Un Bas-Laurentien pagaye jusqu'à Gaspé pour l’autisme

Adeline Mantyk adeline.mantyk@tc.tc
Publié le 14 juillet 2016

Au mois de mai, le kayakiste chevronné s’est rendu de Trois-Pistoles à Montréal aller-retour dans le cadre du défi « Expé-Amis ». 

©Photo gracieuseté - Lucila Guerrero

SENSIBILISATION. Originaire de Cabano, Christian Morneault est un fanatique de kayak, qui a décidé de mettre à profit cette passion qui le dévore pour se lancer sur 2000 km de périple en kayak pour sensibiliser les gens à l’autisme, atteint lui-même de ce qu’il pense être un trouble du spectre autistique (TSA).

Au mois de mai, le kayakiste chevronné s’est rendu de Trois-Pistoles à Montréal aller-retour dans le cadre du défi « Expé-Amis ». Cette fois-ci, le 16 juillet à 10 h, il partira du quai de Trois-Pistoles pour Gaspé, en longeant les côtes et en s’arrêtant à Rimouski, Matane et où le vent le mènera, pour parler avec les gens. Le Bas-Laurentien invite l’ensemble de la population à venir à sa rencontre lors de son départ et tout au long de son trajet. Il est possible de suivre le périple de Christian Morneault grâce au groupe Facebook « Expé-Ami ».

Le défi, pour lui, n’est pas le nombre de kilomètres ni les conditions de navigation parfois difficiles sur le fleuve, mais de sensibiliser les gens à la cause : « J’ai déjà fait le tour de l’Île-du-Prince-Édouard, la Nouvelle-Écosse en kayak, je suis allé jusque Blanc-Sablon, j’ai déjà traversé la Baie-des-Chaleurs jusque Shediac, au Nouveau-Brunswick, avant. Aujourd’hui, je veux que les gens soient plus à l’aise avec les autistes, de même qu’avec les gens souffrants de toute autre maladie mentale. Quand on est aimé et pas rejeté, la vie est plus facile », raconte celui qui vogue sur le même kayak bleu depuis 17 ans.

Jamais officiellement diagnostiqué autiste, Christian Morneault, 47 ans, a décidé de se lancer dans ces aventures lorsqu’il a découvert que lui aussi semblait souffrir des mêmes symptômes que le fils de sa cousine, diagnostiqué autiste Asperger : « J’ai commencé à chercher sur le Web des groupes d’autistes et me suis reconnu dans les symptômes que je lisais. Plus jeune, je ne savais pas trop ce que j’avais, j’ai passé un test et on m’a dit que j’avais une intelligence légèrement supérieure à la moyenne. On se moquait de moi, mais je savais au moins que je n’étais pas fou ! », se souvient le kayakiste. « Beaucoup de parents d’enfants diagnostiqués autistes aujourd’hui ne savaient pas eux-mêmes qu’ils l’étaient, car avant, les tests étaient moins systématiques. J’ai appris à lire avec une éducatrice et à compter en jouant au bingo ! »

Une personne sur 100 est porteuse du gène

S’il n’y a pas de chiffres officiels au Québec, le directeur d’Autisme Est-du-Québec, Philippe De Carufel précise que les recherches précisent qu’un individu sur 100 dans le monde présente un gène porteur de TSA : « Le nombre de cas dépend des ressources existantes permettant de diagnostiquer ces cas. Il y a une disparité très large de cas dans le spectre autistique, de l’enfant qui se cogne la tête contre les murs, car il ne sait pas encore parler à l’adulte fonctionnel. En 2013, on a englobé dans l’appellation TSA tous les troubles liés à l’autisme ou au syndrome d’Asperger, afin de faciliter l’accès au diagnostic. » Autisme Est-du-Québec apporte son soutien à Christian Morneault depuis 2015 en rendant publiques ses aventures et en transmettant les informations sur ses rencontres à ses 150 membres, notamment.