique septième art, dont « Le voyage dans la lune », le film phare de Méliès. On est loin de l’entrée en gare des frères Lumière. Les rêves d'Hugo décrivent alors assez bien les inventions... du rêve cinématographique.
En ce qui regarde le jeu des comédiens, peu connus, sauf Ben Kingsley (Méliès) et Christopher Lee (le libraire), qui donnent une belle allure à cette production, il s’agit de belles compositions, autant d’Asa Butterfield (Hugo) que de Chloe Moretz (Isabelle), ces deux jeunes qui vivent une aventure. Comme dans les films.
Le Canadien Howard Shore (« The Departed », « Le Seigneur des anneaux », « Gangs of New York ») a écrit une musique intelligente et la cinématographie de Robert Richardson (« Inglorious Bastards », « Kill Bill », « Shutter Island », « The Aviator ») est dans la mesure du produit. Soignée.

Mais, après un petit dix minutes de projection, tout se place et se case, même si la façon de Scorcese de mêler souvenirs et temps réel peut parfois dérouter. Dans ce cas-ci, c’est plutôt rassurant, parce que cette histoire d’un jeune « horloger fanatique » demeure une sorte de courte énigme, sans pour autant donner le fin fond de l’histoire. C’est juste, parce que, autrement, il n’y aurait pas de film.
L’histoire, c’est à la fois celle de la naissance du cinéma et d’un adolescent qui passe difficilement à l’âge adulte. Scorcese, qui se voue à la survie du cinéma d’hier, par une fondation et des restaurations de films classiques, lance ici un cri d’amour au cinéma, à celui qui invente, qui crée des histoires, qui illusionne en quelque sorte, pour paraphraser l’un de ses personnages.
Le cinéma est une terre des découvertes et des rêves, en pensant aux productions « réfléchies », qu’on se permet encore de faire aujourd’hui, peut-être par acquis de conscience, parmi d’autres et nombreux navets pétaradants de premier ordre, pour remplir la caisse.
Parce que Méliès, c’est le sujet du film en bout de ligne, comme la naissance de la cinématographie, inventée par les frères Lumière, qui disaient que cette « invention » n’avait aucun avenir, pour éliminer la concurrence.

Méliès, prestidigitateur, l’est aussi devenu pour le cinéma, inventant les brisures de rythme au montage, le fondu, les trous à ;'image sur la pellicule, et bien d’autres techniques, revigorées si je puis dire par la suite. On peut penser que Scorcese a voulu présenter sa production en 3-D, avec des effets fort bien acquis, pour justement démontrer où le cinéma en est rendu techniquement. Mais, fondamentalement, l’objectif demeure le même: raconter une histoire, émerveiller, surprendre.
Le film est librement inspiré du livre de Brian Selznick, cousin de David O. Selznick, entre autres producteur d’« Autant en emporte le vent », scénarisé par John Logan (« Rango », « The Aviator », « The Last Samourai », « Sinbad »), où Hugo Cabret, qui vit seul dans les combles de la gare Montparnasse, remontet les horloges et essaie de faire revivre un automate, auquel il travaillait avec son père (court rôle, mais efficace, pour Jude Law), avant qu’il meure dans un incendie du musée où il travaille. Le garçon vole dans la gare pour remonter cet automate et ça le conduit jusqu’à Méliès, qui le prendra la main dans le sac, et via Isabelle, la nièce de papi Georges, jusqu’aux débuts du cinéma.
Le rêve commence et se poursuit.
Certains reprochent au film de transgresser plusieurs lieux parisiens. Je ne saurais le dire. Mais, les longs plans séquences de Scorcese (dont celui, magnifique, de l’ouverture, qui nous permet de visiter les combles de la gare, et la fuite folle dans la même gare après la visite chez Méliés; entre autres), comme la couleur « vintage » de quelques scènes, les plans larges, les travellings et les « digressions très habiles » du réalisateur mêlent très bien fiction et réalité.

L’histoire d’Hugo permet de voir comment Méliés réalisait ses films, ses inventions, ses trucs, base de la magie du cinéma, comme un hommage aux films d’hier, muets comme parlants, dont cette insertion du fameux film d’Harold Lloyd (« Monte là-dessus ») reprise par Hugo en fuite, à la grande horloge de la gare.
Cette production m’a plu, même si, parfois, des longueurs sont agaçantes, parce que le merveilleux que le cinéma nous apporte vient de quelque part, et la fiction « réelle » de Scorcese permet de revoir des classiques incontournables du temps, des débuts de ce magnifique septième art, dont « Le voyage dans la lune », le film phare de Méliès. On est loin de l’entrée en gare des frères Lumière. Les rêves d'Hugo décrivent alors assez bien les inventions... du rêve cinématographique.
En ce qui regarde le jeu des comédiens, peu connus, sauf Ben Kingsley (Méliès) et Christopher Lee (le libraire), qui donnent une belle allure à cette production, il s’agit de belles compositions, autant d’Asa Butterfield (Hugo) que de Chloe Moretz (Isabelle), ces deux jeunes qui vivent une aventure. Comme dans les films.
Le Canadien Howard Shore (« The Departed », « Le Seigneur des anneaux », « Gangs of New York ») a écrit une musique intelligente et la cinématographie de Robert Richardson (« Inglorious Bastards », « Kill Bill », « Shutter Island », « The Aviator ») est dans la mesure du produit. Soignée.





















