Le fait de voir deux de ses joueurs actifs et un autre à devenir être repêchés par les équipes de la LNH dans les trois premières rondes, a de quoi réjouir l’entraîneur chef de l’Océanic de Rimouski, Clément Jodoin, rejoint quelques minutes à peine après le 210e choix annoncé à Los Angeles. Mais si les félicitations aux joueurs retenus se manifestent, il y a aussi de la déception pour ceux qui ont été oubliés par les 30 formations de la LNH.
Jodoin dira d’entrée de jeu qu’il n’y a pas eu de surprise, devant les choix annoncés. « Non, aucune surprise dans ces trois joueurs sélectionnés. Petr Straka, j’était sur. Jacub (Culek) j’étais certain. Jérôme Gauthier-Leduc, on en parlait depuis le début de la saison » de dire Jodoin qui est quand même partagé dans ses sentiments.
« Je suis déçu pour les autres qui auraient peut-être eu une chance, mais des joueurs de hockey, il y en a beaucoup. Il y en a à travers le monde. C’est un repêchage universel. C’est désappointant. Mais c’est motivant dans un autre sens que de se dire ‘ok, on se reprend en mains’ et comme organisation, comme équipe, à nous de prouver que l’on peut faire encore mieux. »
DES CHOIX MOTIVÉS
Qu’est ce qui a séduit les Blue Jackets de Columbus dans le cas de Petr Straka ? « C’est lui qui a fait en sorte d’être remarqué par une équipe de la LNH. Straka, c’est la vitesse pure, l’intensité et c’est un joueur qui est excitant à voir. Il a une accélération incroyable et qu’on le veuille ou non, pour une première année dans le circuit à 17 ans, quand on regarde ce qu’il a accompli avec une jeune équipe, c’est quand même impressionnant. »
Jacub Culek est retenu par les Sénateurs d’Ottawa. Pourquoi ? « C’est peut-être un joueur caché. Possiblement pas le plus électrisant, mais il est un fin joueur, il est intelligent, ses passes sont incroyables, ses jeux sont d’une finesse au delà de la moyenne. On a encore beaucoup à découvrir de ce joueur. Comme il doit améliorer sa force physique, et aussi son patin. Il a quand même un bon gabarit avec ses 6’4’’ et il en est encore à ses débuts. D’ici deux ans, s’il met 15 à 20 livres autour de lui en améliorant son patin, il va devenir un homme alors qu’il est encore un adolescent. Ce sera un homme qui sera difficile à tasser… »
Les Sabres de Buffalo ont retenu les services de Jérôme Gauthier-Leduc, non pas pour ce qu’il a fait avec l’Océanic, mais avec les Huskies de Rouyn-Noranda où il a évolué dans les deux dernières saisons. Il est toutefois précédé à Rimouski déjà par une très forte réputation que sa sélection par les Sabres ne fait que confirmer.
« Il a un bon millage, a joué de façon régulière dans le passé, et les chiffres parlent d’eux-même. C’est un ajout important pour nous pour compléter un peu notre carré d’as à la ligne bleue, de sorte que je suis bien content pour lui que de voir cette sélection. » Il est certain que quand la base d’un joueur provient d’un entraîneur comme André Tourigny, personne ne peut être perdant dans la suite des choses.
Admettant ce fait, Jodoin ajoutera que Gauthier-Leduc est un joueur talentueux qui a eu l’occasion de vivre déjà plusieurs expériences de haut niveau.« Il a de bonnes choses et c’est un ajout pour nous, et ça vient bien compléter ce que l’on a. »
DE LA DÉCEPTION POUR LES OUBLIÉS
Bien sur, proche de ses joueurs, on ne se surprendra pas de voir que Clément Jodoin a manifesté de la déception pour les 5 autres joueurs qui pouvaient avoir des espoirs de sélection, mais qui ont été laissés de côté par le circuit Bettman.
« Oui, je suis déçu pour les autres, mais si tu te laisses abattre – c’est officiel que c’est décevant – mais à nous de nous reprendre en mains pour les autres, soit les Émond, Boutet, Levasseur, Tremblay et Belzile. Il leur appartient aussi de se prendre en mains en se disant que ce n’est pas fini. C’est de continuer à être dominant en progressant, en s’entraînant et à faire les bonnes choses encore. »
Quand on s’arrête sur Philippe Tremblay (29e chez les gardiens nord-américains) seul gardien listé de la LHJMQ à ne pas avoir été retenu, il ne peut y avoir de si grande surprise, considérant qu’il a connu une saison en peu en dents de scie, manqué de régularité, ce qui a nui à ses chances d’une sélection.
« Il a eu des hauts et des bas, de dire Jodoin. Selon moi toutefois, il a fini de très bonne façon. Le défi pour lui sera toujours là. Ce qu’on recherche au niveau professionnel, c’est la régularité, la constance. C’est à nous de le prouver et c’est à lui de le prouver aussi. Il a donc des choses à prouver. Il a le gabarit, le physique. Il lui reste à parfaire son mental et simplement à revenir plus fort et c’est à nous aussi à nous aider entre nous, tant comme gardien, que défenseur, qu’attaquant. C’est un jeu d’équipe et tu parais aussi bien que tout le monde fait son travail. »
Il y a un message pour les Émond, Boutet et Levasseur qui n’ont pas été retenus ? Clément Jodoin n’a pas voulu entrer dans les fondements de ces non sélections. « Je ne sais s’il y avait un message à leur endroit. Il faut toutefois se rappeler qu’il n’y a que 7 rondes de repêchage. Pas 10, 11 ou 12. Il n’y a que 7 rondes et le hockey se joue maintenant en Finlande, en Suède, en Suisse, en Russie, en République Tchèque. Et ça joue même en Californie d’où plusieurs joueurs de cet état américain qui ont été repêchés en ce samedi.»
Un dossier qui ajoute aux déceptions est celui de l’attaquant Alex Belzile qui, de notre avis, aurait certes été classé et même repêché, s’il avait joué une saison complète. « Je dis que oui, il aurait été sur les listes de la Centrale de recrutement. Il est certain que nous n’avons pas la réponse officielle. Mais je suis certain qu’il n’aurait pas été trop loin. Il aurait été au moins sur la liste, j’en suis certain. Il aurait terminé la saison avec 100 points. C’est dommage, il n’a débuté qu’aux fêtes. Mais c’est réellement de bon augure pour la saison prochaine. »
DES INVITATIONS À VENIR
Le caractère du repêchage annuel de la LNH change annuellement. En effet, Clément Jodoin est le premier à insister sur le fait que si on regarde le territoire du Québec face à la Ligue de l’Ontario et à la Ligue de l’Ouest, il faut savoir que la LHJMQ se partage 6 états américains tandis que les autres circuits s’en partagent 45. « Il y a donc une différentiel quant au potentiel, et quand on sait qu’aux États-Unis, le hockey se développe de plus en plus, le bassin de talents est beaucoup plus grand. »
Les joueurs non sélectionnés doivent s’attendre à recevoir, dans certains cas à être identifiés, des invitations aux camps de recrutement et de développement de certaines équipes de la LNH. Cela se voit à tous les ans et même, de plus en plus. Le fait de n’avoir que 7 rondes de repêchage limite certaines actions des équipes de la LNH qui se reprennent par ces invitations.
« Il est très clair que des invitations à des camps, on va en avoir. C’est officiel que cela n’a pas le même prestige que d’être repêché, mais le fait d’être invité te permet de faire ta marque. » C’est déjà le cas pour Félix Lefrançois avec les Capitals de Washington. « Et je vous dis qu’il va y en avoir d’autres. J’en suis certain. »
UN RÊVE NON RÉALISÉ N’EST PAS ABANDONNÉ
Quant au repêchage en général, Clément Jodoin est d’avis que si on peut se réjouir pour les joueurs sélectionnés, les ‘oubliés’ n’ont pas à se jeter la tête contre les murs. « C’est certain que pour ces jeunes, voici un rêve non réalisé, mais ce rêve peut toujours s’accomplir, tu peux toujours le réaliser. Tu as débuté le travail pour y parvenir, mais en sachant que cela ne se réalise pas toujours de la façon dont le voudrais. Et c’est à toi de prendre les moyens pour le réaliser. »
Au fil de la conversation, Jodoin reviendra sur l’exemple de Félix Lefrançois, non repêché au fil des ans et qui, par son travail, vient de connaître une invitation de la part de Washington, au moment où il se prépare pour sa dernière année junior. « Il n’a pas arrêté de travailler et il a fait sa marque, s’est fait remarquer et le voilà avec une chance incroyable pour lui. Cette porte est ouverte à tous les autres. Il s’agit d’être prêt, quand l’invitation arrive » de conclure l’entraîneur chef de l’Océanic.




















