Je l’appelais Pascal; il m’appelait Laurent.
Pascal Parent est décédé à l’âge de 88 ans, après une carrière qui n’a laissé personne indifférent. Et qui a marqué la région, pour toujours.
Parce que Pascal Parent, d’aussi loin que je me souvienne, fait partie de la vie régionale, de son développement et de sa prise en mains. Et il a été l’un de mes plus beaux souvenirs du cours classique, séquence de huit ans d’une vie, où on apprenait à être des hommes, dans le sens noble du terme, des humanistes, dans la profondeur de la recherche de soi.
Il a été le professeur incontournable, et inoubliable, du 97ecours de formation classique du Séminaire, dont j’étais, comme pour d’autres séminaristes, avant et après nous, imprimant cette force de la réflexion philosophique, non coercitive, que non, par ses cours très appréciés de philosophie et de métaphysique.
Certaines sessions de cours dont je me souviens ont été, et demeurent encore, épiques, par les discussions qu’il nous permettait de tenir avec lui, sur un sujet soulevé par un de ses cours.
C’est ainsi que, lorsqu’un étudiant se permettait une question ou une mise en doute de qu’on enseignait, il y avait discussion avec le prof, ce prof. Parce que c’était le moment du Pavillon de Philosophie, à peine inauguré (en 1958), où les élèves de Philo I et II avaient maintenant de plus grandes… libertés, leurs chambres et leur façon de vivre… pour entrer ensuite dans le monde universitaire.
D’ailleurs, Pascal Parent a été le premier responsable de ce pavillon, y assurant tout de même la discipline et le contrôle. Et il connaissait « son monde ». Un souvenir le décrit: très proche de ses étudiants, qui le traitaient avec respect, mais qui pouvaient aussi se confier à lui sans crainte, il appréciait les rencontrer et les voir en dehors des heures de cours.
Il vivait leurs activités sportives ou culturelles et nous avaient dit, à nous du 97eCours (qui comptait trois filles, issues du cours des Ursulines qui avaient fermé leur école), au terme de notre formation: « J’ai rarement vu une gang aussi agitée et intenable, mais vous démontrez une intelligence et une force d’apprendre peu communes. » C’était lors d’une rencontre après la fin des examens, à la maison des prêtres de la Pointe à Santerre. Une tradition. Et, après le souper, Pascal nous avait dit ça avec une belle franchise et une certaine émotion.
Après mon stage universitaire (lettres, histoire avec mineure en géographie) et un premier emploi comme prof, en syntaxe et en belles-lettres, toujours au séminaire, pour ensuite devenir attaché au classement des revues à la bibliothèque, je deviens journaliste en 1967 et je rencontre assez souvent Pascal Parent, qui pense déjà à l’éducation universitaire à Rimouski, alors que les autorités du Québec n’y croyaient guère.
Il revient d’un stage de formation à Paris et plus convaincu que jamais que la formation universitaire doit passer par Rimouski,
Pascal Parent a écrit un mémoire étoffé sur la question et on connaît la suite. Après des tergiversations et beaucoup de pourparlers, ce fut accompli. L’UQAR, c’est surtout lui.
Après son passage, essentiel, à l’UQAR, il se consacre au développement régional via le Sommet socio-économique du Bas-Saint-Laurent, aboutissant à la fameuse rencontre interministérielle de Rivière-du-Loup, avec, entre autres, la fameuse question de la salle de spectacles et de l’hôtellerie pour l’ACEQ. Ses discussions avec le ministre Marc-Yvan Côté, entre autres, demeureront épiques. Et il me confiera, plus tard, que la politique n’est pas toujours aussi efficace qu’on le croit. Ce fut un certain succès, ce fameux Forum, dont je garde surtout un rappel de longues heures de rédaction. Imaginez le travail de Pascal Parent. Qui, je crois, n’a pas toujours été satisfait de ce qui se passait, lui, l’image de l’efficacité.
Il a ensuite accepté de se consacrer à la cure, à Mont-Joli et à Sainte-Blandine, toujours présent dans la communauté, travaillant à plusieurs organismes comme bénévole, dont l’Orchestre symphonique de l’Estuaire.
C’est là que je le rencontrais comme en d’autres occasions, des concerts ou des événements culturels ou sociaux. Il m’envoyait parfois des petits mots, commentant mes textes ou me félicitant pour un bon coup. Et j’étais toujours heureux de le revoir.
Récemment, entre confrères, on parlait justement de lui, parce qu’il nous a marqués, tous. On s’inquiétait de sa santé, qui a dépéri ces dernières années. Là encore, un souvenir personnel: à mon passage à l’hôpital, fin 2005, pour une insuffisance cardiaque chronique, Pascal Parent était aussi aux soins coronariens. Au hasard des examens, on se rencontrait dans les corridors et, malgré sa situation, il ne manquait jamais de me saluer de la main, d’un fauteuil roulant à l’autre.
Si, comme le veut la coutume, on dira que la perte de Pascal Parent est énorme et marque un point tournant dans la vie régionale, en ce qui me concerne, le souvenir que je garderai de ce grand pédagogue, de ce grand développeur, est l’amitié qu’il m’a portée, autant qu’à plusieurs de mes confrères, ceux installés à Rimouski, du moins. Je le savais concerné par ce qui pouvait nous arriver, comme il le faisait pour tout ce qu’il entreprenait et côtoyait.
Je remercie Pascal pour le soutien qu’il m’a apporté pendant le cours classique, sa clairvoyance de prof, puis d’ami, par le biais de mon métier qui m’a permis de le rencontrer à plusieurs reprises et de piquer de bonnes jasettes sur le la vie régionale et le développement de notre coin de pays, qu’il a toujours aimé. Sans trop le savoir, une certaine complicité s’est construite entre lui et moi, par la force des choses, en toute honnêteté, et je vous avoue que son départ laisse un vide qui ne sera pas comblé. Sauf par le souvenir impérissable d’un professeur consciencieux et engagé, d’un régionaliste convaincu, engagé justement pour le développement de sa région. Un leader, mais un leader motivant.
Pascal, je te salue. Bon repos. À plus.
Pascal Parent est décédé à l’âge de 88 ans, après une carrière qui n’a laissé personne indifférent. Et qui a marqué la région, pour toujours.
Parce que Pascal Parent, d’aussi loin que je me souvienne, fait partie de la vie régionale, de son développement et de sa prise en mains. Et il a été l’un de mes plus beaux souvenirs du cours classique, séquence de huit ans d’une vie, où on apprenait à être des hommes, dans le sens noble du terme, des humanistes, dans la profondeur de la recherche de soi.
Il a été le professeur incontournable, et inoubliable, du 97ecours de formation classique du Séminaire, dont j’étais, comme pour d’autres séminaristes, avant et après nous, imprimant cette force de la réflexion philosophique, non coercitive, que non, par ses cours très appréciés de philosophie et de métaphysique.
Certaines sessions de cours dont je me souviens ont été, et demeurent encore, épiques, par les discussions qu’il nous permettait de tenir avec lui, sur un sujet soulevé par un de ses cours.
C’est ainsi que, lorsqu’un étudiant se permettait une question ou une mise en doute de qu’on enseignait, il y avait discussion avec le prof, ce prof. Parce que c’était le moment du Pavillon de Philosophie, à peine inauguré (en 1958), où les élèves de Philo I et II avaient maintenant de plus grandes… libertés, leurs chambres et leur façon de vivre… pour entrer ensuite dans le monde universitaire.
D’ailleurs, Pascal Parent a été le premier responsable de ce pavillon, y assurant tout de même la discipline et le contrôle. Et il connaissait « son monde ». Un souvenir le décrit: très proche de ses étudiants, qui le traitaient avec respect, mais qui pouvaient aussi se confier à lui sans crainte, il appréciait les rencontrer et les voir en dehors des heures de cours.
Il vivait leurs activités sportives ou culturelles et nous avaient dit, à nous du 97eCours (qui comptait trois filles, issues du cours des Ursulines qui avaient fermé leur école), au terme de notre formation: « J’ai rarement vu une gang aussi agitée et intenable, mais vous démontrez une intelligence et une force d’apprendre peu communes. » C’était lors d’une rencontre après la fin des examens, à la maison des prêtres de la Pointe à Santerre. Une tradition. Et, après le souper, Pascal nous avait dit ça avec une belle franchise et une certaine émotion.
Après mon stage universitaire (lettres, histoire avec mineure en géographie) et un premier emploi comme prof, en syntaxe et en belles-lettres, toujours au séminaire, pour ensuite devenir attaché au classement des revues à la bibliothèque, je deviens journaliste en 1967 et je rencontre assez souvent Pascal Parent, qui pense déjà à l’éducation universitaire à Rimouski, alors que les autorités du Québec n’y croyaient guère.
Il revient d’un stage de formation à Paris et plus convaincu que jamais que la formation universitaire doit passer par Rimouski,
Pascal Parent a écrit un mémoire étoffé sur la question et on connaît la suite. Après des tergiversations et beaucoup de pourparlers, ce fut accompli. L’UQAR, c’est surtout lui.
Après son passage, essentiel, à l’UQAR, il se consacre au développement régional via le Sommet socio-économique du Bas-Saint-Laurent, aboutissant à la fameuse rencontre interministérielle de Rivière-du-Loup, avec, entre autres, la fameuse question de la salle de spectacles et de l’hôtellerie pour l’ACEQ. Ses discussions avec le ministre Marc-Yvan Côté, entre autres, demeureront épiques. Et il me confiera, plus tard, que la politique n’est pas toujours aussi efficace qu’on le croit. Ce fut un certain succès, ce fameux Forum, dont je garde surtout un rappel de longues heures de rédaction. Imaginez le travail de Pascal Parent. Qui, je crois, n’a pas toujours été satisfait de ce qui se passait, lui, l’image de l’efficacité.
Il a ensuite accepté de se consacrer à la cure, à Mont-Joli et à Sainte-Blandine, toujours présent dans la communauté, travaillant à plusieurs organismes comme bénévole, dont l’Orchestre symphonique de l’Estuaire.
C’est là que je le rencontrais comme en d’autres occasions, des concerts ou des événements culturels ou sociaux. Il m’envoyait parfois des petits mots, commentant mes textes ou me félicitant pour un bon coup. Et j’étais toujours heureux de le revoir.
Récemment, entre confrères, on parlait justement de lui, parce qu’il nous a marqués, tous. On s’inquiétait de sa santé, qui a dépéri ces dernières années. Là encore, un souvenir personnel: à mon passage à l’hôpital, fin 2005, pour une insuffisance cardiaque chronique, Pascal Parent était aussi aux soins coronariens. Au hasard des examens, on se rencontrait dans les corridors et, malgré sa situation, il ne manquait jamais de me saluer de la main, d’un fauteuil roulant à l’autre.
Si, comme le veut la coutume, on dira que la perte de Pascal Parent est énorme et marque un point tournant dans la vie régionale, en ce qui me concerne, le souvenir que je garderai de ce grand pédagogue, de ce grand développeur, est l’amitié qu’il m’a portée, autant qu’à plusieurs de mes confrères, ceux installés à Rimouski, du moins. Je le savais concerné par ce qui pouvait nous arriver, comme il le faisait pour tout ce qu’il entreprenait et côtoyait.
Je remercie Pascal pour le soutien qu’il m’a apporté pendant le cours classique, sa clairvoyance de prof, puis d’ami, par le biais de mon métier qui m’a permis de le rencontrer à plusieurs reprises et de piquer de bonnes jasettes sur le la vie régionale et le développement de notre coin de pays, qu’il a toujours aimé. Sans trop le savoir, une certaine complicité s’est construite entre lui et moi, par la force des choses, en toute honnêteté, et je vous avoue que son départ laisse un vide qui ne sera pas comblé. Sauf par le souvenir impérissable d’un professeur consciencieux et engagé, d’un régionaliste convaincu, engagé justement pour le développement de sa région. Un leader, mais un leader motivant.
Pascal, je te salue. Bon repos. À plus.





















