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Veiller à la sécurité des piétons handicapés visuels du Bas-Saint-Laurent


Publié le 4 février 2018

Un piéton handicapé visuel traversant le boulevard René-Lepage, à Rimouski.

©Photo gracieuseté - APHV-BSL

À l’occasion de la semaine de la canne blanche qui débute ce dimanche, plusieurs activités sont organisées dans toute la province. Au Bas-Saint-Laurent, où près de 9 000 personnes vivent avec un handicap visuel, l’Association des personnes handicapées visuelles (APHV- BSL) mise sur la sécurité sur la route.

Le président de l’APHV-BSL, Jimmy Turgeon Carrier, lui-même handicapé visuel avec un chien pour l’aider, explique qu’il a vécu une situation dangereuse cet été à Rimouski : « Des automobilistes ont tourné pendant que je traversais. J’ai failli me faire renverser par une voiture, j’ai dû m’arrêter au milieu de la route. Il est donc important de sensibiliser les gens à s’arrêter aux lignes d’arrêt également. » Il ajoute qu’il existe toutefois une bonne collaboration avec le comité piéton de la Ville de Rimouski, en charge de la sécurité des piétons handicapés visuels, des feux sonores, des trottoirs. 

La directrice de l’APHV-BSL, Huguette Vigneau, explique que les automobilistes collaborent habituellement bien, mais que dans l’empressement, certaines conduites peuvent s’avérer dangereuses : « Parfois, certains passent à la lumière orange-rouge, cela peut être dangereux pour tout piéton, mais encore davantage pour une personne avec une perte de vision. C’est pourquoi on a axé la semaine sur le respect de l'autonomie et de la sécurité des piétons handicapés visuels. »

Simplement respecter le code de la route

Mme Vigneau précise que les personnes avec une perte de comptent sur le fait que les automobilistes leur cèdent le passage aux endroits prévus par le Code de la route. « Il faut simplement que les gens respectent le code de la route. Une personne ayant une perte de vision ne possède pas toujours une canne blanche ni un chien avec elle, ça ne se voit pas toujours. »

Elle explique également que cela peut s’avérer très insécurisant pour une personne malvoyante de s’apprêter à traverser un passage pour piétons ou une rue : « En l’absence d’un feu piéton sonore, la personne ayant une perte de vision traverse la rue sur le feu vert en utilisant le trafic parallèle pour se guider. Elle s’attend à ce que l’automobiliste qui tourne à gauche ou à droite la voie et la laisse passer. Si un automobiliste tourne et passe trop près du piéton, cela peut être stressant pour ce dernier. »

9 000 personnes au Bas-Saint-Laurent

Mme Vigneau fait savoir que près de 9 000 personnes au Bas-Saint-Laurent ont une déficience visuelle : « Cela part de ceux qui n’arrivent pas à lire leur journal ou reconnaitre les gens jusqu’à la cécité totale. » Elle estime que le chiffre est de près de 1 000 à Rimouski. Le Regroupement des aveugles et amblyopes du Québec (RAAQ) estime pour sa part que plus de 300 000 personnes au Québec qu’au sont malvoyantes.

Huguette Vigneault explique que la majorité d’entre eux souffre de dégénérescence maculaire : « C’est un grand fléau qui touche en les jeunes retraités. Quand on arrive à la retraite, qu’on veut en profiter, et qu’on perd son permis de conduire, ou qu’on arrive plus à continuer ses activités sur son ordinateur, c’est un deuil à vivre, nous offrons aussi l’écoute. Il est important pour nous de rejoindre ces gens, elles peuvent faire des dépressions et rester isolées. Il existe de services, on souhaite les aider, ils ne sont pas seuls. »

L’APHV-BSL offre ses services à Rimouski, Rivière-du-Loup, Matane et Amqui. L'association compte une centaine de membres et organsie des activités de rencontre pour près de 4 000 personnes chaque année. Elle offre également des ateliers, des services d'écoute, d'information, d'entraide pour briser l'isolement qui peut être ressenti par les personnes handicpaées visuelles. Infomations : 418-723-0932 ou aphvbsl.org