« La Cathédrale de Rimouski, où en sommes-nous ? »

Gilles Le Chasseur

Publié le 17 avril 2017

La cathédrale de Rimouski

©Photo TC Media - Archives

Depuis la réunion d'information du 7 septembre 2016 tenue à l'Hôtel Rimouski, où l'évêque du diocèse annonçait la création imminente d'une corporation civile et religieuse pour la gérance de la cathédrale en la soustrayant ainsi à l'autorité de la Fabrique St-Germain, rien ne s'est passé.

Une information parue dans le journal L'Avantage en date du 1er mars 2017 nous annonce la création par l'évêché d'un Comité de coordination qui consultera la population sur le sort de la cathédrale. Cette consultation devrait se tenir dans les semaines à venir suivies du dépôt de ses conclusions à l'automne ou aux calendes grecques, comme il lui plaira de choisir. L'idée d'une consultation est bonne en soi, mais trop tardive. Elle aurait dû avoir lieu avant le vendredi 28 novembre 2014, date de la fermeture inappropriée et impromptue de la cathédrale. En étirant ainsi la sauce de l'immobilisme, rien ne se passe concrètement pour sa sauvegarde ni du côté de l'Évêché ni de celui de la Fabrique.

Cette dernière est actuellement trop distraite par ses querelles intestines et par la légalité des élections récentes de trois marguilliers favorables au maintien du culte dans le temple. Ayant été exclus par le chancelier, deux d'entre eux ont récemment intégré à part entière leurs fonctions; un troisième n'a toujours pas fait son entrée malgré son élection démocratique. Le tribunal pourrait éventuellement trancher cette question.

L'évêque a nommé l'économe de l'évêché comme "observateur" des assemblées de Fabrique. Souhaitons que la présence de cet "auxiliaire" s'harmonise avec le droit de visite des fabriques, par l'évêque, comme le stipule la Loi sur les fabriques et qu'il ne s'agisse pas d'un préfet de discipline qui frappe sur les doigts des marguilliers qui ne courbent pas l'échine.

Autres avaries

En plus des pierres brisées par la malhabile installation d'une gaine de protection, le 20 mars un bris de gicleurs, causé par le manque d'entretien d'un compresseur, a provoqué l'inondation de la sacristie de la cathédrale, entraînant des coûts exorbitants non couverts par l'assureur. Le système est depuis inopérant et constitue en soi un risque majeur en cas d'incendie. Malencontreusement, la fabrique, un mois plus tôt, a annulé l'assurance en cas de sinistres et n'aurait conservé qu'une couverture d'un million de dollars en responsabilités civiles !! On peut dire que ça manque un peu de sens des proportions. Nous pouvons amèrement déplorer le sort qui semble s'acharner sur la cathédrale et dénoncer à nouveau le manque apparent de volonté des autorités réputées compétentes pour la sauver.

Action positive

Heureusement, force est de constater que le Comité Cathédrale 2016 ne lâche pas prise en continuant son action vigilante pour la sauvegarde du temple à toute l'étendue du diocèse. Différents gestes concrets et d'autres à venir militent dans le sens d'une sensibilisation à l'engagement éventuellement accru des diocésains pour la sauvegarde de la cathédrale. À cela s'ajoutent ses interventions répétées aux Assemblées du Conseil Municipal enjoignant la Ville de Rimouski à respecter ses propres règlements en regard de la protection et de la conservation du patrimoine bâti et sur la protection civile dans et autour de la cathédrale.

Une intervention de trois membres du Comité Cathédrale 2016, lundi 10 avril sur les ondes de Radio Canada, nous apprenait que si la cathédrale n'était plus éventuellement dédiée au culte, toute nouvelle transformation en vue d'une nouvelle vocation serait soumise aux nouvelles normes parasismiques du Code de Construction du Québec en vigueur depuis 2015. Cela entraînerait des déboursés de plusieurs millions de dollars. On comprendra facilement qu'il faut absolument conserver le caractère cultuel de la cathédrale à défaut de quoi il faudra envisager, à la limite,  sa démolition dont les coûts incomberont à la Fabrique ou, dit en autres mots, aux éternels mêmes payeurs de taxes foncières, de dîme et de capitation.

Un mur de silence

Il est assez déplorable de ne pas entendre le clergé diocésain et les communautés religieuses joindre leur voix à la sauvegarde de la cathédrale, eux qui ont toujours occupé les meilleures places dans le temple au gré des offices religieux. On ne comprend pas qu'ils ne fassent pas entendre leur voix ni qu'ils n'offrent pas de contributions financières pour la réparation de la cathédrale.

Conclusion

Il faut ardemment supporter le Comité Cathédrale 2016 dans sa noble mission de sauvegarde. À défaut de vente d'indulgences qui permit jadis la construction de la basilique St-Pierre de Rome et à défaut d'une Porte sainte, qui tout comme à la cathédrale de Québec, décuplerait le tourisme religieux, souhaitons que l'évêque s'affirme énergiquement et appuie courageusement ce mouvement de sauvegarde de la cathédrale et octroie des fonds substantiels à partir des fruits de la vente du séminaire et de ses dépendances. Qu'il ne vienne pas nous dire que ces argents, provenant de tous les diocésains au fil des générations, ne sont pas dédiés à la cathédrale. Ne pas confondre détournements de fonds et vases communicants.

Gilles Le Chasseur

Rimouski, 15 avril 2017