Denis Côté blâme les bloqueurs de projets à Rimouski

Par Denis Côté

Adeline Mantyk adeline.mantyk@tc.tc
Publié le 8 septembre 2016

»Le maire de Rimouski, Éric Forest.

©(Photo TC Media – Thérèse Martin)

Denis Côté, citoyen de Rimouski, a écrit une lettre pour le moins sarcastique à l’attention du maire de Rimouski, Éric Forest. La cible : la « maladie » du « vieuxchnocksime », qui semble s’être rendue à Rimouski et qui pour M. Côté, nuit aux projets de la Ville.

Monsieur Éric Forest

Maire

Ville de Rimouski

Monsieur le Maire,

On se connaît un peu vous et moi. Je n'ai pas une bonne nouvelle, ni pour vous, ni pour moi; je suis malade. En fait c'est une maladie qui se répand dans les villes qui ne veulent pas se développer: le vieuxchnockisme.

Je vous explique. Moi et ma gang de personnes du troisième âge on n'en veut pas de vos projets! Ils vont faire remonter nos taxes. Bien sûr, ça nous donne quoi de payer pour un complexe sportif? On ne s'en servira même pas. Mais comme on a plein d'expérience on sait comment mener une campagne politique subtile pour influencer les conseils municipaux. Ça avait presque marché à l'époque de la salle de spectacles. Mais là, on se reprend. Je vous le répète, on est organisés. On a du temps; les enfants sont partis. En plus, on connaît plein de monde parce que c'est notre ville, pas celle des jeunes qui seront bientôt occupés à payer des impôts pour nous qui vivront avec les derniers gros fonds de pension disponibles. Puis les jeunes, ils devraient apprendre à payer des impôts, pas s'amuser avec nos taxes.

Pas circuler en vélo, ça nuit au trafic - c'est quoi ces idées de restreindre les automobiles au centre de la rue? Vous le savez bien on n’est pas assez alertes ni assez patients pour partager cette rue qu'on paie avec nos taxes! Laissez-nous donc tranquilles. Pas trop de nouveautés svp. Les cyclistes vous diront qu'ils paient autant de taxes municipales que nous et qu'ils ne brisent pas les rues. Ils n'ont pas raison. Vous savez pourquoi? Parce que nous, les membres du club des Vieux Chnocks, on a décidé qu'on avait raison.

En plus, vous nous avez enfoncés les bacs bruns dans nos cours. On boycotte! Le vieuxchnockisme c'est le dédain de la nouveauté. Ça coûte cher ces bacs-là! Et ça donne quoi? Au lieu d'aller en disposer dans un lieu d'enfouissement technique qui coûte les yeux de la tête, pourquoi ne pas aller les porter simplement au dépotoir? Ça marchait dans notre temps.

Le vieuxchnockisme c'est l'effroi du partage parce que nous, quand on a bénéficié du développement économique, on a créé la dette nationale et on s'est payé les services qu'on croyait nous revenir. Mais attention, là c'est terminé, on doit cesser de payer. On a bénéficié de l'éducation et des services publics, notamment en santé et en loisirs, pour nous développer et former ingénieurs, médecins, avocats et autres personnes magnifiquement équlibrées que nous sommes devenues. Le vieuxchnockisme c'est aussi s'obstiner avec notre vision. Les jeunes ne savent pas ce qui est bon pour eux. C'est prouvé, nous on ne le savait pas et on s'est tout payé!

Et on le voit, à Mont-Joli, Rivière-du-Loup, Québec et autres communautés dynamiques, ils attirent nos jeunes avec des programmes sport-études depuis des années. Pour élever un enfant, ça prend un village comme le disent les africains (ou en tout cas Boucar l'a dit!). Tant pis pour eux!

Un truc politique: les jeunes sont trop occupés pour revendiquer, profitez-en!

Auriez-vous un peu de temps à nous consacrer au lieu de faire avancer la Ville? Au Club des Vieux Chnocks, on voudrait bien vous enrôler.

 

Merci de votre aimable attention,

Denis Côté

Rimouski

Note: Si vous voulez, on peut vous envoyer une version en 24 pt., ce sera plus facile à lire...