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Sur les demandes patronales et les coûts réels d'une grève

L'Alliance syndicale induit en erreur les travailleurs et la population du Québec


Publié le 19 mai 2017

À moins d'un revirement de situation, 175 000 travailleurs de la construction seront en grève générale illimitée dès mercredi.

©Archives

L'ACQ dénonce la campagne de désinformation entreprise par l'Alliance syndicale pour mobiliser les salariés et convaincre le public de soutenir une grève dans l'industrie de la construction.

« Depuis qu'elle a annoncé son intention de déclencher la grève le 24 mai prochain, l'Alliance syndicale multiplie les faits alternatifs et déforme les demandes patronales pour s'attirer la sympathie du public. Elle se garde bien de parler des coûts de la grève qu'elle a déclenchée en 2013 », a indiqué le porte-parole de l'ACQ, M. Eric Côté.

« La population doit savoir que la grève a fait mal à l'économie du Québec en 2013. Elle a coûté plus de 333 millions de dollars, selon l'Institut de la statistique du Québec. Tout indique que les conséquences économiques ne seront pas moins grandes cette année. » L'ACQ a d'ailleurs produit une analyse intitulée « Les impacts économiques des demandes patronales et syndicales » qu'elle a rendue publique aujourd'hui.

Les conventions collectives actuelles prévoient déjà des mesures pour la conciliation travail-famille, et les demandes patronales qui demandent plus de flexibilité ne viendront pas diminuer les dispositions déjà en place. « Les horaires de travail tels que présentés dans les médias par l'Alliance syndicale sont une invention de l'esprit qui ne correspond pas à la réalité des chantiers du Québec », a poursuivi M. Côté.

Jeudi dernier, l'Alliance syndicale a déposé à l'ACQ une offre finale qui ne tenait aucunement compte des demandes patronales. L'Alliance syndicale a donné un ultimatum à l'ACQ, et a fait savoir que si elle refusait son offre, il y aurait un conflit de travail. « L'ACQ a pris acte de cette offre à sens unique et n'est pas tombée dans le piège tendu par l'Alliance pour déclencher un conflit de travail », a indiqué le porte-parole de l'ACQ, Eric Côté.

Les demandes syndicales font accroître grandement les coûts des conventions
L'ACQ a évalué que l'offre finale et globale représenterait une augmentation des coûts des conventions collectives de 19,4 % par année, et ce, sans qu'aucune demande des employeurs n'ait été considérée. « Il faut aussi ajouter qu'en plus des clauses générales, il y a des négociations à venir pour les clauses sur les avantages sociaux (du tronc commun) et les clauses particulières pour chacun des métiers. Ces demandes représentent 75 % de la totalité des demandes syndicales », a souligné M. Côté.

L'ACQ a dénoncé la stratégie, s'est rendue à l'Assemblée nationale mardi pour rencontrer la ministre responsable du Travail afin qu'elle relance les pourparlers entre les parties. « Notre intervention à l'Assemblée nationale semble avoir eu des effets, car la négociation dans les secteurs IC/I a repris mercredi matin », a précisé le porte-parole de l'ACQ.

La négociation est le processus par lequel les parties tentent conjointement d'élaborer des solutions sur des intérêts divergents qu'ils cherchent à accommoder. Pour l'ACQ, la balle est maintenant dans le camp de l'Alliance. Il est important pour l'Alliance de comprendre que les employeurs du secteur de la construction ont le droit d'avoir des demandes dans le cadre d'une négociation, que ces demandes doivent être étudiées, et qu'elles doivent être négociées.

« L'ACQ invite l'Alliance syndicale à plus de rigueur et à arrêter de négocier sur la place publique. C'est le moment pour elle de prendre place à la table de négociation et de faire la preuve qu'elle souhaite vraiment éviter la grève », a conclu Eric Côté.