Des déversements pétroliers mis en scène à Rimouski

Pierre Michaud pierre.michaud@tc.tc
Publié le 16 février 2015

Un des arrêts du groupe écologiste qui a mis en scène des déversements pétroliers fictifs ce lundi, à Rimouski.

©Photo gracieuseté

Des déversements de pétrole simulés ont été mis en scène par des citoyens de Rimouski opposés aux projets d’exploitation et de transport des hydrocarbures, lors de la Journée post-pétrolière de la Semaine Rimouskoise de l’Environnement, ce lundi 16 février 2015.

Cette action de visibilité s’inscrit dans le cadre de la consultation publique sur l’énergie que tient actuellement le gouvernement du Québec en vue de l’élaboration de la nouvelle politique énergétique 2016-2025.

En plus des risques environnementaux et sociaux associés à l’expansion de l’industrie des hydrocarbures au Québec, le groupe considère que le gouvernement fait fausse route en encourageant l’augmentation des activités pétrolières sur son territoire.

 

Un déversement sur nos voies ferrées?

 

« Le groupe entend dénoncer l’incohérence du Parti libéral qui, d’une part, prétend viser une diminution de la dépendance du Québec aux énergies fossiles et qui de l’autre ouvre la porte au développement de projets d’exploitation et de transport pétroliers. »

Les écologistes s'en prennent notamment au projet Chaleur Terminals à Belledune, qui entraînerait la circulation quotidienne de plus de 200 wagons transportant du pétrole des sables bitumineux dans la vallée de la Matapédia.

« Comment le Québec atteindra-t-il sa cible de réduction de 20 % des émissions de GES entre 1990 et 2020[i] en encouragent de tels projets, alors qu’une étude de l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) a établi que les sables bitumineux généraient au moins 17 % de plus d’émissions de gaz à effet de serre (GES) que le pétrole conventionnel? », se demandent-ils.

Le groupe souligne également les risques associés à la décision d’utiliser le développement de l’industrie pétrolière comme élément structurant pour l’économie québécoise, dénonçant notamment l’investissement de 115 M$ du gouvernement dans l’exploration pétrolière sur Anticosti. « Dans le contexte des changements climatiques, alors qu’une étude parue dans la prestigieuse revue scientifique Nature soulignait en janvier dernier que le Canada doit renoncer à l’extraction de plus de 85 % de son pétrole4[ii], il serait économiquement peu judicieux d’investir dans ce secteur voué à une décroissance inévitable », estime ce comité.

 

Un déversement sur nos berges?

Les citoyens et citoyennes s’étant positionnés ce matin critiquent également la décision de l’Office national de l’énergie (ONÉ) de ne pas considérer l’impact environnemental associé à l’extraction accrue de sables bitumineux qu’engendrera le projet Énergie Est de Transcanada dans son évaluation de celui-ci. L’institut scientifique Pembina a d’ailleurs recommandé que l’ONÉ se penche sur l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre qu’ils évaluent annuellement à plus 30 M de tonnes d’émission de carbone supplémentaire par année pour le projet de TransCanada. À titre indicatif, cela équivaut à doubler les émissions de l’ensemble des véhicules routiers au Québec durant une année.

Une rencontre symbolique, une marche, a lieu ce lundi, avec départ à 17 h de la Place des Anciens Combattants. Cet évènement s’inscrit dans la lignée des Masse Critique (francisation de Critical Mass) présentes dans 325 villes à travers le monde.